Infuser le savoir : le parcours d'un adolescent naskapi avec le thé du Labrador
Aiden-James Einish, un jeune de la Nation naskapi de Kawawachikamach, dans le nord du Québec, passionné de sciences et des savoirs autochtones, a transformé une médecine traditionnelle en un projet de recherche primé sur l’arthrite qui a fait sensation tant sur la scène nationale qu’internationale.
Crédit photo : Shaveta Sharma
Le parcours d'Aiden a débuté à l'Expo-sciences autochtone Québec en 2023. Il a ensuite participé à l'édition 2024, où il a remporté la deuxième place dans sa catégorie pour son projet « Arthrite : causes, traitements et prévention ». C'est lors de l'édition 2025 que tout a pris une nouvelle tournure pour lui. Il a alors remporté la première place dans la catégorie « secondaire 2 et 3 » pour son projet « Faire bouillir pour soulager : le pouvoir anti-inflammatoire du thé du Labrador dans la gestion de l'arthrite ». Cette victoire lui a ouvert les portes à l'Expo-sciences pancanadienne en juin 2025 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, où Aiden a remporté trois bourses ainsi qu'une médaille de bronze.
Son succès ne s'est pas arrêté là. Aiden a aussi été sélectionné pour représenter le Canada aux côtés de 35 autres jeunes lors de l'Expo-sciences internationale MILSET à Abou Dabi, capital des Émirats arabes unis, où il a présenté ses recherches sur la scène mondiale et a noué des liens avec des jeunes du monde entier. « Rencontrer d'autres élèves et partager ma culture est une expérience inoubliable, » a-t-il déclaré en évoquant des moments forts tels que la visite du circuit de Formule 1 et sa participation à des ateliers collaboratifs.
Au cœur du projet d'Aiden se trouve le thé du Labrador, une plante utilisée depuis des générations pour soigner des douleurs telles que les maux de tête, les rhumes et l'arthrite. Grâce à des expériences scientifiques, Aiden a découvert que faire bouillir le thé suffisamment longtemps augmente sa concentration en flavonoïdes, des composés reconnus pour leurs effets anti-inflammatoires. Le projet d'Aiden a démontré que les flavonoïdes et les médicaments utilisés dans la gestion de l'arthrite fonctionnent de manière similaire, soit en diminuant la douleur. Ainsi, une consommation adéquate de ce thé pourrait potentiellement remplacer les médicaments synthétiques chez les personnes atteintes d'arthrite, ce qui rend cette étude particulièrement importante.
Crédit photo : Shaveta Sharma
« Le thé du Labrador a toujours fait partie de ma vie. Je le bois de temps en temps et quand je suis malade, ma mère m'en donne, » a expliqué Aiden. « Je voulais comprendre pourquoi il fonctionne et partager ce savoir avec les autres. »
Ses recherches font le pont entre le savoir traditionnel autochtone et la science moderne démontrant comment les pratiques ancestrales peuvent enrichir et informer les solutions de santé à l'échelle mondiale. Les cours culturels de son école, qui incluent la cueillette des feuilles de thé du Labrador en forêt, l'ont également inspiré à explorer d'autres médecines naturelles dans de futurs projets.
Les expériences d'Aiden lors des expo-sciences ont façonné ses objectifs académiques. Motivé par son séjour sur le campus universitaire à Fredericton et par l'encouragement de son enseignante et de sa communauté, Aiden rêve désormais de devenir pharmacien et de contribuer aux soins de santé autochtones.
« J'espère que mon histoire montrera à d'autres jeunes que la science peut être un moyen d'honorer nos traditions, » a déclaré Aiden. « Il y a tant de vertus dans nos plantes et nos pratiques, il suffit de les explorer. »
L'histoire d'Aiden démontre la puissance de la curiosité, de la culture et de la communauté. Elle nous rappelle que, lorsque les jeunes sont soutenus dans leur poursuite des sciences, ils ne réalisent pas seulement des succès personnels, mais ils participent aussi à un avenir plus sain pour tous.