Évaluation du Programme d'aide à la gestion des urgences (PAGU) et du Fonds de soutien aux communautés autochtones (FSCA)
Rapport final et Réponse et plan d'action de la direction
Novembre 2025
Table des matières
- Liste des acronymes
- Reconnaissance territoriale
- Sommaire
- Réponse et plan d'action de la direction
- Introduction
- À propos des programmes
- Approche utilisée pour l'évaluation
- Constations liées à l'autodétermination au titre du PAGU
- Constatations sur l'efficacité du PAGU
- Constatations sur la pertinence du PAGU
- Constatations sur l'efficience du PAGU
- Autres considérations
- Conclusions
- Recommandations
- Annexes
1 Liste des acronymes
- BVG
- Bureau du vérificateur général du Canada
- DGOS
- Direction générale des opérations stratégiques
- DNUDPA
- Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
- FSCA
- Fonds de soutien aux communautés autochtones
- PAGU
- Programme d'aide à la gestion des urgences
- PANS
- Préparation et atténuation non structurelle
- SAC
- Services aux Autochtones Canada
2 Reconnaissance territoriale
L'équipe d'évaluation reconnaît avec gratitude que la terre sur laquelle elle travaille et vit est le territoire traditionnel de divers peuples autochtones, notamment :
- Le territoire traditionnel non cédé de la Première Nation algonquine Anishinabe;
- Les terres traditionnelles des Anishinaabek, des Haudenosaunee, des Lūnaapéewak et des Attawandaron, ainsi que les traités locaux, y compris Le traité du wampum à deux rangs, Le traité d'Albany de 1701, le Traité McKee et Traité 2 de 1790, le Traité du canton de London de 1796, le traité Parcelle Huron de 1827, avec les Anishinaabeg, et le Dish with One Spoon Covenant Wampum of the Anishnaabek and Haudenosaunee;
- Le territoire visé par le Traité n° 7, qui comprend les terres ancestrales et traditionnelles communes de la Confédération des Pieds-Noirs, composée de la Nation des Piikani, de la Nation des Amksapi Piikani, de la Nation des Siksika et de la Nation Kainai, ainsi que de la Nation des Tsuut'ina et des Nations des Stoney Nakoda (Îethka), qui comprend la Première Nation des Chiniki, la Première Nation Bearspaw et la Première Nation de Goodstoney. Nous reconnaissons aussi que le territoire où nous nous trouvons est la patrie de la Nation métisse de l'Alberta, Région III.
Nous sommes reconnaissants aux peuples autochtones qui vivent dans ce qui est aujourd'hui le Canada. Nous reconnaissons notre responsabilité de nous adapter activement aux différentes histoires des peuples autochtones. Pour ce faire, nous intégrons les visions du monde des Premières Nations dans nos pratiques d'évaluation, en consultant régulièrement nos partenaires des Premières Nations et en répondant d'un œil critique aux fondements coloniaux de l'évaluation de programmes traditionnelle.
3 Sommaire
La présente évaluation du Programme d'aide à la gestion des urgences (PAGU) et du Fonds de soutien aux communautés autochtones (FSCA) a été décrite dans le plan d'évaluation quinquennal 2023-2024 de Services aux Autochtones Canada (SAC) et réalisée conformément à la Politique sur les résultats du Conseil du Trésor du Canada. L'évaluation a pour but de fournir une analyse neutre fondée sur des données probantes de l'efficacité, de la pertinence et de l'efficience du programme. Elle présente également les résultats concernant les changements climatiques, le transfert de services, l'Analyse comparative entre les sexes Plus et les effets de la pandémie de COVID-19 sur le programme, dans la mesure du possible.
Contexte
En partenariat avec les communautés des Premières Nations, les gouvernements provinciaux et territoriaux et des organisations non gouvernementales, le PAGU aide les communautés des Premières Nations dans les réserves et autres communautés admissibles à renforcer leur résilience, ainsi qu'à se préparer aux dangers naturels et à y répondre en s'appuyant sur les quatre piliers de la gestion des urgences.
Depuis mars 2020, la composante financée par le PAGU du FSCA vise à fournir aux dirigeants et aux organisations des Premières Nations la souplesse nécessaire pour concevoir et mettre en œuvre des solutions communautaires afin de prévenir la propagation de la COVID-19 dans les communautés des Premières Nations, de s'y préparer et d'intervenir.
Depuis la dernière évaluation du PAGU en 2017, les communautés des Premières Nations ont connu des changements continus qui ont eu une incidence sur la gestion des urgences dans les réserves et sur l'exécution du PAGU. Ces changements comprennent la croissance de la population dans les réserves; les défis liés aux chaînes d'approvisionnement, aux coûts de construction, à l'inflation et à la concurrence pour la main-d'œuvre, qui ont été exacerbés par la pandémie de COVID-19; et des phénomènes météorologiques plus fréquents et plus violents dans les communautés en raison des changements climatiques.
Portée et méthode de l'évaluation
La présente évaluation visait une période de 6,5 ans pour le PAGU (d'avril 2017 à septembre 2023) et une période de 3,5 ans pour le FSCA (de mars 2020 à septembre 2023). L'équipe de l'Évaluation de SAC a réalisé l'évaluation. Pour l'évaluation, on a employé une approche méthodologique mixte comprenant plusieurs sources de données : analyse de la littérature et des documents; analyse des données administratives et financières; sondage en ligne comprenant 63 questionnaires remplis pour le PAGU et 57 pour le FSCA; 11 discussions en personne avec 80 personnes représentant des Premières Nations, des conseils tribaux et des organisations des Premières Nations; et 24 entretiens avec le personnel de SAC aux échelles nationale et régionale.
Afin d'éclairer l'évaluation, l'équipe chargée de l'évaluation a collaboré avec des partenaires des Premières Nations, notamment des représentants des Premières Nations, des conseils tribaux et des organisations des Premières Nations qui avaient reçu un financement au titre du PAGU. Au moyen de réunions virtuelles et de commentaires écrits, ces partenaires des Premières Nations ont orienté la planification et la réalisation de l'évaluation et ainsi que la production du rapport.
Contexte de l'évaluation
Le Programme d'aide à la gestion des urgences (PAGU) est conçu pour soutenir les activités de gestion des urgences exclusivement pour les réserves et les autres Premières Nations admissiblesNote de bas de page 1, telles que définies dans ses modalités. L'évaluation reconnaît également que, pendant la période évaluée, le PAGU s'est efforcé de répondre au récent rapport du Bureau du vérificateur général (BVG) du Canada intitulé Gestion des urgences dans les collectivités des Premières Nations — Services aux Autochtones Canada, et que des démarches complémentaires sont en cours et ainsi s'inscrivent dans le prolongement des conclusions et recommandations de la présente évaluation.
Principales constatations
Autodétermination
L'évaluation a permis de constater que l'approche du PAGU en matière de financement et de prestation de services pourrait mieux s'aligner sur les visions d'autodétermination des Premières Nations et permettre de fournir des services adaptés à la culture, conformément à l'engagement du Canada à l'égard de la réconciliation. Plus précisément, les exigences du PAGU en matière de financement et de production de rapports pour l'obtention d'un remboursement lié à l'intervention et au rétablissement ont été perçues par certains partenaires comme ne respectant pas le principe de la relation de nation à nation. L'évaluation a fait ressortir des pratiques prometteuses dans l'Atlantique et en Saskatchewan qui pourraient être reproduites dans l'ensemble du pays en ce qui concerne l'affectation transparente, prévisible et équitable de ressources dans une région.
Efficacité
L'évaluation a porté sur la mesure dans laquelle le PAGU a contribué à son résultat ultime : « Les communautés des Premières Nations ont renforcé leurs capacités d'intervention et de rétablissement. » L'évaluation a révélé que le financement du PAGU, combiné aux efforts du personnel de SAC à l'administration centrale et dans les bureaux régionaux, soutenait la capacité de gestion des urgences dans les communautés grâce au financement des coordinateurs de gestion des urgences, des projets de préparation et d'atténuation non structurelle (PANS) et Intelli-feu, des dépenses liées à l'intervention et au rétablissement, ainsi que des fonds affectés aux ententes de service. Le financement du PAGU et les efforts de son personnel ont également permis de progresser vers l'établissement d'ententes multilatérales de gestion des urgences. Ensemble, ces mesures de soutien ont contribué à accroître les capacités d'intervention et de rétablissement des Premières Nations. Toutefois, l'évaluation a également révélé que le besoin de ressources supplémentaires pour soutenir les capacités des Premières Nations, et la longue période de temps nécessaire avant d'établir des ententes multilatérales, ont limité la réalisation complète du résultat ultime du PAGU.
Pertinence
Les effets du PAGU sur les personnes évacuées, les groupes prioritaires et les capacités d'intervention et de rétablissement doivent être mieux mesurés afin d'évaluer leur efficacité de manière exhaustive. Parallèlement, l'évaluation a révélé que des services adaptés à la culture sont fournis grâce au financement du PAGU, et que les Premières Nations étaient en mesure de contrôler leur choix des fournisseurs de services. Les Premières Nations ont également indiqué que le personnel du PAGU soutient leurs plans visant à donner la priorité aux populations les plus vulnérables de leurs communautés.
Malgré que le personnel de SAC et les représentants des Premières Nations comprennent l'importance de l'adaptation et de la résilience aux changements climatiques, l'évaluation a permis de constater que le budget du PAGU ne permet pas au programme d'accorder une priorité suffisante au soutien proactif des Premières Nations pour se préparer et prendre des mesures d'atténuation en cas de catastrophes naturelles qui se veulent de plus en plus fréquentes et importantes.
Efficacité
L'évaluation a révélé que les exigences en matière de rapports sur les remboursements du PAGU liés à l'intervention et au rétablissement imposent un lourd fardeau administratif au personnel des Premières Nations et de SAC, et elles entraînent parfois des retards de paiement qui menacent la santé financière des Premières Nations et de leurs partenaires.
L'évaluation a également permis de constater que le financement fondé sur des propositions et les critères d'admissibilité limitaient la capacité des Premières Nations à répondre pleinement à leurs priorités de gestion des urgences. Enfin, le personnel régional de SAC a éprouvé quelques difficultés à fournir des services en temps voulu aux Premières Nations, surtout lorsque de multiples situations d'urgence se produisaient en même temps, entraînant ainsi une hausse de la demande. Le personnel du PAGU a été décrit par les Premières Nations comme une ressource de soutien intégrale à leurs capacités de gestion des urgences. Ce personnel a appuyé les communautés en étant réactif et disponible pendant les situations d'urgence, ainsi qu'en fournissant des conseils aux Premières Nations voulant obtenir un financement du PAGU pour les activités d'atténuation, de préparation et de rétablissement.
Fonds de soutien des communautés autochtones (FSCA)
Les Premières Nations ont généralement indiqué que la réponse de SAC à la pandémie de COVID-19 par l'intermédiaire du FSCA a été utile pour leurs communautés. L'évaluation a montré que l'octroi direct de fonds du FSCA aux Premières Nations a aidé les communautés à gérer leur financement, à répondre à leurs priorités et à élaborer des solutions communautaires pour atténuer les effets de la pandémie de COVID-19 et la propagation de la COVID-19. Toutefois, ces expériences positives ont également créé de nouvelles attentes quant aux besoins non satisfaits en matière de sécurité alimentaire, de soutien à la santé mentale et de sécurité du périmètre. Par ailleurs, l'évaluation a aussi permis de constater que toutes les activités n'étaient pas admissibles au financement du FSCA et que le financement fondé sur des propositions n'était peut-être pas accessible à toutes les Premières Nations. En outre, les effets du financement du FSCA sur les individus n'ont pas été bien compris en raison du manque de données. De plus, la remise en place des exigences en matière de rapports pendant la mise en œuvre du FSCA a alourdi le fardeau administratif des Premières Nations.
Dans le cadre de l'évaluation, on a appris que le personnel régional de SAC avait des difficultés à répartir équitablement le FSCA entre les régions et au sein de celles-ci. L'approche d'« accès universel » adoptée pour le FSCA a permis de simplifier le processus de demande, mais exige aussi de SAC qu'il fasse preuve d'agilité, ce qui a entraîné une charge de travail supplémentaire pour le personnel régional.
Recommandations
En fonction des conclusions de cette évaluation, et en s'appuyant sur les conclusions et les recommandations du rapport du BVG, l'évaluation a recommandé que SAC :
- Explore les possibilités et formule des recommandations en fonction des commentaires reçus des partenaires des Premières Nations afin de faire passer le financement pour les composantes PANS et Intelli-feu d'un financement fondé sur des propositions à un financement à long terme, flexible et pluriannuel pour la préparation et l'atténuation.
- Tirer parti des discussions multilatérales en cours visant à renforcir la coordination de SAC avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux directement impliqué dans la gestion des urgences, afin de faciliter l'accès à l'ensemble des financements et des services possibles pour les Premières Nations et les conseils tribaux.
- Soutenir les coordonnateurs de la gestion des urgences des Premières Nations de manière aussi efficace et efficiente que possible en renforçant leurs capacités en matière de gestion des urgences dans les communautés et les conseils tribaux.
- Renforce l'efficacité globale de tous les volets de financement du PAGU en améliorant la clarté et la connaissance des dépenses admissibles et non admissibles; Évalue et met en place des mesures visant à rationaliser et à simplifier le processus de remboursement; et s'appuyer sur les progrès réalisés dans l'utilisation des paiements anticipés pour le financement en matière d'intervention et de rétablissement.
4 Réponse et plan d'action de la direction
Réponse globale de la direction
Vue d'ensemble
- La réponse et plan d'action de la direction a été élaborée pour répondre aux recommandations présentées dans l'évaluation du PAGU et de la composante PAGU du FSCA. Elle a été élaborée par la Direction de la gestion des urgences de SAC en collaboration avec la Direction de l'évaluation.
- Services aux Autochtones Canada (SAC) a pris connaissance des recommandations formulées dans le rapport d'évaluation du Programme d'aide à la gestion des urgences et du Fonds de soutien aux communautés autochtones et est d'accord avec celles-ci.
- Pour toutes les recommandations, SAC reconnaît l'importance d'une mesure engagée et dévouée en faveur de l'autodétermination et du transfert des services.
- SAC s'est engagé à soutenir les Premières Nations dans leurs efforts visant à améliorer leur résilience en réponse aux situations d'urgence de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses.
- L'évaluation couvre la période d'avril 2017 à septembre 2023.
- En 2022, le PAGU a également fait l'objet d'un audit du Bureau du vérificateur général du Canada (BVG), le rapport qui en a résulté étant intitulé La gestion des urgences dans les collectivités des Premières Nations, qui couvre une période similaire (de l'exercice 2018-2019 à 2021-2022).
- Six recommandations relatives au PAGU ont été formulées dans le cadre de l'audit, dont quatre recoupent directement les conclusions de la présente évaluation.
- SAC a répondu à l'audit de 2022 par une Réponse et plan d'action de la direction, y compris des mesures à prendre dont, en date du 1er avril 2024, la majorité est terminée ou est en cours.
- Toutes les réponses de SAC ont été examinées par un comité directeur des Premières Nations codirigé par l'Assemblée des Premières Nations (APN) et SAC formé de 12 spécialistes de la gestion des urgences de partout au Canada. Le comité a fourni des commentaires et des conseils sur l'élaboration et la mise en œuvre des réponses de SAC. Le comité s'est réuni à 13 reprises entre octobre 2023 et juin 2024.
- Le comité a été de nouveau convoqué à l'automne 2024 sous le nom de Comité consultatif des Premières Nations sur la gestion des urgences. Ce comité examine à la fois les réponses continues de SAC à l'audit du BVG et les autres changements proposés pour le PAGU.
- Ce comité jouera un rôle clé dans l'examen des quatre réponses de la RPAD de la présente évaluation et la formulation de rétroaction connexe.
Les cinq recommandations du BVG relatives à la RPAD, les réponses de SAC et les conclusions correspondantes de l'évaluation sont les suivantes :
Recommandation du BVG :
- 8.32 Approche fondée sur les risques :
- SAC devrait collaborer avec les Premières Nations pour mettre en œuvre une approche fondée sur les risques afin de mieux orienter la planification et les décisions d'investissement concernant la préparation et l'atténuation; et
- Grâce à une approche fondée sur les risques, SAC sera mieux placé pour maximiser le soutien aux communautés, en affectant les ressources aux zones qui en ont le plus besoin.
- Réponse de SAC à la recommandation du BVG :
- SAC a mis au point une approche actualisée fondée sur les risques en consultation avec les spécialistes de la gestion des urgences des Premières Nations.
- SAC a également établi une liste régionale des communautés les plus à risque afin que les communautés des Premières Nations qui en ont le plus besoin soient connues et soutenues. L'approche axée sur les risques de SAC consiste à déterminer, à analyser et à évaluer les risques dans les communautés des Premières Nations, où une compréhension approfondie est une première étape clé pour réduire la probabilité et l'incidence des urgences.
- Constatation de l'évaluation :
- Constatation 5 et 16 – Depuis le 1er avril 2024, grâce à une approche fondée sur les risques, SAC commence à donner suite à la constatation selon laquelle les communautés ayant les besoins les plus importants n'étaient pas prioritaires pour le financement des mesures de préparation.
- 8.36 Ententes de services
- SAC devrait continuer à travailler avec les Premières Nations et les gouvernements provinciaux et territoriaux pour établir des ententes de services et de lutte contre les feux de forêt dans toutes les administrations où se trouvent des Premières Nations; et
- De telles ententes permettront de mieux préparer les Premières Nations qui doivent faire face à des situations d'urgence et d'établir des normes de service dans des domaines où il n'y en a pas.
- Réponse de SAC à la recommandation du BVG :
- SAC travaille en partenariat avec les Premières Nations, les gouvernements provinciaux et territoriaux et d'autres partenaires de prestation de services pour élaborer des ententes multilatérales de services de gestion des urgences.
- L'élaboration de nouvelles ententes multilatérales de services de gestion des urgences inclura, dans la gestion des urgences, les Premières Nations en tant que partenaires à part entière et égaux du Canada et des gouvernements provinciaux et territoriaux, appuiera le droit à l'autodétermination des Premières Nations et favorisera l'inclusion de tous les partenaires dans les mécanismes de prise de décision et de mise en œuvre.
- L'élaboration de nouvelles ententes a progressé dans toutes les administrations.
- Constatation de l'évaluation :
- Constatation 8 et 9 – révèle que le PAGU n'a pas atteint son objectif de rendement au cours de la période d'évaluation. Il est important de noter que cet objectif a été mis à jour le 1er avril 2024 et qu'il est désormais rédigé comme suit :
« Pourcentage de provinces et de territoires ayant signé une entente de services multilatérale en matière de gestion des urgences qui intègre des services adaptés à la culture, comme définis et acceptés par les Premières Nations signataires Objectif de 100 % d'ici 2027. »
- Constatation 8 et 9 – révèle que le PAGU n'a pas atteint son objectif de rendement au cours de la période d'évaluation. Il est important de noter que cet objectif a été mis à jour le 1er avril 2024 et qu'il est désormais rédigé comme suit :
- 8.42 Coordonnateurs de la gestion des urgences
- SAC devrait continuer de collaborer avec les Premières Nations pour déterminer le nombre de coordonnateurs de la gestion des urgences requis et fournir un financement approprié pour ces postes; et
- Les coordonnateurs de la gestion des urgences aideront les communautés à élaborer des plans de gestion des urgences et à mieux se préparer aux futures situations d'urgence.
- Réponse de SAC à la recommandation du BVG :
- SAC a élaboré des options et des possibilités de soutien aux postes de coordinateurs de la gestion des urgences dans les communautés des Premières Nations, en utilisant l'approche fondée sur les risques révisée.
- Le financement du renforcement des capacités du Programme d'aide à la gestion des urgences de SAC soutient désormais plus de 290 postes de coordinateurs de la gestion des urgences à l'échelle nationale, qui couvrent 82 % des 176 communautés les plus à risque.
- Constatation de l'évaluation :
- Constatation 4 – révèle que le PAGU n'a pas atteint son objectif selon lequel il doit avoir désigné des coordonnateurs de la gestion des urgences dans 80 % de l'ensemble des 613 communautés des Premières Nations au cours de la période d'évaluation.
Il est important de noter que cet objectif a été révisé pour se concentrer sur la couverture des communautés les plus à risque (176) et que l'indicateur de rendement a été mis à jour au 1er avril 2024 et qu'il est désormais rédigé comme suit :
« Pourcentage de communautés considérées à risque élevé qui ont un coordinateur de la gestion des urgences ou qui ont accès à un tel coordinateur par l'intermédiaire d'un conseil tribal ou d'une autre organisation autochtone. Objectif de 100 % d'ici avril 2025. »
- Constatation 4 – révèle que le PAGU n'a pas atteint son objectif selon lequel il doit avoir désigné des coordonnateurs de la gestion des urgences dans 80 % de l'ensemble des 613 communautés des Premières Nations au cours de la période d'évaluation.
- 8.66 Indicateurs de rendement
- SAC doit élaborer des indicateurs de rendement lui permettant de mesurer les progrès du Ministère par rapport aux objectifs de développement durable des Nations Unies.
- Réponse de SAC à la recommandation du BVG :
- Les indicateurs ministériels de SAC pour le Programme d'aide à la gestion des urgences ont été mis à jour et 19 nouveaux indicateurs liés aux objectifs de développement durable des Nations Unies ont été établis.
- Constatation de l'évaluation :
- Constatation 4, 5 et 8 – les objectifs de rendement mentionnés dans ces trois constatations ne sont plus valides comme indiqué ci-dessus et ont été annulés ou mis à jour pour mieux refléter l'orientation actuelle du programme.
- 8.68 Services de gestion des urgences comparables et adaptés sur le plan culturel
- SAC devrait, de concert avec les Premières Nations et les gouvernements provinciaux et territoriaux, veiller à ce que les communautés des Premières Nations reçoivent les services de gestion des urgences dont elles ont besoin;
- En fournissant des services de gestion des urgences aux Premières Nations, SAC doit définir l'expression « services comparables » par rapport aux services offerts dans les administrations semblables et cerner les lacunes en réalisant des exercices visant à tirer des leçons de l'expérience acquise; et
- Veiller à ce que tous les services de gestion des urgences soient adaptés à la culture, et qu'ils répondent aux besoins des groupes marginalisés.
- Réponse de SAC à la recommandation du BVG :
- SAC a élaboré et publié des normes de service provisoires pour fournir des services de gestion des urgences adaptés à la culture, dans lesquelles sont définies les normes de service recommandées et les lignes directrices pour la rédaction des comptes rendus après action. À long terme, les normes doivent être établies par les partenaires des Premières Nations et constituent un sujet de discussion dans le cadre des discussions multilatérales.
- Constatation de l'évaluation :
- Constatations 10 et 11 – Dans le cadre de sa réponse au BVG, depuis le 1er avril 2024, le PAGU a mis en œuvre des mesures provisoires pour définir les besoins des populations vulnérables et y répondre, ainsi que pour garantir la prestation de services adaptés à la culture pendant les situations d'urgence.
- En plus de la réponse à l'audit, le PAGU a exploré des moyens d'accélérer le processus de remboursement et de rendre l'admissibilité au PAGU plus claire pour les partenaires des Premières Nations directement liées à la constatation 15 de l'évaluation.
- Un nouveau processus d'examen des factures plus efficace a été mis en œuvre dans le cadre du processus de remboursement des Premières Nations.
- La Direction de la gestion des urgences élabore également des outils, des modèles et des lignes directrices pour aider les Premières Nations à naviguer plus facilement dans le PAGU. Ceux-ci permettront de clarifier les critères d'admissibilité, de simplifier la présentation du dossier de demande et de réduire les communications bilatérales avec le Ministère, améliorant ainsi la transparence et réduisant le fardeau administratif.
- SAC compte entamer immédiatement la mise en œuvre des recommandations. La Direction de l'évaluation de SAC procédera à un examen trimestriel de la réponse et plan d'action de la direction, et le transmettra au Comité de gestion et d'évaluation du rendement (CGER) de SAC afin de suivre les progrès et les activités.
Plan d'action
Garantie
Le Plan d'action présente des mesures appropriées et réalistes pour donner suite aux recommandations de l'Évaluation, ainsi que des délais pour entamer et achever les mesures.
Recommandation 1 :
Explore les possibilités et formule des recommandations en fonction des commentaires reçus des partenaires des Premières Nations afin de faire passer le financement pour les composantes PANS et Intelli-feu d'un financement fondé sur des propositions à un financement à long terme, flexible et pluriannuel pour la préparation et l'atténuation.
Mesures : Nous sommes d'accord.
Le PAGU convient que l'examen des options et la formulation de recommandations, en fonction des commentaires des partenaires des Premières Nations, concernant le financement en matière de PANS et d'Intelli-feu est un élément de soutien aux efforts des Premières Nations pour renforcer leurs capacités. La recommandation exploreront les options de dialogue avec les partenaires des Premières Nations, afin de réduire le fardeau administratif lié à l'accès au financement tout en veillant à donner la priorité aux personnes qui en ont le plus besoin - en utilisant une approche fondée sur les risques élaborée au cours du processus de la RPAD du BVG.
Pour donner suite à cette recommandation, le PAGU devra :
- Mesure 1.1 : Développer un schéma des options en s'appuyant sur les conclusions des recherches internes existantes et de la mobilisation des Premières Nations sur la question du financement de la préparation et de l'atténuation, réalisée par l'entremise des canaux existants tels que le Comité consultatif des Premières Nations sur la gestion des urgences de SAC et de l'Assemblée des Premières Nations (APN) , les tables de discussions multilatérales, ainsi que les mécanismes régionaux de gestion des urgences des Premières Nations (p. ex., le réseau des coordonnateurs de la gestion des urgences de la région de l'Atlantique). (T1-4, 2025-2026)
- Mesure 1.2 : Partager les possibilités élaborées avec SAC et des partenaires des Premières Nations pour obtenir des commentaires permettant de formuler des recommandations d'amélioration. Les recommandations seront intégrées dans les efforts d'amélioration continue du programme en matière de financement basé sur les propositions. (T1-2, 2026-2027)
Le gestionnaire responsable :
Directeur général, Direction générale des opérations sectorielles.
Dates prévues de début et d'achèvement :
La date du début : Avril 2025, et
La date d'achèvement : Septembre 2026.
Mesure de suivi – Contexte / justification
État d'avancement : Mise en œuvre partielle
En 2023 et au début de 2024, le PAGU a entrepris une consultation régionale sur les améliorations potentielles du programme, y compris le financement basé sur des propositions, qui a conduit à la publication d'un rapport intitulé Ce que nous avons entendu. Certaines recommandations de ce rapport serviront de base à l'élaboration de recommandations.
Recommandation 2 :
Tirer parti des discussions multilatérales en cours visant à renforcir la coordination de SAC avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux directement impliqué dans la gestion des urgences, afin de faciliter l'accès à l'ensemble des financements et des services possibles pour les Premières Nations et les conseils tribaux.
Mesures : nous sommes d'accord.
Le PAGU convient que la formulation de recommandations visant à explorer les possibilités d'améliorer la coordination au sein du gouvernement fédéral et avec les partenaires provinciaux et territoriaux est importante afin de soutenir les efforts des Premières Nations pour accéder au financement des services de gestion des urgences.
Il est important de noter que ces recommandations porteront sur des éléments qui ne relèvent actuellement pas de l'autorité du PAGU.
Pour donner suite à cette recommandation, le PAGU devra :
- Mesure 2.1 Produire des conclusions à partir des résultats de la recherche sur les mesures de soutien aux partenaires des Premières Nations des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, et explorer les façons dont la coordination pourrait être améliorée. (T1-2, 2025-2026)
- Mesure 2.2 Mobiliser les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux visés, au moyen de tables multilatérales, dans le but d'examiner les options et les recommandations visant à améliorer la coordination au sein du gouvernement fédéral et avec les partenaires provinciaux et territoriaux. (T3-4, 2025-2026)
Le gestionnaire responsable :
Directeur général, Direction générale des opérations sectorielles
Dates prévues de début et d'achèvement :
Début : Avril 2025
Achèvement : Septembre 2026
Mesure de suivi – Contexte / justification
État d'avancement : Mise en œuvre partielle
Le PAGU prévoit que cette recommandation sera abordée dans le cadre des discussions multilatérales en cours sur les accords de services, qui englobent les partenaires provinciaux, territoriaux et fédéraux concernés alignés sur les travaux de la RPAD du BVG.
Recommandation 3 :
Soutenir les coordonnateurs de la gestion des urgences des Premières Nations de manière aussi efficace et efficiente que possible en renforçant leurs capacités en matière de gestion des urgences dans les communautés et les conseils tribaux.
Mesures : nous sommes d'accord.
Le PAGU convient qu'il est important de poursuivre les actions entreprises dans le cadre de la RPAD du BVG afin de préciser davantage et de mettre en œuvre des plans pour renforcer l'aide fournie aux coordinateurs de la gestion des urgences (CGU). Les CGU jouent un rôle essentiel en veillant à ce que leurs communautés soient prêtes et en mesure de répondre aux situations d'urgence. Les postes du CGU sont soutenus selon une approche fondée sur les risques, qui s'efforce de donner la priorité aux communautés des Premières Nations dont les besoins sont les plus pressants. Une récente expansion du CGU a permis d'améliorer des partenariats dans le contexte de discussions multilatérales, dans le cadre d'une stratégie globale visant à renforcer l'autodétermination des Premières Nations.
Pour donner suite à cette recommandation, le PAGU devra :
- Mesure 3.1 Travailler avec les représentants concernés au sein de l'administration centrale et du personnel régional de SAC pour soutenir la recherche et le renforcement des capacités et du programme des CGU. (T1, 2025-2026)
- Mesure 3.2 Élaborer des options soutenant le rôle des CGU, à partir des observations recueillies dans le cadre des mobilisations des bureaux régionaux de SAC et des CGU à l'échelle du Canada, des travaux antérieurs du BVG, des données des projets pilotes en place (p. ex. les CGU de l'Alberta (T2-4, 2025-2026)
- Mesure 3.3 Collaborer avec des partenaires des Premiers Nations, finaliser des plans de mise en œuvre et entreprendre la mise en œuvre progressive des nouvelles mesures en collaboration avec les partenaires des Premières Nations tout en continuant activement à développer les discussions multilatérales sur les accords de gestion des urgences afin d'élargir le soutien des CGU. (T1-2, 2026-2027)
Le gestionnaire responsable :
Directeur général, Direction générale des opérations sectorielles
Dates prévues de début et d'achèvement :
Début : Avril 2025
Achèvement : Septembre 2026
Mesure de suivi – Contexte / justification
État d'avancement : Mise en œuvre partielle
Au cours de l'été 2024, le PAGU a réalisé une mobilisation régionale sur le PAGU qui a donné lieu à un rapport Ce que nous avons entendu. Les recommandations formulées dans le rapport continue et complète le travail entrepris dans le cadre de la RPAD du BVG, qui visait à identifier les communautés des première nations les plus à risque, qui ont le plus besoin des coordinateurs de la gestion des urgences (CGU)
Recommandation 4 :
Renforce l'efficacité globale de tous les volets de financement du PAGU en améliorant la clarté et la connaissance des dépenses admissibles et non admissibles; Évalue et met en place des mesures visant à rationaliser et à simplifier le processus de remboursement; et s'appuyer sur les progrès réalisés dans l'utilisation des paiements anticipés pour le financement en matière d'intervention et de rétablissement.
Mesures : nous sommes d'accord.
Le PAGU convient qu'il est possible de clarifier l'admissibilité au programme en fonction de ses modalités, ainsi que d'évaluer et de mettre en place des mesures visant à rationaliser et à simplifier le processus de remboursement, et en s'appuyant sur les progrès réalisés dans l'utilisation des paiements anticipés liés au financement pour l'intervention et le rétablissement.
Pour donner suite à cette recommandation, le PAGU devra :
- Mesure 4.1 Élaborer et produire une version finale, avec les responsables de la communication de SAC, des lignes directrices à l'intention du public sur les paiements anticipés, lesquelles décriront clairement les critères et le processus permettant aux Premières Nations d'obtenir un financement anticipé pour les activités d'intervention et de rétablissement. (T1-4, 2025-2026)
- Mesure 4.2 Élaborer des lignes directrices exhaustives portant sur l'admissibilité à partir des commentaires des partenaires des Premières Nations. (T3-4, 2025-2026)
- Mesure 4.3 Transmettre les produits élaborés, en optimisant les canaux de communication de SAC et de ses partenaires, aux communautés et partenaires des Premières Nations (p. ex., le Comité consultatif national des Premières Nations sur la gestion des urgences). (T1-2, 2026-2027)
- Mesure 4.4 Examiner et ajuster, si nécessaire, le nouveau processus d'examen des factures du PAGU en 2026 afin d'accélérer et de simplifier davantage le remboursement des demandes d'intervention et de rétablissement des partenaires des Premières Nations. (T1-4, 2026-2027)
- Mesure 4.5 Élaborer et produire une version finale, avec les responsables de la communication de SAC, des lignes directrices à l'intention du public sur l'admissibilité, lesquelles décriront clairement les critères d'admissibilité et les processus afin d'aider les partenaires des Premières Nations à bien les comprendre et à accéder aux fonds d'intervention et de rétablissement en temps opportun. (T4, 2026-2027)
Le gestionnaire responsable :
Directeur général, Direction générale des opérations sectorielles
Dates prévues de début et d'achèvement :
Début : Avril 2025
Achèvement : Septembre 2026
Mesure de suivi – Contexte / justification
État d'avancement : Mise en œuvre partielle
Mesures prises depuis l'évaluation en réponse à cette recommandation :
Processus d'examen des factures du PAGU
Le 1er janvier 2025, un nouveau processus d'examen des factures du PAGU a été approuvé par notre sous-ministre adjoint principal, avec l'entier appui du sous-ministre, et est en cours de mise en œuvre. Le processus actualisé est conçu pour améliorer l'efficacité du processus de remboursement lié à l'intervention et au rétablissement, l'accent étant mis sur la réduction des temps d'attente pour les partenaires des Premières Nations. Les faits saillants du processus sont les suivants :
- Échantillonnage fondé sur les risques : Approche simplifiée pour les demandes importantes, l'accent étant mis axée sur l'exactitude et l'efficacité;
- Examens standardisés : Vérifications relativement à l'efficacité et à la normalisation pour toutes les autres demandes pour améliorer les délais et réduire le fardeau administratif;
- Alignement sur les exigences de la Loi sur la gestion des finances publiques pour favoriser la conformité tout en répondant aux besoins uniques des communautés des Premières Nations.
Trousse à outils du PAGU 101
Pendant l'élaboration des critères d'admissibilité, le PAGU a mis à la disposition des Premières Nations cette trousse pour les aider à naviguer dans le programme. Celle-ci comprend :
- Présentation du PAGU 101– Un aperçu du programme, y compris des détails sur chaque volet de financement et les activités/dépenses couvertes.
- Fiche descriptive du PAGU– Un résumé concis du programme et des dépenses admissibles au titre des interventions et du rétablissement, avec des codes QR renvoyant directement aux pages web du PAGU.
- Liste de contrôle des interventions du PAGU et feuille de rapprochement – Un outil facultatif destiné à aider les bénéficiaires à simplifier leur processus de remboursement des demandes d'intervention.
5 Introduction
Période d'évaluation et sujets abordés
La présente évaluation porte sur le Programme d'aide à la gestion des urgences (PAGU) pour la période d'avril 2017 à septembre 2023 et sur le volet PAGU du Fonds de soutien aux communautés autochtones (FSCA) pour lutter contre la COVID-19 pour la période de mars 2020 à septembre 2023. L'évaluation a été menée par la Direction de l'évaluation de SAC conformément à la Politique sur les résultatsNote de bas de page 2 du Conseil du Trésor et à l'article 42.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques. En plus de porter sur les points traditionnels (pertinence, efficacité et efficience), et conformément au Plan d'évaluation ministériel quinquennal 2024 2023 à 2026-2027 de SAC, l'évaluation a porté sur le transfert de services, les effets de la COVID-19 et les changements climatiques et a inclus une Analyse comparative entre les sexes Plus, y compris l'incidence sur les enfants et les familles autochtones. Une liste complète des questions et sous-questions de l'évaluation se trouve à l'annexe 1.
Contexte de la gestion des urgences
Gestion des urgences au Canada
La gestion des urgences au Canada est une responsabilité partagée qui nécessite la coopération et la communication entre différents acteurs :
- les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux;
- les partenaires gouvernementaux, y compris les partenaires autochtones;
- les citoyens individuels.
Chaque ordre de gouvernement dispose de sa propre législation en matière de gestion des urgences et de ses propres méthodes d'organisation dans leur administration respectiveNote de bas de page 3. Il incombe d'abord aux citoyens de se préparer à faire face aux catastrophes et de contribuer à la résilience de la communautéNote de bas de page 4. En cas d'urgence, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les autorités locales sont presque toujours les premiers à intervenirNote de bas de page 5. Si une situation d'urgence menace de surcharger leurs ressources, les provinces ou territoires peuvent demander l'aide du gouvernement fédéral par l'intermédiaire de Sécurité publique CanadaNote de bas de page 6, qui est le principal ministère veillant à ce que l'ensemble du gouvernement travaille ensemble pour apporter son aide en cas d'urgenceNote de bas de page 7. La réponse conjointe de tous les partenaires est conforme au Plan fédéral d'intervention d'urgence (PFIU) et au Cadre de sécurité civile pour le Canada (2017), qui établit une approche commune pour les initiatives concertées de gestion des urgences visant à assurer la sécurité et la résilience des communautés.
Gestion des urgences des Premières Nations
La gestion des urgences des Premières Nations est une responsabilité partagéeNote de bas de page 8 entre :
- la Première Nation ou le conseil tribal;
- le gouvernement fédéral;
- le gouvernement provincial ou territorial;
- les citoyens individuels.
Les Premières Nations, en tant que forme d'autorité locale, sont censées effectuer des évaluations des risques et des vulnérabilités, créer des plans de gestion des urgences, organiser des formations et diriger leurs communautés pendant les urgences. Si les capacités d'une Première Nation sont surchargées, celle-ci peut demander de l'aide des gouvernements provinciaux/territoriaux Les Premières Nations et les gouvernements provinciaux/territoriaux peuvent obtenir le remboursement des coûts admissibles dans le cadre du programme d'aide à la gestion des urgences de Services aux Autochtones Canada (SAC) .
Le gouvernement du Canada a un rôle à jouer dans le soutien à la gestion des urgences dans les réserves des Premières Nations, en vertu de la Loi sur la gestion des urgences de 2007 et des pouvoirs législatifs qu'il exerce relativement aux Premières Nations et aux réserves découlant du paragraphe 91(24) de la Loi constitutionnelle de 1867. L'alinéa 6(2)h) de la Loi sur le ministère des Services aux Autochtones définit les pouvoirs et l'obligation du ministre de veiller à ce que les Autochtones et leurs instances dirigeantes bénéficient des services de gestion des urgences auxquels ils ont droit dans le cadre du Programme d'aide à la gestion des urgences (PAGU). SAC est chargé d'assurer l'accès aux services d'urgence dans le cadre du PAGU et veille à ce que ses services respectent le Plan national de gestion des urgences tous risques dans les réserves, en plus des plans d'urgence suivis par Sécurité publique CanadaNote de bas de page 10. SAC fournit également du financement et coordonne les efforts de gestion des urgences avec les provinces, les territoires ou les fournisseurs de services, tels que des organisations non gouvernementales, afin de fournir une aide d'urgence aux communautés dans les réserves. Les ententes de services entre SAC et les gouvernements provinciaux ou territoriaux permettent de veiller à ce que les Premières Nations reçoivent au moins une aide d'urgence comparable à celle des autres Canadiens.
6 À propos des programmes
Vue d'ensemble du PAGU
En partenariat avec les communautés des Premières Nations, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que des organisations non gouvernementales, le PAGU fournit du financement, des conseils et un soutien à la coordination aux communautés des Premières Nations dans les réserves et à d'autres communautés admissibles pour qu'elles puissent se préparer aux situations d'urgence admissibles, en atténuer les effets, intervenir lorsqu'elles surviennent et rétablir la situation par la suite. Les situations d'urgence admissibles peuvent être des catastrophes causées par des aléas naturels (tels que des phénomènes météorologiques extrêmes) et la perte de services essentiels. À compter du 1er avril 2022, les urgences sanitaires sont également admissibles dans le cadre du PAGU, comme les épidémies de santé publique ou les aspects sanitaires des urgencesNote de bas de page 11. Pour situer le contexte, la figure 1 montre que de 2017-2018 à 2022-2023, les inondations étaient le type d'urgence le plus courant, mais qu'en 2023-2024, les feux de forêt étaient le type d'urgence le plus courant.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 14 janvier 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 1. Types d'urgences admissibles dans le cadre du PAGU, de 2017-2018 à 2023-2024.
| Années | Nombre de types d'urgences admissible |
|---|---|
| 2017–2018 | 161 |
| 2018–2019 | 211 |
| 2019–2020 | 141 |
| 2020–2021 | 122 |
| 2021–2022 | 199 |
| 2022–2023 | 185 |
| 2023–2024 | 328 |
Pour faciliter l'accès des Premières Nations aux services d'urgence, le personnel de SAC travaille avec des partenaires de prestation de services en matière de gestion des urgences tels que les communautés des Premières Nations, les gouvernements provinciaux et territoriaux et des organisations non gouvernementales. Voir la section « Ententes de services » ci-dessous pour plus de détails.
Les résultats escomptés du PAGU sont présentés dans la figure 2 ci-dessous.
Équivalent textuel pour le graphique Figure 2. Les résultats escomptés du PAGU, tels que définis en 2019
Immédiat:
- Les communautés des Première Nations participant activement aux discussions sur les ententes multilatérales de services de gestion des urgences.
- Les communautés des Premières Nations ont renforcé leur capacité à se préparer aux urgences, à en atténuer les effets, à intervenir lorsqu'elles surviennent et rétablir la situation par la suite.
Intermédiaire: De Nouvelles ententes et pratiques ont été mises en place pour mieux se préparer aux urgences, en atténuer les effets, intervenir lorsqu'elles surviennent et rétablir la situation par la suite.
Ultime: Les communautés des Premières Nations ont renforcé leurs capacités d'intervention et de rétablissement.
Voir l'annexe 2 où se trouvent les indicateurs de réussite du PAGU et les objectifs définis pour chacun de ces résultats au cours de la période d'évaluation. Il convient de noter qu'au cours de la période d'évaluation, le PAGU a procédé à des mises à jour de la mesure du rendement. Par conséquent, tous les indicateurs de rendement du PAGU ont été revus et restructurés depuis la fin de la période d'évaluation.
Programmes du PAGU
Le PAGU fournit un soutien dans le cadre des quatre piliers de la gestion des urgences : atténuation non structurelleNote de bas de page 12, préparation, intervention et rétablissement. Ces quatre composantes interdépendantes peuvent être mises en œuvre l'une après l'autre ou simultanément.
Dans chacun des domaines de programme mentionnés ci-dessous, la mise en œuvre du PAGU varie partout au Canada, car les bureaux régionaux de SAC assurent la mise en œuvre du PAGU et les gouvernements provinciaux ou territoriaux jouent différents types de rôles dans le PAGU à différents niveaux de participation.
Mesures de préparation et d'atténuation non structurelles
Ces activités visent à cerner les problèmes, urgences et vulnérabilités possibles, et à prendre des mesures proactives pour prévenir ou réduire les risques. Les activités admissibles au titre de ce pilier sont accessibles au moyen de propositions présentées au titre du fonds pour la préparation et l'atténuation non structurelle (PANS). Les activités d'atténuation non structurelle admissibles comprennent les évaluations des risques, la cartographie des dangers, les frais de planification et de gestion, les services d'architecture et d'ingénierie, les honoraires professionnels pour les services juridiques et comptables, à l'exclusion des frais liés à des poursuites ou à d'autres litiges juridiques, la préparation et la sécurité du site, les coûts des matériaux et des fournitures, le transport, les inspections, les permis, les permis d'utilisation des terres, les licences d'exploitation et les études environnementales. Les mesures de préparation admissibles au titre de ce fonds comprennent la planification tous risques par l'élaboration de politiques, la formulation de plans d'évacuation, la préparation de lignes directrices, la formation (comme les exercices du Centre des opérations d'urgence), la réalisation d'évaluations des risques et le soutien aux Premières Nations dans l'élaboration de leur propre plan d'urgence. La préparation peut également comprendre des tests périodiques au moyen d'exercices de simulation.
Intelli-feu
Depuis 2018-2019, SAC soutient également l'atténuation et la préparation dans le cadre d'Intelli-feu. Parmi les activités admissibles, mentionnons ce qui suit :
- planification de la présuppression des feux de forêt;
- évaluations des risques relatifs aux feux de forêt;
- réduction des combustibles forestiers, coupes d'éclaircie et brûlage dirigé;
- aménagement de coupe-feu;
- formation des équipes de lutte contre les feux de forêt;
- gestion de la végétation;
- cartographie des risques liés aux feux de forêt;
- formation, ateliers, conférences Intelli-feu;
- mobilisation des communautés et des jeunes.
Le financement dans le cadre d'Intelli-feu peut aussi être utilisé pour mettre à contribution les connaissances autochtones du milieu environnant afin d'améliorer la planification, la préparation et l'intervention en cas d'incendie de forêt.
Intervention
Ces activités visent à prendre le contrôle d'une situation d'urgence et à contenir les effets négatifs à court terme. Les activités de ce pilier comprennent l'intervention d'organismesNote de bas de page 13, la coordination des ressources, la mise en place de structures organisationnelles, les systèmes de protection et d'alerte, ainsi que les communications. Les activités admissibles qui traitent des effets immédiats d'une situation d'urgence comprennent l'aide en matière d'intervention (y compris l'évacuation), les mesures de soutien social d'urgence, l'aide en cas de déplacement temporaire, les activités de recherche et de sauvetage/récupérationNote de bas de page 14, ainsi que l'aide au transport d'urgence et au rapatriement.
Le rôle principal du PAGU est de financer les coûts admissibles liés aux activités d'intervention en cas d'urgence. Pour ce faire, on procède généralement à un remboursement, mais le PAGU est autorisé à verser des avances si nécessaire. Dans certaines régions, le personnel du PAGU peut également coordonner les intervenants mobilisés dans l'intervention en cas d'urgence. Pour les Premières Nations, l'intervention consiste à prendre les mesures appropriées et nécessaires une fois qu'il est établi qu'une situation d'urgence est imminente ou en cours, afin de protéger les membres des Premières Nations contre les pertes de vies humaines ou les blessures et de protéger leurs infrastructures et leurs habitations.
Rétablissement
Ces activités visent à ramener les conditions à un niveau acceptable (qui existait avant la situation d'urgence). L'activité principale de ce pilier consiste à aider les Premières Nations à cerner les dommages et à formuler des demandes de remboursement des frais admissibles, ainsi qu'à accélérer le transfert des fonds du PAGU, de manière que le rétablissement puisse s'opérer dès possible, une fois la crise passée et après l'évaluation des dommages. Les mesures de rétablissement admissibles peuvent englober une aide au rétablissement (qui peut inclure des mesures d'atténuation) ou les pertes personnelles. Les activités de rétablissement sont guidées par le cadre de rétablissement Reconstruire en mieuxNote de bas de page 15. Ce cadre est centré sur l'aide à restaurer des communautés et des actifs de manière à réduire la vulnérabilité des communautés des Premières Nations aux catastrophes et à renforcer la résilience des communautés des Premières Nations.
Coordonnateurs de la gestion des urgences
Principalement financés dans la catégorie « renforcement des capacités » du volet de financement global « Préparation et atténuation » illustré à la figure 3, les coordonnateurs de la gestion des urgences des Premières Nations appuient les communautés dans les quatre piliers de la gestion des urgences.
Ententes de service
Le personnel du PAGU ne fournit pas directement aux communautés des Premières Nations des services d'aide d'urgence sur le terrainNote de bas de page 16. Le PAGU conclut des ententes de service (y compris des ententes sur la lutte contre les incendies de forêt) afin que les Premières Nations puissent avoir accès à des services d'aide d'urgence dans les réserves qui sont comparables à ceux offerts hors réserves, à titre de référence. Ces ententes de services ont été conclues entre SAC, les provinces et territoires et d'autres partenaires de prestation de services et garantissent qu'en cas d'urgence, l'intervention est menée sans retard excessif. La portée de ces ententes de services bilatérales varie d'une région à l'autre, ainsi qu'en fonction des parties visées, des rôles et des responsabilités.
Comme le montre le tableau 1 ci-dessous, six provinces et deux territoires avaient conclu des ententes de services bilatérales en matière de gestion des urgences au cours de la période d'évaluation. La Saskatchewan n'a pas signé d'entente de services, mais elle a signé une entente sur les feux de forêt. Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador n'ont signé aucun de ces deux types d'entente au cours de la période d'évaluation.
| Région | Entente de services bilatérale | Entente sur la lutte contre les feux de forêt |
|---|---|---|
| Terre-Neuve-et-Labrador | Pas signée | Pas signée |
| Nouvelle-Écosse | Pas signée | Pas signée |
| Île-du-Prince-Édouard | Signée | Pas signée |
| Nouveau-Brunswick | Pas signée | Signée (en 2023) |
| Québec | Signée | Signée |
| Ontario | Signée | Signée |
| Manitoba | Signée | Signée |
| Saskatchewan | Pas signée | Signée |
| Alberta | Signée | Signée |
| Colombie-Britannique | Signée | Signée |
| Yukon | Signée | Pas signée |
| Territoires du Nord-Ouest | Signée | Pas signée |
| Total « Signée » | 8 sur 12 | 7 sur 12 |
| Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 14 janvier 2025 | ||
Dans les provinces et les territoires où il n'y a pas d'entente signée, SAC a travaillé avec le gouvernement provincial ou territorial, les Premières Nations, les conseils tribaux et des organisations tiers comme la Croix-Rouge canadienne, qui fournissent des services et des mesures de soutien d'urgence aux communautés des Premières Nations dans les réservesNote de bas de page 17. En fonction de l'administration dans laquelle l'entente a été conclue, les ententes engagent les fournisseurs de services à soutenir un ou plusieurs des quatre piliers de la gestion des urgences : préparation, atténuation, intervention et rétablissement, et leur accordent des ressources pour le faire. La façon précise d'utiliser ce financement varie d'une région à l'autre, en fonction des ententes en vigueur. Le financement peut couvrir, entre autres, les coûts relatifs au personnel, aux déplacements, à l'équipement, aux programmes et à la formation, aux conférences, ainsi que les coûts ponctuels liés à l'évacuation et les coûts administratifs.
En reconnaissance du droit à l'autodétermination des peuples autochtones, SAC s'est activement engagé à conclure de nouvelles ententes de services multilatérales, où les Premières Nations seraient des partenaires égaux et à part entière dans la gestion des urgences. Le financement des ententes de services a également permis de soutenir d'autres initiatives mises en œuvre avec des partenaires des Premières Nations dont le but est de faire progresser l'établissement d'ententes multilatérales, y compris octroyer du financement aux coordonnateurs de la gestion des urgences, aux conseils tribaux afin qu'ils mobilisent leurs membres et élaborent une vision de la gestion des urgences, et aux Premières Nations ou les organisations dirigées par les Premières Nations pour qu'elles fournissent des services aux communautés des Premières Nations.
Ressources du PAGU
De 2017-2018 à 2023-2024, les dépenses totales au titre du crédit 10 pour le PAGU comprenaient :
- 236,6 millions de dollars pour la préparation et l'atténuation (dont la PANS, Intelli-feu et le renforcement des capacités)
- 1,4 milliard de dollars pour l'intervention et le rétablissement (dont le rétablissement, la recherche et le sauvetage/récupérationNote de bas de page 18, et l'intervention)
- 167,5 millions de dollars pour les ententes de services et la mobilisation (y compris le financement initial pour l'atténuation, la préparation et l'intervention octroyé aux fournisseurs de services)
Comme le montre la figure 3, sur six ans, les dépenses liées à l'intervention et au rétablissement ont représenté plus de 75 % des dépenses du PAGU.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 3. Dépenses du PAGU pour sept volets de financement, de 2017-2018 à 2023-2024
- Intervention et rétablissement (78%)
- Préparation et atténuation (13%)
- Entente de services et mobilisation (9%)
- Intervention : $910.6M
- Rétablissement : $503.4M
- Entente de service et mobilisation : 167.5
- Projet d'amélioration non-structurelle : $125.1M
- Intelli-feu : $55.8M
- Renforcement des capacités : $55.7M
- Recherche et récupération : $0.9M
Vue d'ensemble du FSCA
Depuis mars 2020, la composante financée par le PAGU du Fonds de soutien aux communautés autochtones (FSCA) visait à fournir aux dirigeants et aux organisations des Premières Nations la souplesse nécessaire pour concevoir et mettre en œuvre des solutions communautaires afin de prévenir la propagation de la COVID-19 dans les réserves, de s'y préparer et d'intervenir. Le dernier cycle de financement a été débloqué en 2022-2023, et les bénéficiaires ont pu reporter les fonds non dépensés en 2023-2024. Ce financement s'inscrivait dans le cadre plus large du FSCA, qui distribuait des fonds par l'intermédiaire des Programmes urbains pour les peuples autochtones et du Programme d'immobilisations et d'entretien, en plus du PAGU. Cela faisait partie de la réponse de SAC à la pandémie de COVID-19, en complément du financement de SAC pour la santé publique.
Programmes du FSCA
Le FSCA a soutenu les Premières Nations grâce à des affectations directes ainsi qu'à un financement fondé sur des propositions. Le FSCA reposait principalement sur une approche d'« accès universel » pour les demandeurs de financement, ce qui signifie qu'un certain nombre de programmes de SAC pouvait financer une demande reçue au titre du FSCA. Dans le cadre du FSCA, les activités admissibles comprenaient notamment les suivants :
- Des mesures de préparation pour prévenir la propagation de la COVID-19.
- Une aide en santé mentale et des services d'intervention d'urgence.
- Des mesures de soutien aux Aînés et aux membres vulnérables de la communauté.
- Des mesures liées à l'éducation et à d'autres formes de soutien pour les enfants.
- Des mesures pour lutter contre l'insécurité alimentaire.
Ressources du FSCA
Le FSCA a fourni des ressources aux Premières Nations pour atténuer la propagation de la COVID-19 et faire face aux effets de la pandémie dans leurs communautés. Le financement du PAGU-FSCA représentait 62 % des 2 milliards de dollars accordés par le FSCA. Le reste des fonds du FSCA provenait des Programmes urbains pour les peuples autochtones et du Programme d'immobilisations et d'entretien. Les dépenses du FSCA se sont élevées à 1 252 300 000 $. La répartition entre les mécanismes d'affectation directe et de financement fondé sur des propositions est présentée dans les tableaux 2.1 et 2.2 ci-dessous.
| Activité | 2020-2021 | 2021-2022 | 2022-2023 | Total |
|---|---|---|---|---|
| Affectations directes | 429,5 $ | 288,4 $ | 144,2 $ | 862,1 $ |
| Financement fondé sur des propositions | 224,5 $ | 145,6 $ | 2,2 $ | 372,3 $ |
| Total | 654,0 $ | 434,0 $ | 146,4 $ | 1 234,4 $ |
| Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025 | ||||
| Activité | 2020-2021 | 2021-2022 | 2022-2023 | Total |
|---|---|---|---|---|
| Affectations directes | 1204 | 610 | 611 | 3035 |
| Financement fondé sur des propositions | 1505 | 643 | 103 | 2251 |
| Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025 | ||||
Les indicateurs de rendement du FSCA se trouvent à l'annexe 3.
7 Approche utilisée pour l'évaluation
S'appuyer sur des travaux complémentaires
La portée et les questions de la présente évaluation ont été conçues de manière à éviter tout chevauchement avec les constatations, les recommandations et la réponse au rapport du Bureau du vérificateur général du Canada (BVG) de 2022 et au rapport d'évaluation interne de 2017. L'équipe d'évaluation a également évité les chevauchements de portée et d'activités de collecte de données avec l'évaluation en cours du Programme de contrôle des maladies transmissibles et du programme Soins de santé primaires, qui comprend la composante « gestion des urgences sanitaires » du PAGU.
Collaborer avec les partenaires des Premières Nations
L'équipe d'évaluation a collaboré avec les partenaires des Premières Nations, notamment des représentants des Premières Nations, des conseils tribaux et des organisations des Premières Nations ayant reçu un financement du PAGU. Pour cette collaboration, les partenaires des Premières Nations ont déterminé comment et dans quelle mesure ils souhaitaient participer à l'évaluation. Les partenaires des Premières Nations ont choisi d'agir à titre de conseillers pour la planification de l'évaluation ou l'établissement des rapports, ou de participer à la collecte des données. Plus précisément, les partenaires des Premières Nations ont été invités à participer à des discussions de groupe, à des entretiens ou à un sondage. Comme le montre le tableau 3 ci-dessous, l'équipe d'évaluation s'est entretenu avec des représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux dans chaque province ou territoire.
| Région | Conseillers – Planification | Conseillers – Préparation des rapports | Collecte de données – Discussions de groupe et entretiens | Collecte de données – Sondage au titre du PAGU |
|---|---|---|---|---|
| Atlantique | 6 | 1 | 29 | 9 |
| Québec | 0 | 3 | 2 | 4 |
| Ontario | 0 | 4 | 2 | 5 |
| Manitoba | 0 | 0 | 0 | 1 |
| Saskatchewan | 12 | 11 | 19 | 3 |
| Alberta | 1 | 0 | 0 | 8 |
| Colombie-Britannique | 21 | 5 | 24 | 1 |
| Yukon | 3 | 0 | 4 | 1 |
| Territoires du Nord-Ouest | 0 | 1 | 0 | 3 |
| TOTAL | 43 | 25 | 80 | 35Note de tableau * |
|
||||
Lors de la planification de l'évaluation, pour élaborer les sous-questions d'évaluation et l'approche de collecte de données, on s'est appuyé sur la participation de l'équipe d'évaluation au forum sur la gestion des urgences de 2024 au Yukon et sur des discussions virtuelles avec 40 représentants de la gestion des urgences des Premières Nations et des conseils tribaux.
Au cours de la collecte de données, 76 représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux du Yukon, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et de l'Atlantique, qui ont participé à une discussion de groupe au cours de la phase de collecte des données, ont été invités à revoir et à corriger ce qui suit :
- les notes et un résumé de la discussion de groupe
- un résumé régional des enseignements tirés des discussions de groupe, des entrevues et des réponses à un sondage
Au cours de la collecte de données, quatre représentants des fournisseurs de services des Premières Nations ayant participé aux entretiens virtuels ont également été invités à revoir et à corriger les notes de leurs entretiens.
Lors de la rédaction du rapport d'évaluation, 26 représentants de Premières Nations, de conseils tribaux et d'organisations des Premières Nations ayant participé à des discussions de groupe ou au sondage et ayant manifesté leur intérêt ont été invités à fournir des commentaires écrits ou à assister à des réunions virtuelles pour :
- examiner les conclusions préliminaires et les premières considérations, et signaler les priorités à intégrer dans le rapport final
- examiner le rapport final sans recommandations et suggérer des façons qui permettraient de mieux cadrer l'évaluation avec leurs expériences et leurs priorités
Recueillir des données
La planification de l'évaluation a eu lieu en 2023-2024 et les travaux d'évaluation préliminaires ont été menés d'avril à septembre 2024. Les constatations préliminaires ont été finalisées en décembre 2024. Les données relatives au PAGU ont été recueillies à l'aide des méthodes suivantes :
- 11 discussions de groupe en personne :
- avec 80 représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux (y compris des coordonnateurs de la gestion des urgences, du personnel de la bande ayant des responsabilités en matière de gestion des urgences et des membres de conseils de bande) au Yukon, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et dans les provinces de l'Atlantique.
- 25 entretiens virtuels :
- 15 entretiens avec 36 membres du personnel de tous les bureaux régionaux et de l'administration centrale.
- 10 entretiens avec des fournisseurs de services (cinq dirigés par des Premières Nations et cinq non dirigés par des Premières Nations).
- 67 réponses à un sondage (35 remplis au complet, 28 remplis en partie) provenant de représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux.
- Un examen des documents de base du programme et des données internes du programme (financières, sur le rendement et administratives)
Les données relatives au FSCA ont été recueillies à l'aide des méthodes suivantes :
- 9 entretiens virtuels :
- avec 27 membres du personnel de SAC provenant de huit bureaux régionaux et de l'administration centrale.
- 57 réponses à un sondage provenant de représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux :
- 29 n'ont pas précisé leur région
- 7 de l'Alberta
- 9 de l'Atlantique
- 1 de la Colombie-Britannique
- 1 du Manitoba
- 2 des Territoires du Nord-Ouest
- 3 de l'Ontario
- 4 du Québec
- 0 de la Saskatchewan
- 1 du Yukon
- Bien que les participants aux 11 discussions de groupe avec les représentants des services d'urgence aient été interrogés sur le FSCA, ceux-ci ne participaient souvent pas à sa mise en œuvre et aucune donnée n'a donc été recueillie.
Pour déterminer les participants aux discussions de groupe en personne, l'équipe d'évaluation a utilisé une « méthode de sondage cumulatif »Note de bas de page 19 en demandant aux représentants des Premières Nations et des conseils tribaux qui avaient participé à la phase de planification de l'évaluation de mettre l'équipe d'évaluation en contact avec d'autres personnes de leur réseau.
Pour déterminer le personnel de SAC, le personnel du PAGU a fourni à l'équipe d'évaluation les coordonnées du personnel visé de l'administration centrale et de chaque bureau régional.
Pour déterminer les participants au sondage, l'équipe d'évaluation a demandé à chaque bureau régional de transmettre le lien du sondage aux représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux ayant reçu un financement au cours de la période d'évaluation.
Une description des limites méthodologiques de l'évaluation se trouve à l'annexe 4.
Présenter les données probantes
L'évaluation renvoie aux discussions tenues avec les participants à l'évaluation, plutôt qu'aux discussions avec des participants individuels, compte tenu de la nature collective des discussions avec les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, le personnel de SAC et les fournisseurs de services. Par exemple, une seule discussion peut avoir eu lieu avec au moins 10 personnes, et même si une seule personne a exprimé son point de vue, plusieurs autres personnes dans la discussion auraient pu exprimer leur accord. Par conséquent, lors de l'évaluation, le moment venu d'examiner les réponses qualitatives fournies par les participants à l'évaluation, on a adopté l'approche « semi-quantificative » ci-dessous. Cette approche décrit les réponses en fonction de la fréquence des idées, des concepts et des thèmes dans l'ensemble des discussions, comme indiqué dans les tableaux 4 et 5 ci-dessous.
| Source de la citation | Nombre total de discussions | Citation/une | Quelques-unes | Plusieurs | De nombreuses | Plus de la moitié | La plupart |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | (Moins de 15 %) | (15 %-29 %) | (30 %-49 %) | (50 %-74 %) | (75 % et plus) | ||
| PAGU – entretien | 36 | 1 | 2-4 | 5-10 | 11-17 | 18-26 | 27-36 |
| PAGU – sondage | 63 | 1 | 2-9 | 10-19 | 20-31 | 32-46 | 47-63 |
| FSCA – sondage | 57 | 1 | 2-8 | 9-16 | 17-28 | 29-42 | 43-57 |
| Source de la citation | Nombre total de discussions | Citation/une | Quelques-unes | Plus de la moitié | La plupart ou la totalité |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | (Moins de 49 %) | (50 %-74 %) | (75 % et plus) | ||
| FSCA – entretiens | 9 | 1 | 2-4 | 5-7 | 8-9 |
Tout au long du rapport, l'évaluation précise si les idées sont issues de discussions avec des représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux, des fournisseurs de services dirigés par des Premières Nations ou des non-Autochtones, ou avec des employés de SAC. Lorsque les idées et les opinions sont issues de discussions dans ces groupes, l'évaluation utilise simplement le terme « discussions ». L'évaluation a mis en évidence des citations ou des commentaires de répondants individuels pour donner un exemple ou souligner un point qui a déjà été soulevé par de multiples personnes. Lorsque le point de vue était celui d'une seule personne, l'évaluation a pris en compte le niveau et l'étendue de son expérience pour déterminer s'il convenait d'inclure les données dans les résultats de l'évaluation.
Organiser le rapport
Le rapport est organisé en quatre sections « constations ». Conformément à la Politique sur les résultats du Conseil du Trésor, l'évaluation a porté sur la pertinence, l'efficacité et l'efficience. Conformément au plan d'évaluation ministériel quinquennal de SACNote de bas de page 20, l'évaluation a également porté sur l'Analyse comparative entre les sexes Plus, les enfants et les familles autochtones, les effets des changements climatiques, les incidences de la COVID-19 et les progrès accomplis en matière de transfert de services. La question du transfert de services a été plus largement liée à l'autodétermination lors des discussions avec les personnes interrogées dans le cadre de l'évaluation. L'évaluation souligne l'importance de l'autodétermination dans la gestion des urgences, qui est placée en tête de ce rapport.
Étant donné que le FSCA était une initiative triennale qui a depuis lors pris fin, tout au long du rapport, les constatations liées au FSCA sont mises en évidence par rapport aux constations liées au PAGU afin d'en apprendre davantage sur la manière dont le PAGU pourrait être mis en œuvre. La dernière section « Conclusions et recommandations » relie l'ensemble des sections et des constations pour étayer les recommandations faites au PAGU.
Le rapport contient également des « faits saillants » qui mettent en lumière les pratiques exemplaires du PAGU relevées par les participants tout au long de la période d'évaluation.
8 Constations liées à l'autodétermination au titre du PAGU
La Charte de l'Assemblée des Premières Nations établit que « le Créateur nous [les Premières Nations] a donné le droit de nous gouverner nous-mêmes et le droit à l'autodétermination »Note de bas de page 21. L'adoption de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones par le gouvernement du Canada en 2021 est l'engagement le plus récent du gouvernement du Canada visant à respecter le droit des Premières Nations à l'autodéterminationNote de bas de page 22.
Cette constatation explore la manière dont les différents éléments de conception et de mise en œuvre du PAGU ont une incidence sur l'autodétermination des Premières Nations. Plus précisément, l'évaluation visait à répondre aux questions suivantes :
- Comment la mise en œuvre du PAGU pourrait-elle être améliorée pour que le transfert des services aux communautés des Premières Nations progresse?
- Comment les pratiques prometteuses en matière de préparation, d'atténuation, d'intervention et de rétablissement en cas d'urgence ont-elles été facilitées dans le cadre du PAGU et du FSCA?
Constatation 1 : L'approche du PAGU en matière de financement et de prestation de services pourrait s'harmoniser davantage avec la manière dont les Premières Nations voient l'autodétermination
Les Premières Nations demandent un financement de base pour répondre à leurs priorités en matière de préparation et d'atténuation et renforcer leurs capacités
Comme le souligne la constatation 16, l'utilisation d'un financement annuel, fondé sur des propositions, pour les efforts de préparation aux urgences et d'atténuation des Premières Nations a présenté des défis. L'évaluation a montré que ce type de financement dans le cadre du PAGU entraînait un fardeau administratif et de l'incertitude d'une année à l'autre, ainsi que la possibilité pour les communautés de manquer des occasions de financement si elles ne disposaient pas des ressources nécessaires pour élaborer les propositions dans les délais annuels prescrits.
Dans de nombreuses discussions tenues dans le cadre de l'évaluation, le personnel de SAC, les fournisseurs de services et les représentants des Premières Nations ont indiqué que les Premières Nations demandaient un financement de base en matière de PANS et d'Intelli-feu qui est prévisible, souple et pluriannuel afin qu'elles puissent mieux répondre à leurs priorités en matière de gestion des urgences et assumer davantage de responsabilités. Le financement de base pourrait offrir une plus grande flexibilité que celle fournie par un financement fondé sur des propositions, si on éliminait les restrictions relatives à des activités précises qui étaient auparavant décrites dans une proposition, et si on se concentrait sur le soutien du large éventail d'activités répondant aux critères d'admissibilité du PAGU.
« Le budget doit inclure la formation, le recrutement, l'équipement, les frais de déplacement ainsi que prévoir un véhicule. Le minimum nécessaire serait 140 000 $. »
Lors de plusieurs discussions, le personnel de SAC, les fournisseurs de services et les représentants des Premières Nations ont indiqué qu'avec un financement de base fourni sur plusieurs années, les Premières Nations disposeraient de ressources financières plus prévisibles pour renforcer leurs capacités en matière de gestion des urgences. Dans plusieurs discussions, on a également indiqué que le financement de base pourrait encourager des projets plus durables de préparation des communautés et d'atténuation à long terme, car les Premières Nations peuvent mieux s'adapter, ainsi que mieux prévoir et mieux répartir leurs ressources du PAGU.
Dans plusieurs discussions, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont également reconnu que, lorsqu'il s'agit d'une enveloppe de financement fixe, la distribution du financement de base aux communautés des Premières Nations devrait être équilibrée avec des approches de collaboration entre les Premières Nations, les conseils tribaux et les organisations régionales dirigées par les Premières Nations afin d'éviter les doubles emplois et de combler les lacunes en matière de capacités.
Fait saillant 1 : Un financement fiable en Saskatchewan
Des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont mentionné dans quelques discussions que le financement disponible pour les coordinateurs de la gestion des urgences et le volet de PANS était fiable, ce qui leur donne une certaine certitude pour planifier leurs futures activités de gestion des urgences. Un membre du personnel de SAC en Saskatchewan a mentionné que son bureau avait travaillé avec les Premières Nations et les conseils tribaux pour mettre en place un processus régional de distribution de ce financement, un montant fixe de financement étant disponible annuellement pendant la majeure partie de la période d'évaluation. Plus précisément, les fonds ont été distribués au début de l'exercice financier, et le montant était le même pour tous les conseils tribaux, un montant inférieur ayant été fixé pour l'ensemble des Premières Nations. Des exceptions aux montants fixés ont été faites pour les Premières Nations autonomes et des circonstances telles qu'une forte population.
Il convient de noter que les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux de la Saskatchewan ont indiqué que le financement n'était pas en mesure de répondre de manière cohérente aux priorités des Premières Nations en matière de gestion des urgences en raison du montant insuffisant du financement et des critères d'admissibilité restrictifs du PAGU.
Leçons tirées du FSCA 1 : Les allocations directes permettent aux communautés de gérer leur financement et de répondre à leurs propres priorités.
Pour faire face aux effets de la pandémie de COVID-19, des fonds au titre du FSCA ont été distribués aux Premières Nations sans aucune demande ou proposition de leur part. Le personnel de SAC a mentionné dans plusieurs discussions que les Premières Nations, en raison de cette approche, étaient en mesure d'utiliser le financement pour établir des priorités et répondre à leurs besoins au fur et à mesure qu'ils se présentaient, tant que les activités étaient admissibles. Dans quelques discussions, les répondants ont indiqué que cette approche offrait la possibilité de s'éloigner des systèmes coloniaux.
Certaines Premières Nations souhaitent exercer un contrôle plus direct sur le choix des fournisseurs de services en matière de gestion des urgences.
Lors de plusieurs discussions, des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont demandé que les fonds du PAGU leur soient toujours versés directement plutôt qu'aux fournisseurs de services, à la province ou à d'autres organisations tiers – même si ces organisations sont dirigées par les Premières Nations. Grâce à un financement direct, les Premières Nations et les conseils tribaux peuvent décider de fournir eux mêmes un service ou de choisir d'avoir recours à un fournisseur de services. En raison de leur insatisfaction à l'égard des fournisseurs de services dans le passé, des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont mentionné dans de nombreuses discussions qu'ils devraient être en mesure de prendre des décisions sur la façon dont les fonds sont affectés ou utilisés pour soutenir leurs priorités en matière de gestion des urgences. Ils ont suggéré que le financement direct pourrait être utilisé comme un moyen d'adhérer à leurs propres processus de reddition de comptes, sous réserve des critères d'admissibilité du PAGU.
« En ce qui concerne la gestion des feux de forêt, elle a été construite sans nous, pour nous. Il n'y a pas de possibilité pour nous de jouer un rôle de dirigeant. Rien pour nous sans nous. »
Pour accompagner le financement direct, les représentants des conseils tribaux et des fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations, dans quelques discussions, ont demandé que des mesures soient prises pour s'assurer que le financement est utilisé aux fins prévues et de manière stratégique, par exemple en commençant par les activités de base en matière de gestion des urgences (comme les évaluations des risques et les plans de gestion des urgences) avant de mettre en œuvre des activités plus avancées. Pour ce faire, les Premières Nations et les conseils tribaux ont suggéré des structures et des processus qui facilitent leur responsabilité envers leurs membres ou les organisations régionales, comme des forums ou des comités de prise de décision en matière de financement qui incluent les Premières Nations et les conseils tribaux.
Dans le cadre du PAGU, la définition précise de ce qui constitue une urgence ne tient pas compte de toutes les situations d'urgence d'une communauté, ce qui fait que les Premières Nations ont du mal à trouver des sources de financement pour répondre à leurs divers besoins de gestion des urgences.
Lors de nombreuses discussions, les Premières Nations, les conseils tribaux et les organisations dirigées par les Premières Nations ont exprimé leur frustration à l'égard du PAGU, car ses critères d'admissibilité ne leur permettent pas d'appliquer leur définition d'une situation d'urgence. L'exclusion des incendies structurelsNote de bas de page 23 et des éléments de sécurité communautaireNote de bas de page 24 a notamment été jugée problématique. Les discussions tenues dans le cadre de l'évaluation ont permis de constater que les Premières Nations, pour résoudre ces problèmes, cherchent à obtenir des fonds auprès d'autres programmes de SAC, d'autres ministères fédéraux et des gouvernements provinciaux ou territoriaux. Des participants à plusieurs discussions ont ajouté que la coordination ou la collaboration entre les différents programmes était limitée. Dans plusieurs discussions, les participants ont indiqué qu'en raison de la complexité et de la répartition du financement de la gestion des urgences, il pouvait être difficile de cerner les ressources nécessaires pour répondre à leurs priorités en matière de gestion des urgences.
Les discussions avec le personnel de SAC et les fournisseurs de services tenues dans le cadre de l'évaluation ont permis de constater que ceux-ci, pour résoudre les questions liées à la complexité des sources de financement et simplifier le financement, orientaient, dans la mesure du possible, les demandeurs vers les sources de financement dont ils avaient besoin. Le personnel de SAC a également mentionné qu'il s'employait à soutenir les Premières Nations en renforçant la collaboration interne avec d'autres programmes de SAC. À titre d'exemple, un membre du personnel de SAC a indiqué qu'un poste de liaison avait été créé pour soutenir les efforts de rétablissement d'une communauté et naviguer parmi plusieurs sources de financement.
Le financement limité a réduit la capacité des Premières Nations, conseils tribaux et organisations des Premières Nations qui voulaient renforcer leur capacité à fournir des services, à l'échelle locale ou en tant que fournisseurs de services à plus grande échelle.
Les discussions tenues dans le cadre de l'évaluation ont permis de constater que les Premières Nations, les conseils tribaux et les fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations cherchaient des occasions de renforcer leurs capacités de gestion des urgences et d'assumer davantage de responsabilités. Comme mentionné à la constatation 4, les discussions tenues dans le cadre de l'évaluation ont permis de constater que les montants du financement en matière de PANS et du financement des postes de coordinateur de la gestion des urgences n'étaient pas suffisants pour soutenir cette priorité. Dans plusieurs discussions, on a laissé entendre que des ressources supplémentaires sont nécessaires pour que les Premières Nations puissent jeter des bases solides en matière de capacité de gestion des urgences.
Les ressources supplémentaires pourraient également être utilisées pour renforcer les capacités des fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations. Quelques répondants ont indiqué que les fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations pourraient offrir plus de services aux Premières Nations s'ils avaient accès à un financement pour renforcer leurs capacités.
« SAC doit soutenir les capacités à son niveau et au rythme de la communauté. Cela commence à avoir une incidence sur notre ascension dans l'échelle de service. »
Dans plusieurs discussions tenues et quelques réponses au sondage posées dans le cadre de l'évaluation, on a entendu que si les fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations sont en mesure d'offrir des services qui n'étaient auparavant offerts que par la province, le territoire ou la Croix-Rouge canadienne, les Premières Nations pourraient alors choisir un fournisseur de services et seraient en mesure d'exercer un contrôle sur les fournisseurs qui leur offrent les services.
Constatation 2 : Les exigences du PAGU en matière d'octroi du financement et de production de rapports pour l'obtention d'un remboursement sont généralement perçues comme ne respectant pas le principe de la relation de nation à nation.
Les modèles de financement du PAGU peuvent contribuer aux perspectives selon lesquelles le gouvernement fédéral ne fait pas confiance aux Premières Nations.
Dans plusieurs discussions tenues dans le cadre de l'évaluation, on a entendu que l'approche du PAGU en matière de financement était typique d'une relation financière coloniale. Plus précisément, les répondants ont indiqué qu'ils avaient le sentiment que SAC ne faisait pas confiance aux Premières Nations pour gérer les fonds. Dans plusieurs discussions tenues dans le cadre de l'évaluation, on a entendu que l'approche fondée sur des propositions donnait aux Premières Nations l'impression qu'elles devaient sans cesse demander à SAC la permission de s'occuper de leurs priorités en matière de gestion des urgences.
Lors de quelques discussions avec des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, ainsi qu'avec le personnel de SAC, les exigences en matière de rapports ayant trait aux remboursements ont été qualifiées de coloniales, en partie parce que les Premières Nations étaient tenues de présenter des factures et des reçus détaillés. En outre, dans le cadre de quelques discussions, les participants ont indiqué que les Premières Nations considéraient que les exigences en matière de rapports étaient coloniales parce que certains fournisseurs de services non autochtones ne soumettaient pas autant de documents pour leur remboursement que les Premières Nations et les conseils tribaux, ce qui, selon le personnel de SAC, s'est effectivement produit à certaines occasions.
SAC n'a pas toujours fait preuve de transparence en ce qui concerne les montants et les processus de financement.
Dans quelques discussions, des représentants des Premières Nations et des fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations ont également demandé de la transparence, notamment en ce qui concerne le montant du financement disponible, les destinataires de ces fonds au sein d'une région, ainsi que les raisons pour lesquelles certaines propositions sont rejetées et d'autres non. Ils ont indiqué qu'une plus grande transparence de la part de SAC permettrait de combattre la méfiance, car ils pourraient vérifier si le financement est distribué équitablement.
Dans plusieurs discussions, les répondants ont indiqué que SAC ne fournit pas de mises à jour sur l'état d'une proposition de financement ou n'explique pas pourquoi il rejette les demandes de financement. Ils ont également indiqué que SAC ne communique pas la manière dont les budgets des programmes sont établis, y compris la répartition entre les régions. Enfin, dans plusieurs autres discussions, les répondants des Premières Nations et des conseils tribaux ont indiqué que SAC ne les avait pas informés du financement disponible dans le cadre du PAGU et de l'usage qui pouvait en être fait.
Leçons tirées du FSCA 2 : Le FSCA a été réparti différemment entre les régions et au sein de celles-ci selon les structures et les formules de prise de décision du personnel régional de SAC
La répartition équitable du FSCA s'est avérée un défi. Dans quelques discussions, le personnel de SAC a laissé entendre que les communautés ayant des besoins plus importants pourraient avoir perçu le financement disponible comme étant insuffisant. Par exemple, les communautés proches des centres urbains peuvent avoir un plus grand nombre de points d'entrée et avoir besoin de plus de fonds pour assurer la sécurité de leur périmètre.
Le personnel régional de SAC a fait savoir qu'il avait reçu des propositions de financement de la part de différentes communautés pour des activités similaires, mais que des montants très différents avaient été évoqués pour des coûts tels que les salaires pour la sécurité du périmètre. Quelques membres du personnel régional ont indiqué qu'ils avaient élaboré des formules de financement pour aider à répartir les fonds de manière équitable entre les propositions; par exemple, en créant une formule standard pour la sécurité du périmètre en fonction des attentes salariales régionales et du nombre de points d'accès dans la communauté. Bien que les formules régionales soient censées favoriser l'équité au sein des régions, le personnel régional de SAC a indiqué dans plus de la moitié des discussions que la répartition du FSCA entre les régions était inégale et que chaque région de SAC adoptait sa propre approche pour évaluer les propositions des Premières Nations soumises dans le cadre du FSCA. De plus, certains membres du personnel de SAC ont indiqué qu'ils ne disposaient pas de fonds suffisants pour approuver les propositions des Premières Nations au titre du FSCA, malgré leur admissibilité.
Il est possible que le PAGU n'ait pas les mécanismes nécessaires pour permettre aux Premières Nations de tenir leurs partenaires responsables de la prestation inadéquate de services
Dans plusieurs discussions, les répondants ont mentionné que la capacité de répondre aux priorités des Premières Nations diffère entre les divers partenaires dans la gestion des urgences, et qu'ils ont constaté que les mesures mises en place pour permettre aux Premières Nations de tenir les fournisseurs de services responsables de leurs activités lors d'une intervention d'urgence étaient limitées.
« Il n'existe aucun mécanisme de reddition de comptes [pour les services fournis par les fournisseurs de services]. Il ne s'agit que de services externes qui ne sont pas sensibles sur le plan émotif. »
Par exemple, dans le cadre de l'évaluation, on a entendu de nombreuses histoires de municipalités voisines qui ont refusé de fournir des services à des communautés des Premières Nations en raison de « factures impayées »; or, les Nations n'étaient pas au courant de ces factures. Lorsque les Premières Nations ont demandé de les payer, les factures n'ont pas pu être produites. Il y a aussi des cas où une municipalité voisine acceptait d'intervenir lors d'une urgence dans une Première Nation, mais elle prenait beaucoup de temps, ce qui entraînait des dommages plus importants pour la communauté.
9 Constatations sur l'efficacité du PAGU
Voici une évaluation de la contribution du PAGU à l'atteinte de ses résultats escomptés. Dans la constatation 3, on commence par reconnaître le rôle fondamental que jouent les communautés dans la gestion efficace des urgences. Les constatations 4 à 8 portent sur les contributions du PAGU à la gestion des urgences et indiquent si le programme a atteint ses buts. Plus particulièrement, l'évaluation visait à répondre aux questions suivantes :
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils provoqué un changement significatif dans les communautés des Premières Nations, y compris pour les personnes aux identités diverses et intersectionnelles?
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils contribué à l'atteinte des résultats escomptés?
- Quels sont les facteurs qui facilitent ou entravent l'établissement d'ententes de services multilatérales dans le cadre du PAGU?
L'évaluation a permis de déterminer l'effet des contributions du PAGU à l'atteinte des résultats immédiats, intermédiaires et finaux escomptés qui étaient visés au cours de la période évaluéeNote de bas de page 25. Ensemble, les constatations 3 à 9 montrent que le PAGU a contribué à l'augmentation des capacités d'intervention et de rétablissement des Premières Nations, mais qu'un soutien accru pour l'atténuation, la préparation et la capacité au sein des Premières Nations permettrait d'augmenter l'efficacité du PAGU dans l'ensemble. En outre, l'évaluation a montré que d'autres considérations doivent être prises en compte pour que le PAGU progresse dans l'atteinte de ses cibles liées à l'établissement d'ententes multilatérales.
Constatation 3 : Les capacités et la mobilisation des communautés sont essentielles à l'efficacité du PAGU
L'évaluation a permis de constater que les communautés et leurs membres sont les véritables moteurs d'une gestion efficace des urgences. De nombreuses discussions ont révélé que les contributions et l'engagement des membres de la communauté, du personnel de la bande ainsi que du chef et du conseil de la Première Nation constituent le fondement sur lequel les services du PAGU s'appuient pour être efficaces. Dans le cadre de l'évaluation, des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont indiqué lors de plusieurs discussions que les membres des Premières Nations s'entraident en cas d'urgence, par exemple en participant à la recherche d'une personne disparue avec leur motoneige ou leur véhicule tout-terrain personnel, ou en cuisinant pour les personnes privées d'électricité lors d'une tempête de verglas.
La cohésion de l'équipe s'est révélée être un aspect essentiel de la réussite de la gestion des urgences dans les Premières Nations. Lors de quelques discussions, des représentants des Premières Nations ont indiqué que le personnel autochtone des différents ministères contribuait collectivement au plan de gestion des urgences de la communauté pour en assurer l'exhaustivité, ainsi que pour obtenir et coordonner des ressources telles que des travailleurs en santé mentale lors d'une évacuation.
« J'étais au bord de l'épuisement professionnel. J'ai assumé ce rôle seul et il a fallu que je prenne congé pendant trois semaines et demie par la suite pour m'en remettre […]. Maintenant, nous avons une équipe d'intervention en cas de crise appelée sitoskatowin. C'est un mot cri qui signifie « se rassembler ». Cette équipe englobe des personnes chargées de la gestion des urgences, du développement social, de la santé, du logement et de la prévention. Les gens comprennent qu'une seule personne ne peut pas tout faire. »
Enfin, dans plusieurs discussions, des représentants des Premières Nations ont souligné les effets positifs qui se sont produits lorsque des dirigeants des Premières Nations ou des conseils de bandeNote de bas de page (\d+) ont accordé la priorité à la gestion des urgences. Lors de ces discussions, les représentants des Premières Nations ont mentionné des effets positifs comme l'affectation de fonds et de personnel pour la préparation à la gestion des urgences et le fait que la communauté soit encouragée à participer aux activités de préparation.
Pleins feux 2 : L'importance de la mobilisation
Pendant environ 5 ans, les dirigeants d'une Première Nation ont accordé la priorité au financement et à la dotation en personnel de gestion des urgences et ont mobilisé la communauté tout au long du processus. L'évaluation a révélé que, lorsque les membres de la communauté étaient mobilisés, ils avaient l'impression que leurs dirigeants les écoutaient. Cela a également permis de sensibiliser les gens de la communauté, y compris les Aînés, à la gestion des urgences.
Constatation 4 : Les coordonnateurs de la gestion des urgences des Premières Nations jouent un rôle important et comportant de multiples facettes pour ce qui est de la préparation des communautés et, grâce à une collaboration soutenue par le PAGU, ils améliorent le rendement. Cependant, ce ne sont pas toutes les communautés qui ont un coordonnateur en raison du financement limité et des difficultés liées au recrutement et au maintien en poste
Les coordonnateurs de la gestion des urgences jouaient un rôle essentiel dans la préparation des communautés et, dans certains cas, leur ont permis de gérer leurs propres urgences
Le coordonnateur de la gestion des urgences est responsable de plusieurs activités au sein d'une communauté, ou de plusieurs communautés s'il est employé par le conseil tribal ou des organisations régionales. Sans un tel coordonnateur, les responsabilités en matière de gestion des urgences s'ajoutent à la charge de travail des membres du personnel de la Première Nation, qui ont souvent beaucoup d'autres responsabilités et priorités. L'évaluation a montré que le travail des coordonnateurs de la gestion des urgences est important pour que les communautés puissent intervenir par elles-mêmes en cas d'urgence, et qu'il est essentiel pour permettre à une communauté d'être préparée de manière globale et durable. Les répondants ont indiqué une grande variété de tâches effectuées par les coordonnateurs de la gestion des urgences (chacune ayant été mentionnée dans au moins quelques discussions) :
- faire une demande de financement pour la gestion des urgences;
- gérer les projets de préparation et d'atténuation;
- coordonner les activités d'intervention et de rétablissement;
- élaborer une stratégie établissant une vision pour la gestion des urgences;
- accroître les responsabilités de leur communauté ou de leur conseil tribal en cas d'urgence.
L'évaluation a également permis de constater, lors de quelques discussions, que lorsque les coordonnateurs de la gestion des urgences pouvaient profiter des réseaux et des forums financés par le PAGU, ils pouvaient renforcer leurs capacités ensemble et étudier les possibilités de soutien mutuel pour la préparation à la gestion des urgences.
Pleins feux 3 : Le Groupe de travail sur la gestion des urgences de l'Atlantique
À la suite de quelques discussions, l'évaluation a permis d'apprendre que les coordonnateurs de la gestion des urgences de la région de l'Atlantique ont collaboré avec toutes les provinces pour faire progresser la gestion des urgences de manière collective.
Des réunions mensuelles ont permis aux coordinateurs de faire ce qui suit :
- mettre en commun leur expertise (particulièrement utile pour les nouveaux coordonnateurs);
- élaborer des stratégies de préparation aux risques saisonniers;
- élaborer des propositions pour organiser une formation à l'échelle régionale;
- organiser des conférences sur la gestion des urgences avec plus de 200 participants;
- Nouer des liens.
Ces efforts et ces liens ont donné lieu à des avancées importantes, notamment :
- Les coordinateurs se soutiennent mutuellement en cas d'urgence.
- Les communautés et les conseils tribaux s'approprient davantage leurs programmes de gestion des urgences.
- Certaines communautés des Premières Nations ont atteint des capacités d'intervention d'urgence qui rivalisent ou surpassent celles des provinces, et elles ont été appelées à participer aux interventions provinciales.
- Certains coordonnateurs dirigent des initiatives de formation avec des établissements d'enseignement provinciaux comme le Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse.
Le financement du salaire des coordonnateurs de la gestion des urgences a augmenté, mais n'a pas atteint les cibles du PAGU
La figure 4 montre que les dépenses de renforcement des capacités du PAGU pour le salaire des coordonnateurs de la gestion des urgences ont augmenté, même en tenant compte de l'inflation.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 4. Dépenses de renforcement des capacités du PAGU pour le salaire des coordonnateurs de la gestion des urgences, de 2019-2020 à 2023-2024
Ajusté en fonction de l'inflation (IPC 2023)
Non ajusté:
- 2019 – 2020: $4.7M
- 2020 – 2021: $9.8M
- 2020 – 2022: $12.4M
- 2022 – 2023: $13.3M
- 2023 – 2024: $16.5M
Outre le financement du renforcement des capacités présenté à la figure 4, un montant non précisé provenant des fonds consacrés aux ententes de service et à la gestion des urgences sanitaires a également été utilisé pour financer des postes de coordonnateur de la gestion des urgences.
Les responsables du PAGU estiment qu'ensemble, ces trois volets du PAGU ont permis de financer :
- 196 postes en 2022-2023;
- 213 postes en 2023-2024.
Puisqu'une partie des postes financés se situent à l'échelle régionale ou du conseil tribal, ces coordonnateurs ont pu servir plusieurs communautés. Comme le montre la figure 5, bien que les postes financés couvraient 68 % des Premières NationsNote de bas de page 27 (423 sur 619), ce chiffre est inférieur à la cible de rendement de 80 % fixé par le PAGU pour cette année-là. Puisque les fonds de renforcement des capacités qui financent le salaire des coordonnateurs de la gestion des urgences ont été entièrement affectés chaque année, l'objectif de 80 % n'était pas susceptible d'être atteint sans une injection supplémentaire de fonds à cette fin.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 9 décembre 2024
Équivalent textuel pour le graphique Figure 5. Pourcentage de Premières Nations servies par les postes financés en 2023-2024
En 2023-2024, le PAGU a affecté des fonds pour : 213 postes. Une partie des postes finances l'ont été à l'échelle régionale ou du conseil tribal, de sorte que ces coordonnateurs ont pu servir plusieurs communautés.
Ces postes ont servi : 68% des Premières Nations (423 sur 619). La cible était que 80% des Premières Nations soient servies par un coordonnateur de la gestion des urgences en 2023-2024.
Les coordonnateurs partagés de la gestion des urgences n'ont peut-être pas toujours fourni des services suffisamment approfondis
L'évaluation a montré que si les coordonnateurs de la gestion des urgences employés par les conseils tribaux ou les organisations régionales disposaient d'une certaine souplesse pour accroître la couverture des communautés, ils ne fournissaient pas nécessairement le niveau de service requis. Il a été mentionné lors de nombreuses discussions que sans un coordonnateur dédié dans chaque communauté, des responsabilités essentielles en matière de gestion des urgences auraient pu être négligées.
Lors d'une discussion, un membre du personnel de SAC a indiqué que la combinaison de l'augmentation des risques d'urgence due aux changements climatiques, et de la nature du financement des initiatives de préparation et d'atténuation non structurelle (PANS), lequel est basé sur des propositions, exacerbait les risques pour les Premières Nations si elles ne disposaient pas d'un coordonnateur capable de développer la gestion des urgences de manière globale dans leur communauté :
« Les Premières Nations doivent donc présenter une demande de financement pour des projets de préparation aux urgences sur une base annuelle, si leur travail est admissible au titre des conditions générales. Mais nous n'avons pas de soutien pour les programmes permanents de gestion des urgences dans les communautés des Premières Nations et vous savez, comme nous le disons, les changements climatiques et la fréquence et la gravité des risques naturels, des événements, des feux de forêt et des inondations continuent d'augmenter et les Premières Nations continuent d'être touchées de manière disproportionnée, mais elles n'ont pas la capacité d'avoir du personnel de programme à temps plein pour soutenir leur préparation et leurs interventions. »
En outre, des représentants des Premières Nations ont mentionné dans quelques discussions qu'un coordonnateur dédié peut favoriser une adhésion et une impulsion dans la gestion des urgences, par exemple en incitant les membres de la communauté ainsi que le chef et les membres du conseil à s'inscrire à des formations liées à la gestion des urgences. Dans quelques discussions, l'adhésion de la communauté a été désignée comme essentielle au développement de la gestion des urgences.
Les Premières Nations et les conseils tribaux ont rencontré des difficultés pour recruter et maintenir en poste des coordonnateurs de la gestion des urgences
Même avec un financement pour l'embauche de coordonnateurs de la gestion des urgences, des problèmes de recrutement et de maintien en poste ont été signalés lors de plusieurs discussions. Les Premières Nations et les conseils tribaux ont fait état d'une grande variété de difficultés pour le recrutement de coordonnateurs expérimentés et formés. Chacune des difficultés suivantes a été mentionnée dans quelques discussions :
- Les Premières Nations ou les conseils tribaux n'ont pas tous été en mesure d'offrir un salaire compétitif et stable, en particulier ceux qui se trouvent dans des communautés nordiques ou éloignées où le coût de la vie peut être élevé.
- Une formation exhaustive en gestion des urgences n'est pas offerte dans toutes les régions, et c'est pourquoi l'offre de coordonnateurs formés ne permettait pas de répondre à la demande.
- Il manque de logements pour les nouvelles recrues.
En plus des difficultés de recrutement, plusieurs discussions ont révélé que les coordonnateurs subissent du stress et des traumatismes de façon intense et fréquente lorsqu'ils gèrent des urgences. L'épuisement professionnel était un thème récurrent et menace le maintien en poste du personnel.
Les agents subissent des traumatismes en permanence. Les premiers intervenants autochtones sont d'autant plus traumatisés qu'ils ne cessent d'intervenir auprès de leurs proches et de leurs amis. Ce traumatisme est également accru par le fait qu'ils doivent continuellement passer en voiture devant les lieux de la communauté où ils ont répondu à des appels.
Constatation 5 : Bien qu'ils ne soit pas suffisants, les projets financés dans le cadre du programme Intelli-feu et des initiatives de préparation et d'atténuation non structurelle (PANS) ont permis d'améliorer la préparation des Premières Nations aux situations d'urgence
Les projets financés dans le cadre des composantes PANS et Intelli-feu ont permis de renforcer les capacités des Premières Nations en matière de préparation et d'atténuation
L'évaluation a permis de constater que les projets de PANS et Intelli-feu avaient un effet de changement. Plusieurs discussions, quelques réponses au sondage et certains rapports des bureaux régionaux de SAC ont indiqué qu'avec ces projets, les Premières Nations ont pu cerner leurs vulnérabilités grâce à des évaluations des risques, et ont pu déterminer les possibilités d'atténuer les effets des dangers grâce à des études et des plans d'atténuationNote de bas de page 28. Lors de quelques discussions avec des prestataires de services, il a été mentionné que le financement des projets Intelli-feu avait permis de réduire certains effets négatifs des feux de forêt grâce aux brûlages dirigés, à l'éclaircissement des forêts, à la gestion de la végétation et à l'élimination des combustibles de surface. Ces prestataires de services ont également mentionné les avantages du financement de la formation des personnes (y compris des pompiers) dans les domaines de l'allumage au sol, de la lutte contre les feux de forêt et en tant que représentants locaux du programme Intelli-feu.
De nombreuses discussions avec des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, des membres du personnel de SAC et des prestataires de services ont révélé que, grâce aux activités financées par la composante PANS, les Premières Nations ont amélioré leurs capacités à participer à une intervention d'urgence menée par des prestataires de services. L'évaluation a également permis de constater, lors de plusieurs discussions, que les Premières Nations ont utilisé les fonds de la composante PANS pour renforcer leur capacité à diriger des éléments d'intervention en cas d'urgence ou d'évacuation. Les rapports des bureaux régionaux de SACNote de bas de page 29 ont également confirmé cette information en soulignant ce que la composante PANS a financé :
- une introduction à la gestion des urgences et aux partenaires pertinents dans la province ou le territoire;
- l'élaboration de plans de gestion des urgences;
- la formation sur le système de commandement d'interventionNote de bas de page 30;
- des exercices basés sur des scénarios;
- la mobilisation communautaire;
- des formations et des scénarios;
- l'élaboration de plans d'évacuation;
- de l'équipement et des trousses (comme de l'équipement de communication d'urgence et des trousses pour un centre d'opérations d'urgence).
Pleins feux 4 : Les PANS contribuent aux services dirigés par les Premières Nations en Ontario
Selon le rapportNote de bas de page (\d+) produit par les employés régionaux de SAC, certaines communautés et organisations des Premières Nations en Ontario ont utilisé le financement accordé dans le cadre des projets d'atténuation non structurelle (PANS) pour faire ce qui suit :
- mettre sur pied des équipes de sécurité et de protection dirigées par des Autochtones pour aider et protéger les résidents des Premières Nations lorsqu'ils sont évacués vers des communautés d'accueil;
- mettre sur pied une équipe d'intervention rapide déployable dirigée et exploitée par des Autochtones pour fournir une aide sur le terrain;
- établir un centre autochtone des opérations d'urgence et le doter en personnel pour fournir des services de commandement, de contrôle et d'échange d'information en cas d'urgence.
Le financement consacré aux mesures de préparation et d'atténuation non structurelle et aux projets Intelli-feu est resté relativement constant
La figure 6 montre qu'après une augmentation du financement et la création d'Intelli-feu en 2018-2019, les dépenses combinées pour les projets de PANS et Intelli-feu sont demeurées assez constantes au cours de la période évaluée.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 6. Dépenses pour les projets de PANS et Intelli-feu de 2017-2018 à 2023-2024
- 2017 – 2018: $16.8M
- 2018 – 2019: $31.5M
- 2019 – 2020: $25.7M
- 2020 – 2021: $25.6M
- 2021 – 2022: $27.6M
- 2022 – 2023: $28.2M
- 2023 – 2024: $7M
Le PAGU n'a pas atteint sa cible consistant à fournir du financement de PANS à 70 % des communautés des Premières Nations au cours des deux années précédentes
Pour aider les Premières Nations à renforcer leur capacité de préparation et d'atténuation, le PAGU visait à accroître la portée du programme. Comme le montre la figure 7, le PAGU n'a pas atteint sa cible de rendement pour 2019-2020, à savoir que 70 % des communautés des Premières Nations ont reçu du financement pour mettre en œuvre des mesures de préparation aux urgences ou des mesures d'atténuation non structurelle au cours des deux années précédentes. Le pourcentage réel allait de 46 % à 67 % au cours de la période évaluée.
*Remarque : Le PAGU a retiré cet indicateur et a cessé de fournir des chiffres à ce sujet en 2022-2023.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 14 janvier 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 7. Pourcentage de communautés des Premières Nations ayant reçu des fonds pour mettre en œuvre des mesures de préparation aux urgences ou des mesures d'atténuation non structurelle au cours des deux années précédentes
La cible est de 70%
- 2017 – 2018: 46%
- 2018 – 2019: 63%
- 2019 – 2020: 49%
- 2020 – 2021: 56%
- 2021 – 2022: 67%
- 2022 – 2023: 58%
SAC n'a pas conservé d'ensemble de données consolidé sur les communautés qui soumettent des propositions et à quelles fins, par rapport aux communautés qui reçoivent finalement des fonds. De même, lors de quelques discussions, des représentants des Premières Nations ont indiqué qu'ils ne recevaient généralement pas de raison lorsque leurs propositions étaient rejetées. Il est donc difficile de comprendre pourquoi cette cible n'a jamais été atteinte.
Ce que l'on sait, c'est que le programme a été constamment sursouscrit, c'est-à-dire qu'il n'y avait peut-être pas assez de fonds disponibles pour couvrir le nombre ciblé de communautés. Cependant, il existe d'autres explications possibles. Par exemple, comme nous le verrons plus loin dans la constatation 16, les communautés n'avaient peut-être pas toutes la capacité d'élaborer des propositions.
Le financement des projets de PANS et Intelli-feu a laissé des lacunes
L'évaluation a révélé que les Premières Nations, les conseils tribaux et les organisations des Premières Nations utilisaient autant que possible les fonds des composantes PANS et Intelli-feu pour se préparer aux urgences. Toutefois, ces sources de financement n'augmentent pas, et les fonds ont été entièrement dépensés chaque année.
« Le risque évolue, mais les mesures que nous prenons sont largement limitées par les ressources. Je ne vois aucune nuance à [Intelli-feu] par rapport aux changements climatiques. »
Dans plus de la moitié des discussions, des représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux, des membres du personnel de SAC et des prestataires de services ont indiqué qu'ils éprouvaient des difficultés à se préparer aux urgences parce que le financement n'était pas toujours disponible. Les priorités les plus fréquemment mentionnées (dans quelques discussions chacune) que les Premières Nations n'ont pas pu soutenir sont les suivantes :
- acquérir les compétences nécessaires pour intervenir en cas d'événement (par des formations et des scénarios);
- élaborer des évaluations des dangers, des risques et des vulnérabilités et des plans de gestion des urgences;
- acquérir l'équipement nécessaire pour intervenir de manière sécuritaire et adéquate en cas d'événement à haut risque (par exemple, de l'équipement de lutte contre les feux de forêt).
Les lacunes dans le financement et les priorités des Premières Nations en matière de gestion des urgences ont été abordées plus en détail dans la constatation 1.
Constatation 6 : Le financement pour l'intervention et le rétablissement a augmenté au fil du temps et semble suffisamment flexible pour répondre aux besoins propres à chaque situation. Toutefois, comme les Premières Nations ont des perceptions différentes à l'égard du niveau de soutien qu'elles reçoivent, il est nécessaire de mieux préciser les dépenses admissibles
L'augmentation des fonds affectés à l'intervention et au rétablissement reflète les besoins croissants
Les dépenses du PAGU pour l'intervention et le rétablissement ont été sans précédent en 2023-2024, passant de 266,3 millions de dollars en 2022-2023 à 509,1 millions de dollars en 2023-2024. Ces dépenses sans précédent sont possibles parce que le PAGU est responsable de soutenir les Premières Nations pendant et après les urgences et qu'il a été en mesure d'obtenir les fonds nécessaires pour répondre aux besoins croissants des Premières Nations.
La figure 8 montre que depuis 2020-2021, le PAGU verse un montant croissant aux prestataires de services pour les activités d'intervention.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 8. Dépenses d'intervention, de 2017-2018 à 2023-2024
Ajusté en fonction de l'inflation (2023 IPC)
Non ajusté :
- 2017 – 2018: $7.5M
- 2018 – 2019: $58.7M
- 2019 – 2020: $108M
- 2020 – 2021: $31.1M
- 2021 – 2022: $78M
- 2022 – 2023: $189.6M
- 2023 – 2024: $369.5M
La figure 9 ci-dessous montre qu'au cours de la période d'évaluation, les dépenses de rétablissement ont été beaucoup plus élevées en 2023-2024.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 9. Dépenses de rétablissement, de 2017-2018 à 2023-2024
Ajusté en fonction de l'inflation (2023 IPC)
Non ajusté :
- 2017 – 2018: $27.6M
- 2018 – 2019: $70.7M
- 2019 – 2020: $71.6M
- 2020 – 2021: $38.3M
- 2021 – 2022: $76.5M
- 2022 – 2023: $76.7M
- 2023 – 2024: $169.6M
Il convient de noter que, même si SAC a réussi à obtenir le financement supplémentaire demandé au cours de la période évaluée, l'évaluation permet de reconnaître que le processus annuel par lequel le PAGU obtient ce financement pour l'intervention et le rétablissement est demandant sur le plan administratif et peut mettre le Ministère en péril si la demande est refusée. Des demandes de financement supplémentaire sont nécessaires parce que le financement de base du PAGU ne couvre pas ses dépenses. La figure 10 ci-dessous montre que le PAGU a dû faire appel à du financement supplémentaire chaque année au cours de la période évaluée pour couvrir de 52 % à 81 % de ses dépenses d'intervention et de rétablissement.
*Remarque : De 2017-2018 à 2021-2022, le financement de base était de 29 millions de dollars par an et de 2022-2023 à 2023-2024, il était de 128 millions de dollars par an.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 17 avril 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 10. Dépenses annuelles et financement de base pour l'intervention et le rétablissement, d'avril 2017 à mars 2024
| Années | Dépenses annuelles et financement de base pour l'intervention et le rétablissement | Pourcentage des dépenses annuelles non couvertes par le financement de base |
|---|---|---|
| 2017 – 2018 | 103M $ | 72 % |
| 2018 – 2019 | 129M $ | 76 % |
| 2019 – 2020 | 180M $ | 84 % |
| 2020 – 2021 | 69M $ | 58 % |
| 2021 – 2022 | 155M $ | 81 % |
| 2022 – 2023 | 266M $ | 52 % |
| 2023 – 2024 | 509M $ | 75 % |
Plus de la moitié des répondants au sondage ont déclaré que le financement du PAGU aidait pleinement les Premières Nations à intervenir en cas d'urgence et à s'en rétablir par la suite
Parmi les représentants de la gestion des urgences interrogés, 71 % (32 sur 45) étaient d'accord pour dire que le PAGU soutenait leurs forces et leurs priorités en matière d'intervention. Parmi les répondants au sondage, 58 % (26 sur 45) sont d'accord pour dire que le PAGU soutenait leurs activités de rétablissement, tandis que 27 % (12 sur 45) n'étaient ni d'accord ni en désaccord.
Le financement de l'intervention et du rétablissement a facilité une variété d'interventions en cas d'urgence
Dans l'ensemble, l'évaluation a montré que l'exhaustivité et la flexibilité du financement d'intervention du PAGU ont permis de nombreuses interventions ciblées, adaptées aux besoins découlant de la situation. Les prestataires de services ont indiqué dans le cadre de l'évaluation qu'ils étaient en mesure d'acheter, de coordonner ou de fournir des services et des fournitures pour aider les Premières Nations à s'abriter sur place, à se déplacer temporairement vers des lieux sûrs situés à proximité ou à évacuer vers une autre Première Nation ou une autre municipalité. Pour les activités de mise à l'abri sur place, l'achat d'équipement comme des purificateurs d'air et des génératrices a été mentionné lors de quelques discussions. Dans le cas des évacuations, les prestataires de services ont indiqué, lors de quelques discussions, avoir assuré ou coordonné le transport en provenance et à destination d'une communauté, l'hébergement, la nourriture, la sécurité des personnes évacuées ainsi que des services sociaux.
Pleins feux 5 : Assurer la sécurité des personnes évacuées
Dans plusieurs discussions, les répondants ont indiqué que le financement des interventions du PAGU a été utilisé pour permettre aux évacués de rester dans les centres urbains. Un fournisseur de services a indiqué qu'il embauchait des agents de sécurité dans les hôtels pour protéger les personnes évacuées. Le fournisseur de services a appris que les évacués des communautés des Premières Nations ont été ciblés par des criminels urbains qui tentent de profiter d'eux en les recrutant ou en leur vendant des drogues illégales. Le fournisseur de services a indiqué que les agents de sécurité arrêtent et découragent les personnes mal intentionnées d'entrer dans l'hôtel ou dans la zone des chambres.
Dans quelques discussions, les répondants ont souligné la menace posée par les criminels et la méconnaissance des zones urbaines. Par conséquent, ils explorent d'autres sites d'évacuation possibles, comme les territoires d'autres Premières Nations.
Parallèlement, quelques représentants des Premières Nations ont signalé que leurs dépenses n'étaient pas toutes admissibles, et que le manque de clarté sur ce qui constituait des dépenses admissibles a créé des risques pour eux (ainsi que les retards de remboursement dont il est question dans la constatation 16). Lors de quelques discussions, des membres du personnel de SAC ont souligné que la flexibilité des lignes directrices sur l'admissibilité au PAGU permettait le remboursement d'une grande variété de dépenses. Toutefois, un employé régional de SAC a estimé qu'en raison de l'étendue des lignes directrices sur l'admissibilité, il était difficile pour les communautés de savoir à quoi elles avaient droit dans le cadre du PAGU en cas d'évacuation. L'employé de SAC a indiqué qu'il a dû lui-même demander des éclaircissements au personnel de l'administration centrale pour interpréter les lignes directrices. Les préoccupations liées au manque de clarté quant à l'admissibilité des dépenses ont également été reflétées dans la recommandation 8 du rapport de 2018 du Comité permanent des affaires autochtones et du Nord, intitulé Naître des cendres : réinventer la sécurité-incendie et la gestion des urgences dans les collectivités autochtones.
Constatation 7 : Les personnes évacuées retournaient chez elles ou prévoyaient de le faire dans les délais prévus
Pour suivre les progrès réalisés en vue d'atteindre le résultat final « Les communautés des Premières Nations ont renforcé leurs capacités d'intervention et de rétablissement », le PAGU a mesuré le pourcentage des personnes évacuées qui sont retournées chez elles ou qui ont une date de retour prévue dans les deux ans suivant leur évacuation. Comme le montre la figure 11, le PAGU était en bonne voie d'atteindre sa cible de 2025-2026, à savoir que 100 % des personnes évacuées à long terme sont rentrées chez elles ou ont une date de retour prévue dans les deux ans suivant leur évacuationNote de bas de page 31.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 14 janvier 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 11. Pourcentage des personnes évacuées à long terme qui sont rentrées chez elles ou dont la date de retour est prévue dans les deux ans suivant leur évacuation
- 2017 – 2018: 99 %
- 2018 – 2019: 96 %
- 2019 – 2020: 93 %
- 2020 – 2021: 100 %
- 2021 – 2022: 97 %
Les membres du personnel du PAGU ont indiqué à l'équipe d'évaluation avoir conscience que le rendement mesuré par cet indicateur ne reflétait pas entièrement les progrès accomplis par le programme pour aider les communautés des Premières Nations à accroître leurs capacités d'intervention et de rétablissement. Tant le personnel de SAC que les répondants des Premières Nations ont fait remarquer qu'il y a toute une série de facteurs à prendre en compte pour une évacuation réussie, et que le retour dans la communauté n'est qu'un aspect de la question. C'est pourquoi, à la fin de la période évaluée, le PAGU avait commencé à travailler pour remplacer cet indicateur.
Constatation 8 : Le personnel de SAC et le financement pour la mobilisation contribuent à l'établissement d'ententes multilatérales de services de gestion des urgences, mais les cibles fixées par le PAGU n'ont pas été atteintes
Les représentants de SAC ont travaillé avec les Premières Nations et les prestataires de services pour faire avancer les discussions en vue d'établir des ententes multilatérales
Selon les responsables du PAGU, SAC s'oriente vers l'établissement d'ententes multilatérales pour des services de gestion des urgences dans un esprit de réconciliation et dans une optique de transfert de services. SAC déploie ces efforts dans chaque province et territoire où l'on trouve des Premières Nations dans des réserves. Des représentants du Ministère ont indiqué que l'établissement de ces ententes passait par la mobilisation des Premières Nations en tant que partenaires à part entière et sur un pied d'égalité pour décider des services et du soutien qu'elles reçoivent des administrations compétentes et d'autres organisations non gouvernementales. Des documents internes de SACNote de bas de page 33 indiquent que les efforts déployés par le personnel du Ministère et le financement de la mobilisation des Premières Nations dans certaines provinces et certains territoires avaient permis :
- d'introduire le concept d'ententes multilatérales;
- de présenter les différents partenaires de la gestion des urgences dans une province ou un territoire;
- de fournir des fonds aux Premières Nations pour qu'elles élaborent une vision de la gestion des urgences et une voie de discussionNote de bas de page 34;
- d'établir des groupes de travail et des engagements à collaborer;
- de fournir des fonds à des prestataires de services dirigés par des Premières Nations pour qu'ils élargissent leur offre de servicesNote de bas de page 35;
- d'établir un modèle de gouvernance qui définit les rôles et les responsabilités.
La figure 12 ci-dessous montre qu'au cours des premières années de la pandémie de COVID-19, les dépenses consacrées à la mobilisation multilatérale ont diminué pour atteindre 0 $Note de bas de page 36. Le financement a repris en 2022-2023, parallèlement à la formation d'une équipe dédiée à l'administration centrale pour faire avancer ces discussions, avec l'aide des équipes régionales de SAC.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 20 février 2025
Équivalent textuel pour le graphique Figure 12. Dépenses pour la mobilisation sur des ententes multilatérales, de 2019-2020 à 2023-2024
- 2019 – 2020: 750 000 $
- 2020 – 2021: 40 000 $
- 2021 – 2022: 0 $
- 2022 – 2023: 1 003 000 $
- 2023 – 2024: 70 000 $
Les progrès accomplis pour atteindre la cible à court terme concernant l'élaboration d'ententes multilatérales ne sont pas clairs, et la cible à plus long terme semble en voie de ne pas être atteinte
En ce qui concerne la mobilisation en vue d'établir des ententes multilatérales sur les services de gestion des urgences, l'indicateur de rendement du programme porte sur le pourcentage de provinces et de territoires où les Premières Nations participent activement aux discussions en vue de conclure des ententes multilatérales sur les services de gestion des urgences. Comme l'ont indiqué les responsables du PAGU, la figure 13 montre qu'à la fin de la période évaluée, les Premières Nations de 75 % (9 sur 12) des provinces et territoires concernés participaient activement à ces discussions (notons qu'il n'y a pas de communautés des Premières Nations au Nunavut et que ce dernier n'est donc pas compris). La cible visée par le PAGU pour cet indicateur n'était cependant pas exprimée dans les mêmes unités de mesure que l'indicateur (c'est-à-dire les provinces et les territoires), mais consistait plutôt à ce que 83 % des Premières Nations participent activement aux discussions en vue de la conclusion d'ententes multilatérales sur les services de gestion des urgences d'ici avril 2021. Comme le programme n'a pas recueilli de données à l'échelle des Premières Nations, les progrès réalisés pour atteindre cette cible telle qu'elle a été définie à l'origine ne sont pas clairs.
À plus long terme, le programme visait à ce que 47 % des communautés soient visées par des ententes multilatérales sur les services de gestion des urgences d'ici avril 2025. Toutefois, à la fin de la période évaluée, aucune entente n'avait encore été établie.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC, 31 janvier 2025
*Remarques :
- Le Nunavut n'est pas compris dans le graphique ci-dessus, car il n'y a pas de communautés des Premières Nations dans ce territoire.
- On considère que les Premières Nations d'une province ou d'un territoire « participent activement aux discussions » lorsqu'elles ont accepté de mener des discussions formelles ou informelles.
Équivalent textuel pour le graphique Figure 13. Progrès réalisés en date de septembre 2023 dans chaque région en vue d'établir une entente multilatérale
Début des efforts préalables à la mobilisation :
- Territoires de Nord-Ouest (dirigé par RCAANC)
Efforts de sensibilisation initiés par SAC:
- Yukon
- Québec
Participation active aux discussions :
- Colombie-Britannique
- Alberta
- Saskatchewan
- Manitoba
- Ontario
- Nouveau-Brunswick
- Île de Prince Edward
- Nouvelle-Écosse
- Terre-Neuve-et-Labrador
Constatation 9 : Lors de l'établissement de ces ententes multilatérales, les facteurs facilitants et les obstacles doivent être pris en compte
Lors de nombreuses discussions, des membres du personnel de SAC ont indiqué que les cibles de rendement de SAC pour l'établissement d'ententes de services multilatérales étaient peut-être trop ambitieuses, compte tenu du temps et des efforts considérables nécessaires aux partenaires pour renforcer leurs capacités, établir des relations et élaborer une vision commune.
Il est essentiel que les ententes multilatérales soient flexibles et puissent être adaptées à des visions différentes
L'évaluation a permis de constater lors de plusieurs discussions que les ententes multilatérales devaient tenir compte des différentes visions des Premières Nations concernant l'avenir de la gestion des urgences. Comme le montre la figure 12 ci-dessus, SAC a fourni des fonds aux Premières Nations, aux conseils tribaux ou à d'autres organisations à différents endroits afin d'accroître leur capacité à participer à des discussions multilatérales et à la mobilisation communautaire. Les répondants ont mentionné que les différences entre les objectifs des Premières Nations peuvent être influencées par des facteurs comme leur capacité et leur intérêt à mener des activités de gestion des urgences, leur satisfaction à l'égard des services reçus précédemment, et le fait qu'elles perçoivent le transfert de services davantage comme un transfert de responsabilité (auquel cas elles ne sont pas intéressées). Lors de nombreuses discussions, des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont fait part de leur intention de renforcer leur autonomie en matière de gestion des urgences, tandis que d'autres ont établi des relations avec des prestataires de services pour les soutenir.
« Chaque Première Nation ou conseil tribal sera différent dans sa manière de se gouverner et la manière dont il veut gouverner. »
Un répondant a indiqué qu'une région veille à ce que son entente multilatérale tienne compte des différentes préférences des Premières Nations concernant le rôle et le degré de participation des Premières Nations et des prestataires de services en cas d'urgence. La personne a indiqué que l'entente contient un élément « de base » que toutes les Premières Nations acceptent, ainsi que des annexes qui définissent des considérations propres à une Première Nation ou à un groupe de Premières Nations.
Les bonnes personnes doivent participer aux discussions multilatérales
Lors de plusieurs discussions, des membres du personnel de SAC ont souligné l'importance de déterminer qui est autorisé à parler au nom des Premières Nations et qui est en mesure de s'engager à consacrer le temps nécessaire à la participation. Lors de quelques discussions avec des représentants des Premières Nations, ceux-ci ont souligné l'importance de faire participer à la fois les personnes qui représentent les dirigeants des Premières Nations et celles qui connaissent le contexte de la gestion des urgences, ce qui, selon eux, n'est pas toujours le cas.
SAC a fourni des fonds aux Premières Nations, aux conseils tribaux ou à d'autres organisations avant d'engager des discussions afin de s'assurer que toutes les parties disposent de capacités suffisantes. Notamment, les coordonnateurs de la gestion des urgences peuvent être des acteurs clés dans les discussions multilatérales, ce qui souligne encore l'importance de ces postes, comme l'indique la constatation 4.
Les discussions en vue d'établir des ententes multilatérales peuvent favoriser les possibilités de collaboration entre les Premières Nations, les conseils tribaux et les organisations dirigées par les Premières Nations
L'évaluation a montré que les discussions multilatérales offrent la possibilité de clarifier et de définir les rôles et les responsabilités des différents partenaires travaillant dans le domaine de la gestion des urgences. De plus amples renseignements sur la nécessité de préciser les rôles et les responsabilités sont présentés dans la constatation 17.
Quelques répondants au sondage et plusieurs discussions avec des représentants des Premières Nations ou des conseils tribaux ont indiqué que la collaboration entre les Premières Nations était essentielle pour éviter les doubles emplois et combler les lacunes en matière de capacités. Par exemple, il est ressorti de quelques discussions que les conseils tribaux et les prestataires de services dirigés par des Premières Nations sont souvent en mesure de servir plusieurs communautés avec un bon rapport coût-efficacité ou de fournir un soutien supplémentaire en matière de gestion des urgences aux Premières Nations de plus petite taille. Dans le même ordre d'idées, plusieurs discussions et un répondant au sondage ont mis en évidence les avantages possibles de l'utilisation des organisations régionales existantes ou de la création de nouvelles tables régionales pour la gestion des urgences des Premières Nations. Il a été mentionné que, grâce à cette approche régionale, les Premières Nations peuvent combler les lacunes en matière de capacités, coordonner et partager les responsabilités, faciliter des décisions de financement plus appropriées et défendre conjointement les intérêts des communautés.
Afin de garantir une approche holistique de la gestion des urgences (au-delà de la portée du PAGU), des membres du personnel de SAC ont également suggéré lors de plusieurs discussions d'inclure d'autres organismes provinciaux ou territoriaux, d'autres programmes de SAC et d'autres ministères fédéraux aux ententes multilatérales. Ils ont mentionné que ce serait une occasion pour les gouvernements d'engager des fonds pour soutenir les priorités de gestion des urgences des Premières Nations, y compris les questions prioritaires comme les changements climatiques, la santé publique, les infrastructures et la sécurité des communautés.
Le soutien variable des gouvernements provinciaux ou territoriaux peut constituer un obstacle à l'établissement d'ententes multilatérales.
Les provinces et les territoires sont des prestataires de services essentiels et devraient participer aux discussions sur les ententes multilatérales. Il a été mentionné lors de quelques discussions avec des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux que certains gouvernements provinciaux ou territoriaux n'étaient pas favorables au transfert de leurs responsabilités en matière de gestion des urgences aux Premières Nations, aux prestataires de services dirigés par des Premières Nations ou aux conseils tribaux.
10 Constatations sur la pertinence du PAGU
L'évaluation portait sur la pertinence du PAGU, et plus particulièrement sur la mesure dans laquelle le PAGU et le FSCA prenaient en compte et soutenaient les priorités et les forces des partenaires des Premières Nations. En particulier, les questions auxquelles l'évaluation a tenté de répondre sont les suivantes :
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA prenaient-ils en compte et soutenaient-ils les priorités et les forces des partenaires des Premières Nations, y compris des personnes aux identités diverses et intersectionnelles?
- Dans quelle mesure les services fournis dans le cadre du PAGU étaient-ils culturellement appropriés?
L'évaluation a montré que, dans l'ensemble, le PAGU a supporté les prestation de services axés sur la culture ; et bien qu'il ait également aidé les communautés à soutenir leurs propres priorités par un soutien ciblé aux groupes prioritaires, il est nécessaire de mieux comprendre l'incidence du PAGU sur les populations vulnérables.
Constatation 10 : Bien que l'impact du programme sur les groupes prioritaires doive être mieux mesuré, le PAGU peut soutenir les communautés afin qu'elles puissent donner la priorité aux populations vulnérables
Les Premières Nations ont donné la priorité à l'aide aux plus vulnérables en situation d'urgence
Le sondage de l'évaluation a révélé que plus de deux tiers (68 %, soit 29 sur 43) des personnes interrogées étaient d'accord pour dire que le financement et les services du PAGU contribuaient à prendre en compte les forces et les priorités des différents groupes. De nombreuses discussions ont révélé que les dirigeants des communautés accordaient la priorité au soutien des personnes handicapées, des Aînés, des enfants et des familles, des jeunes, des membres de la communauté 2ELGBTQIA+ et des personnes souffrant de dépendances, et que ces priorités étaient soutenues par le personnel régional de SAC et par les prestataires de services.
Il a été mentionné lors de quelques discussions que, pour appuyer les efforts ciblant les groupes prioritaires, les communautés ont établi des priorités pendant les exercices de planification et de préparation pour déterminer quelles personnes seraient évacuées et à quel moment, ou quelles personnes recevraient le plus d'attention en cas d'urgence. Souvent, les groupes prioritaires étaient les Aînés, les familles avec de jeunes enfants et les personnes souffrant de problèmes de santé. Le niveau de priorité suivant était celui des autres membres de la communauté, suivi du chef et du conseil et enfin de l'équipe d'intervention d'urgence.
Il est nécessaire de clarifier davantage le rôle et l'incidence du PAGU en ce qui concerne le soutien aux populations vulnérables
Au cours de la période évaluée, le PAGU n'avait pas de système pour recueillir des données désagrégées auprès des prestataires de services au sujet des personnes évacuées et de leurs expériences lors d'une intervention d'urgence.
Bien que les répondants autochtones au sondage et les participants aux discussions aient indiqué que les bureaux de SAC soutenaient leurs priorités en cas d'urgence, quelques discussions ont révélé que des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux n'étaient pas en mesure d'aider les personnes handicapées à se préparer aux urgences. Par exemple, un représentant a fait part de son incapacité à acheter un dispositif d'alerte vibratoire pour une personne sourde ou à construire une rampe d'accès pour une personne en fauteuil roulant, le personnel de SAC ayant jugé ces demandes inadmissibles au PAGU parce qu'elles soutiendraient une personne plutôt qu'une communauté.
Leçon 3 – Fonds de soutien aux communautés autochtones (FSCA) : Les Premières Nations ayant eu une expérience positive avec le FSCA, de nouvelles attentes ont été créées pour les besoins actuels qui ne sont pas comblés.
Dans la plupart des discussions, le personnel de SAC a indiqué que le financement du FSCA semblait suffisant pour répondre aux besoins des Premières Nations. Quelques représentants des Premières Nations et quelques répondants au sondage ont également indiqué que le financement était suffisant et utile. De même, selon le sondage d'évaluation, 70 % (22 sur 31) des répondants étaient d'accord pour dire que le financement du FSCA appuyait les forces et les priorités de leur communauté.
Plus de la moitié des discussions avec le personnel de SAC et quelques réponses au sondage ont également révélé que les Premières Nations ont utilisé les fonds du FSCA pour répondre aux besoins non satisfaits des populations vulnérables au sein de leurs communautés. L'évaluation a permis de constater que malgré le fait que la pandémie a exacerbé les besoins des communautés en matière de santé mentale et de soutien aux membres vulnérables, d'importants besoins existaient avant la pandémie et n'ont été satisfaits que lorsque des fonds ont été accordés au titre du FSCA. Selon la majorité des discussions avec le personnel de SAC et quelques réponses au sondage, la réduction du financement au titre du FSCA, à la fin de la pandémie, a fait ressortir la disparité entre le financement offert par SAC et les besoins continus des communautés. À titre d'exemple, des membres du personnel de SAC ont indiqué que les besoins préexistants mais non satisfaits des Premières Nations en matière de sécurité alimentaire et de sécurité du périmètre étaient satisfaits par le FSCA, mais que, depuis la fin de la pandémie, ils ne sont plus soutenus dans la même mesure. Un membre du personnel de SAC a indiqué que plusieurs initiatives de mieux-être mental avaient été créées dans sa région grâce au financement du FSCA, mais que puisque ce dernier a pris fin, il n'y aura peut-être plus de source de financement pour les poursuivre.
Constatation 11 : L'appui à l'autodétermination des Premières Nations permet de fournir des services efficaces et adaptés à la culture
Le contrôle par les Premières Nations de leurs propres services de gestion des urgences favorisait l'adaptation à la culture et la concordance avec les priorités et les besoins des communautés.
SAC s'est engagé à améliorer les services de gestion des urgences et à transférer le contrôle des programmes de gestion des urgences aux partenaires des Premières NationsNote de bas de page 37. Il a été mentionné au cours de nombreuses discussions que lorsque les Premières Nations ont le contrôle de la gestion de leurs urgences, elles sont les mieux placées pour soutenir leurs propres priorités et répondre à leurs propres besoins, en veillant à ce que les solutions soient adaptées à la culture et planifiées efficacement dans le respect des connaissances locales. Dans le cadre de nombreuses discussions menées par les évaluateurs, l'autodétermination a été désignée comme le principal facteur favorisant des services qui priorisent et intègrent les considérations culturelles. Les personnes interrogées ont mentionné des expressions particulières de l'autodétermination qui ont facilité la prestation de services adaptés à la culture, notamment :
- l'influence des Premières Nations sur la conception et tout au long de la prestation des services par une tierce partie;
- la sélection des prestataires de services par les Premières Nations;
- la prestation des services par les Premières Nations elles-mêmes ou par d'autres organisations des Premières Nations.
« [Ce qui rend les services de gestion des urgences appropriés du point de vue culturel, c'est] le fait qu'ils soient offerts par des membres des Premières Nations et qu'ils soient adaptés à l'expérience et à l'expertise des agents, lesquels adoptent une approche « sur le terrain ». Ils s'appuient sur les expériences vécues, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la salle de classe. »
Des exemples de services adaptés à la culture qui ont été reçus ont été mentionnés lors de plusieurs discussions. Ces services comprenaient les langues et les pratiques traditionnelles ou cérémonielles autochtones, par exemple :
- la purification par la fumée;
- la participation des Aînés;
- des joueurs de tambours au début d'une opération;
- l'offre d'aliments culturels.
Lors de quelques discussions, des participants ont indiqué que les services adaptés à la culture nécessitent une approche holistique de la gestion des urgences qui comprend des mesures de soutien en santé mentale, la reconnaissance des traumatismes du passé et l'intégration des connaissances et des méthodes traditionnelles des Premières Nations. Enfin, des membres du personnel de SAC ont mentionné dans quelques discussions que l'évacuation des membres vers d'autres territoires autochtones, plutôt que vers un grand centre de population, était une autre façon de favoriser des services et des expériences adaptés à la culture.
« [Lorsque nous avons accueilli des personnes évacuées], un homme a demandé s'il pouvait fumer du poisson et nous lui avons répondu : « D'accord, de quoi avez-vous besoin pour fumer votre poisson? » Ça ne fait pas partie de nos pratiques traditionnelles ici [...]. Nous avons trouvé ce dont il avait besoin sur Facebook et lorsqu'il est revenu de la pêche, il nous a appris à fumer le poisson. Nous avons fait la même chose lorsque des personnes ont demandé s'ils pouvaient sécher de la viande. Lorsqu'elles sont revenues de la chasse, elles ont appris à un groupe d'enfants comment nettoyer, préparer et sécher correctement la viande. »
Les services qui n'étaient pas adaptés à la culture ont eu une incidence négative sur les expériences des Premières Nations
Lorsque les Premières Nations ne contrôlent pas leurs services de gestion des urgences, cela peut exacerber les traumatismes liés aux urgences. Dans quelques discussions, des Autochtones ont indiqué que les services qu'ils avaient reçus n'étaient pas adaptés à leur culture. Ces services ont souvent été fournis par des prestataires de services qui n'ont pas fait participer les Premières Nations à leur planification ou lors de la prestation d'un service en situation d'urgence.
« Ils [des Aînés] nous ont parlé de la protection des terres sacrées. La province considère que la lutte contre les incendies vise à protéger la vie et les biens, mais elle ne tient pas compte des impacts culturels et sociaux. Elle ne voit pas la lutte contre les incendies sous l'angle de la gestion des terres. »
Une discussion a permis d'obtenir un exemple de service qui réactive les traumatismes. Lors d'une évacuation, un prestataire de services non autochtone a fait monter dans un autobus scolaire le groupe de personnes évacuées le plus prioritaire, à savoir les Aînés. Les Aînés n'ont pas été correctement informés de ce qui se passait et n'ont pas été autorisés à faire un arrêt lorsqu'ils en ont fait la demande. Le répondant a appris que cela a rappelé aux Aînés qu'ils avaient été retirés de force de leur communauté pour aller dans un pensionnat. À la suite de cet incident, un prestataire de services dirigé par des Premières Nations a pris en charge la prestation de services à cette communauté et a pu affréter des autobus pour faciliter l'évacuation de la communauté.
Constatation 12 : En raison des critères d'admissibilité au financement de la composante PANS, les Premières Nations ne sont pas en mesure d'obtenir tout ce dont elles ont besoin pour répondre à leurs priorités croissantes en matière de préparation et d'atténuation
Les limites quant à la valeur de l'équipement qui peut être acheté nuisaient à la gestion des urgences par les Premières Nations
Il a été mentionné lors de plusieurs discussions que les Premières Nations n'étaient pas en mesure de soutenir leurs priorités en matière de préparation parce qu'elles ne pouvaient pas se procurer du matériel de grande valeur dépassant la limite maximale du PAGU. Bien que la limite soit passée de 5 000 $ à 10 000 $ après la période d'évaluation, des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont indiqué lors de quelques discussions que des pièces d'équipement essentielles comme des génératrices ou des purificateurs d'air commerciaux de grande puissance dépassaient toujours ce nouveau seuil. L'évaluation a révélé que l'impossibilité d'acheter du matériel de grande valeur empêchait les Premières Nations de renforcer leur capacité à se préparer aux situations d'urgence et maintenait leur dépendance à l'égard de prestataires de services à grande échelle, comme les organismes gouvernementaux provinciaux ou territoriaux, ou la Croix-Rouge canadienne.
« La mise en place de centres d'opérations peut s'avérer difficile, car, pour ce faire, on a besoin de matériel, et rien qui coûte plus de 5 000 $ ne peut être acheté par l'intermédiaire du PAGU. Qu'en est-il lorsque vous avez besoin d'une génératrice pour une école? [...] Nous avons entendu dire que la limite serait augmentée à 10 000 $, ce qui est une bonne chose, mais ce n'est toujours pas suffisant pour couvrir une génératrice Generac. [...] On a l'impression qu'on nous retient parce que nous sommes une Première Nation. Vous devez appeler la province. »
Lors de plusieurs discussions, des représentants des Premières Nations ont souligné que l'équipement de grande valeur qu'ils avaient demandé auparavant pour leur préparation ne pouvait être acheté qu'après l'annonce d'une menace imminente, dans le cadre de leur intervention en cas d'urgence. Cette règle a créé des situations où des occasions de formation ou de familiarisation avec l'équipement ont été manquées, et a introduit le risque que l'équipement soit indisponible ou plus coûteux lors d'une urgence.
Une communauté avait besoin de sacs collecteurs d'urine [sacs à dos munis de réservoirs d'eau] pour ses pompiers, mais l'achat de ces sacs n'aurait pas été remboursé si on les avait achetés avant le début d'un incendie. La communauté ne peut se permettre cet achat que s'il y a une situation d'urgence en cours et qu'elle procède à l'achat dans le cadre des paramètres de financement de l'intervention.
Les investissements dans les infrastructures sont essentiels pour une bonne gestion des urgences, mais étaient hors de la portée des mesures d'aide du PAGU
Il a également été mentionné lors de plusieurs discussions que les Premières Nations n'étaient pas en mesure de soutenir leurs priorités en matière d'atténuation parce qu'elles ne parvenaient pas à obtenir le financement nécessaire pour investir dans les infrastructures. L'audit de 2022 réalisé par le BVG sur la gestion des urgences dans les communautés des Premières Nations a indiqué que les autres sourcesNote de bas de page 38 ne pouvaient pas toujours fournir les fonds nécessaires pour soutenir les priorités des Premières Nations en matière d'atténuation. Lors de plusieurs discussions, des membres du personnel de SAC et des répondants des Premières Nations ont mentionné que sans accès à du financement pour les immobilisations, les Premières Nations étaient incapables d'atténuer les risques qu'elles avaient cernés, ce qui affaiblissait leur capacité d'atténuation. Un membre du personnel de SAC a illustré la situation en faisant remarquer que le PAGU peut financer une étude indiquant qu'il faut construire une digue (une protection contre les inondations), la chose à faire en cas d'inondations répétées, et même une digue temporaire, mais qu'il ne peut pas financer la construction d'une digue permanente.
Leçons tirées du FSCA 4 : l'ICSF a permis de mettre en place des solutions communautaires, mais toutes les solutions n'ont pas été jugées admissibles.
La plupart des discussions avec le personnel de SAC, de nombreux répondants au sondage et quelques discussions avec des représentants des Premières Nations indiquent que les Premières Nations ont utilisé les fonds du FSCA pour atténuer les effets de la pandémie de COVID-19 et la propagation du COVID-19 grâce à des solutions communautaires. Par exemple, les communautés ont utilisé les fonds du FSCA pour accroître la sécurité alimentaire, renforcer leur capacité administrative, acquérir l'équipement de communication nécessaire pour diffuser l'information, permettre le télétravail et l'apprentissage en ligne, fournir un soutien aux enfants et aux familles, trouver des logements pour ceux ayant besoin d'être confinés, mettre en place un périmètre de sécurité et faire de la sensibilisation sur l'importance de recevoir les rappels de vaccins contre le COVID-19. Un employé de SAC et quelques répondants ont mentionné que le FSCA a aussi eu comme effet non escompté de réduire la peur et la panique causées par la pandémie.
Cependant, la plupart des discussions avec le personnel de SAC ont révélé que certains besoins des Premières Nations n'étaient pas admissibles au financement offert par SAC. Par exemple, la plupart des membres du personnel de SAC ont affirmé que même si les Premières Nations avaient exprimé des besoins en matière de création d'immobilisations nécessaires à l'éloignement social et d'application des règlements communautaires liés au COVID-19 pour la sécurité de la communauté, toutes les activités n'étaient pas admissibles au financement du FSCA.
Constatation 13 : En raison des urgences liées au climat, la nécessité d'apporter un soutien aux Premières Nations en matière de préparation et d'atténuation est augmentée
Les urgences liées au climat ont augmenté en ampleur et en fréquence
L'évaluation a révélé que la fréquence et l'ampleur croissantes des urgences liées au climat pourraient nécessiter des changements dans le mode de fonctionnement du PAGU. Les changements climatiques ont entraîné une augmentation de la fréquence et de la gravité des dangers naturelsNote de bas de page 39 ainsi que des variations régionales dans l'occurrence de ces dangersNote de bas de page 40. Selon une analyse présentée à SAC en 2020, il existe un risque très élevé que ces dangers naturels augmentent et modifient les besoins en matière de préparation aux urgences et d'intervention en cas d'urgenceNote de bas de page 41. Le gouvernement du Canada reconnaît également que les impacts des dangers naturels augmenteront si des mesures d'adaptation (y compris de préparation) ne sont pas mises en œuvreNote de bas de page 42.
Les urgences liées au climat représentent un risque distinct et croissant pour les Premières Nations, qui peut être partiellement atténué grâce à des mesures proactives d'atténuation et de préparation
L'évaluation a montré que la préparation et l'atténuation sont des composantes essentielles du PAGU, car elles peuvent contribuer à réduire les effets physiques, émotionnels, spirituels et économiques des urgences de plus en plus fréquentes. Les Premières Nations sont particulièrement touchées par les urgences en raison de leur éloignement, des lacunes de longue date dans les ressources d'urgence, du risque d'évacuation plus élevé (par rapport aux communautés non autochtones), de la discrimination et de la façon dont une évacuation perturbe leurs pratiques culturelles et leur relation avec leur terreNote de bas de page 43Note de bas de page 44.
La priorité de l'atténuation proactive (avant qu'une urgence ait lieu ou soit imminente) a été soulignée lors de plusieurs discussions avec les Premières Nations et le personnel de SAC, qui ont noté que l'augmentation des efforts d'atténuation peut prévenir les difficultés financières et sociales pour les Premières Nations. En ce qui concerne l'aspect budgétaire de la préparation et de l'atténuation, des études ont estimé que pour chaque 1,38 $ CA (1 $ US)Note de bas de page 45 investi dans la préparation et l'atténuation, de 5 à 18 $ CA peuvent être économisés en coûts d'intervention d'urgence et de rétablissement, selon les mesures et les types d'économies pris en considérationNote de bas de page 46Note de bas de page 47Note de bas de page 48.
11 Constatations sur l'efficience du PAGU
L'évaluation a porté sur les processus du PAGU afin de déterminer s'il existe d'autres modèles qui pourraient être mis en œuvre pour améliorer l'efficience. En particulier, l'évaluation visait à répondre aux questions suivantes :
- Quelle incidence le modèle distinct de financement et d'exécution utilisé pour la mise en œuvre du FSCA a-t-il eue sur les résultats obtenus et l'efficience du programme?
- Comment les activités et les processus de mise en œuvre du PAGU ont-ils tenu compte des répercussions des changements climatiques et comment ont-ils été adaptés en conséquence?
- Comment les activités et les processus de mise en œuvre du PAGU ont-ils tenu compte des répercussions de la pandémie de COVID-19 et comment ont-ils été adaptés en conséquence?
- Dans quelle mesure les rôles et responsabilités respectifs des partenaires du PAGU (à l'intérieur et à l'extérieur du gouvernement) sont-ils appropriés, efficaces et clairs?
Constatation 14 : Le processus de remboursement utilisé pour les dépenses liées à l'intervention et au rétablissement représente un lourd fardeau administratif pour les Premières Nations et le personnel de SAC, et peut entraîner des retards de paiement.
Le mécanisme de SAC pour le remboursement des dépenses liées à l'intervention et au rétablissement nécessitait la production de rapports détaillés.
Conformément à ses modalités, le PAGU rembourse aux Premières Nations, aux conseils tribaux, aux gouvernements provinciaux et territoriaux et aux organismes tiers de services d'urgence les dépenses réelles liées à la prestation de services d'intervention et de rétablissement pour la gestion des urgences dans les réserves.
Les remboursements sont financés au moyen d'une affectation à but spécialNote de bas de page 49, qui réserve une partie des fonds d'un ministère à une fin précise au cours d'un exercice financier et exige des rapports détaillés pour montrer que les fonds ont été utilisés comme prévu.
Comme le montre la figure 14, le processus de remboursement utilisé pour les dépenses des partenaires liées à l'intervention et au rétablissement comporte six étapes interreliées.
* Veuillez noter que le processus a été simplifié pour l'illustration.
Équivalent textuel pour le graphique Figure 14. Étapes du remboursement
Étape 1 :
- Intervention : le partenaire demande une approbation préalable des dépenses (facultatif)
- Rétablissement : le partenaire soumet une évacuation des dommages.
Étape 2 :
- Après les dépenses, le partenaire soumet des factures détaillées, une preuve de paiement, etc.
Étape 3 :
- Le personnel régional de SAC examine chaque reçu et document.
Étape 4 :
- Au besoin, le personnel de SAC demande des précisions ou des preuves supplémentaire.
Étape 5 :
- Le personnel de l'administration central de SAC examine la demande de remboursement des bureaux régionaux.
Étape 6 :
- SAC accorde le remboursement.
Dans certaines régions, le personnel régional de SAC coordonne son processus de remboursement avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux pour s'assurer que les dépenses ne sont remboursées qu'une seule fois. Les Premières Nations, les conseils tribaux et les fournisseurs de services en Colombie-Britannique ont la particularité de soumettre leurs demandes de remboursement au gouvernement provincial. Le gouvernement provincial présente ensuite toutes les dépenses supplémentaires non couvertes à SAC aux fins de remboursement.
Les processus de remboursement ont parfois, mais pas toujours, entraîné des retards dans les paiements aux Premières Nations et à leurs partenaires.
L'évaluation a révélé que les exigences en matière de rapports détaillés pour le remboursement des dépenses liées à l'intervention et au rétablissement peuvent avoir un effet boule de neige, où un problème en crée un autre, et ainsi de suite. Durant plus de la moitié des discussions, le personnel de SAC, les fournisseurs de services et les représentants des Premières Nations ont signalé que les Premières Nations, les conseils tribaux et les fournisseurs de services ont connu des retards dans l'obtention du remboursement des dépenses qu'ils avaient faites pendant la prestation de services d'urgence ou de rétablissement. L'évaluation a révélé que certains répondants ont attendu plus d'un an pour un remboursement, voire plus de deux ans dans certains cas. Même si le PAGU n'avait pas de norme de service pour le délai de traitement des demandes de remboursement, les répondants de SAC ont reconnu ces retards dans le processus.
Ce ne sont pas toutes les Premières Nations qui ont fait état d'expériences négatives découlant du processus de remboursement. En réponse au questionnaire d'évaluation, 54 % (22 sur 41) des répondants ont déclaré qu'ils n'avaient pas eu de difficulté à obtenir un remboursement de SAC. De même, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ainsi que le personnel de SAC dans plusieurs discussions ont signalé des cas où les Premières Nations n'avaient pas connu de retards parce qu'elles comprenaient les exigences, préparaient leurs processus au préalable et avaient la capacité nécessaire. En revanche, d'après plusieurs discussions et réponses au sondage, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, le personnel de SAC et les fournisseurs de services ont indiqué que la préparation des documents pour le remboursement était difficile pour les partenaires parce que le processus de production de rapports et l'admissibilité des dépenses n'étaient pas clairs en amont. Ce manque de clarté au sujet des processus du PAGU cadre avec une constatation tirée d'un rapport de 2018 d'un comité permanentNote de bas de page 50 et fait l'objet d'une discussion plus approfondie dans la constatation 16.
L'obligation de produire des rapports détaillés a créé un fardeau supplémentaire en temps, en effort et sur le bien-être mental des personnes qui participent au processus.
Un répondant a souligné que, pendant une situation d'urgence, le personnel des Premières Nations ou du conseil tribal veille à évacuer les membres ou à assurer leur sécurité. Or, il doit parallèlement recueillir et présenter les factures, les preuves de paiement et tout autre document justificatif ou renseignement demandé par SAC pour recevoir un remboursement. L'évaluation a révélé, au cours de quelques discussions, que cette situation peut être accablante, peut amplifier une situation déjà traumatisante ou peut les distraire de leurs autres responsabilités. Compte tenu du fardeau que représente pour le personnel des Premières Nations et des conseils tribaux l'obligation de se conformer aux exigences en matière de rapports sur les affectations à but spécial, le PAGU est en mesure de fournir des fonds à une Première Nation ou à un conseil tribal pour l'embauche d'un consultant qui prendra en charge la gestion et la coordination des exigences en matière de rapports pour les remboursements; toutefois, l'évaluation n'a pas fait état de cas précis où cela a été fait.
Leçons tirées du FSCA 5 : La remise en place des exigences en matière de rapports pendant la mise en œuvre du FSCA a alourdi le fardeau administratif des Premières Nations.
Pendant la pandémie de COVID-19, les membres du personnel des Premières Nations étaient occupés à prévenir la propagation de la maladie ou à intervenir face aux effets de la pandémie. Parallèlement, ils devaient prendre soin d'eux-mêmes ou de leurs proches qui tombaient malades à cause du virus. Comme il a été mentionné au cours de quelques discussions, SAC a reconnu que la capacité administrative des Premières Nations était surchargée et a donc suspendu les exigences en matière de rapports pour tout financement du FSCA qui a été distribué. Au cours de quelques discussions, le personnel de SAC a mentionné que les Premières Nations ne savaient pas quand les exigences en matière de rapports allaient être rétablies parce qu'aucune date de fin pour cette pause n'avait été communiquée.
SAC a rétabli les exigences en matière de rapports afin que le Ministère puisse démontrer que les Premières Nations ont utilisé les dépenses du FSCA conformément aux modalités du fonds et a demandé aux Premières Nations des rapports rétroactifs. Au cours de quelques discussions, le personnel de SAC a mentionné qu'il avait entendu les Premières Nations dire que la déclaration rétroactive était difficile, déroutante et frustrante. Ils ont mentionné que c'était parce que :
- les exigences en matière de rapports n'ont pas été communiquées de façon cohérente, ce qui a rendu impossible l'enregistrement nécessaire en temps réel;
- les Premières Nations n'avaient pas à préciser un programme dans leurs demandes de financement et ont reçu du financement de sources multiples pour répondre à leur demande; elles ont donc trouvé difficile de déterminer quelles activités ont été financées par chaque programme;
- Le personnel des Premières Nations était occupé par la pandémie de COVID-19.
Lors de quelques discussions, le personnel de SAC a réitéré une constatation tirée de l'évaluation du PAGU en 2017 en indiquant que le temps et le travail nécessaires pour rendre compte de chaque dollar dépensé nuisent à la capacité du personnel des bureaux régionaux de SAC de s'acquitter de ses autres responsabilités liées au PAGU.Note de bas de page 51 L'éventail des responsabilités attendues du personnel régional de SAC pour appuyer la gestion des urgences des Premières Nations de même que l'administration des remboursements est traité dans la constatation 18.
La quantité de documents et d'examens nécessaires pour le processus de remboursement a entraîné des retards.
L'évaluation a révélé que plusieurs facteurs ont parfois entraîné des retards. Le personnel de SAC a signalé à plusieurs reprises que la quantité de documents que les partenaires devaient soumettre aux fins d'examen était trop élevée pour être traitée dans un délai raisonnable. Durant quelques discussions, les représentants des Premières Nations et le personnel de SAC ont indiqué que le processus utilisés pour faire la soumission d'une demande n'est pas toujours méthodique, car le personnel des Premières Nations est parfois occupé à gérer des situations d'urgences en cours.
Lors de quelques discussions, le personnel de SAC a mentionné que le processus de remboursement comportait des inefficacités parce que chaque demande était soumise à un examen obligatoire par l'administration centrale de SAC en plus de l'examen initial à l'échelle régionale. Bien que l'évaluation n'ait pas permis de confirmer les processus utilisés dans d'autres ministères fédéraux, un membre du personnel de SAC à l'administration centrale a indiqué avoir eu des plaintes provenant de plusieurs régions selon lesquelles ce processus n'était pas harmonisé avec d'autres programmes de secours en cas de catastrophe au Canada.
Dans une région, le personnel de SAC a également souligné que l'utilisation par SAC de sa plateforme du système de gestion de l'information sur les subventions et les contributions pour traiter les demandes de remboursement était une méthode inappropriée de distribution d'aide humanitaire. Ces employés ont noté que la plateforme a été créée pour les subventions et contributions régulières, et qu'elle n'était pas suffisamment souple pour les situations d'urgence, lorsque les communautés ont besoin d'argent rapidement.
Constatation 15 : Les retards de remboursement ont nui à la situation financière des Premières Nations et de leurs partenaires. Les paiements anticipés représentent aussi un fardeau administratif.
Les retards de remboursement ont parfois menacé la santé financière des Premières Nations, des conseils tribaux et des fournisseurs de services.
Lors de plusieurs discussions, les répondants ont fait part des difficultés que rencontrent les Premières Nations et les conseils tribaux dans la gestion des dettes ainsi que du risque de voir leurs dettes transférées à une agence de recouvrement en attendant le remboursement. Dans un cas, l'évaluation a révélé qu'un fournisseur de services était au bord de la faillite parce qu'il attendait un remboursement de SAC. Durant plusieurs discussions, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, les fournisseurs de services et le personnel de SAC ont souligné qu'on ne devrait pas s'attendre à ce que les Premières Nations aient l'argent nécessaire pour couvrir les coûts liés à l'intervention et au rétablissement en cas d'urgence. Par exemple, un représentant du conseil tribal a parlé des risques financiers associés à l'aide offerte aux communautés avoisinantes étant donné la lenteur du processus de remboursement de SAC :
« Nous avons de la chance d'être assez gros pour pouvoir gérer les coûts. Si on nous demandait à nouveau de l'aide, nous aiderions, mais notre [conseil tribal] nous demanderait comment nous comptons être payés. »
Durant quelques discussions, les répondants ont souligné que les Premières Nations ayant moins accès à de l'argent risquaient de ne pas être en mesure d'intervenir en cas d'urgence. Ils ont également mentionné que le manque de clarté quant à l'admissibilité a donné lieu à des cas où les Premières Nations n'ont pas été remboursées pour des dépenses qu'elles croyaient admissibles, mais qui ne l'étaient pas.
Le fait que les Premières Nations, les conseils tribaux et les fournisseurs de services n'ont pas pu payer rapidement leurs fournisseurs a mis en péril leur relation avec ces derniers.
Au cours de quelques discussions, les répondants ont décrit la pression financière supplémentaire qui pesait sur les Premières Nations, les conseils tribaux et les fournisseurs de services devant maintenir de bonnes relations avec leurs fournisseurs en attendant d'être remboursés par SAC. Un répondant a souligné que c'était particulièrement difficile lorsqu'il s'agissait d'un fournisseur sollicité pour des services nécessaires en dehors des situations d'urgence.
Un autre répondant a mentionné que les municipalités qui avaient précédemment accueilli des personnes évacuées ont refusé de le refaire éventuellement, parce qu'elles sont endettées en attendant que SAC les rembourse.
Les paiements anticipés pourraient réduire la pression financière liée aux coûts d'intervention, mais ne réduiraient pas le fardeau administratif.
Le PAGU a officiellement instauré les paiements anticipés pour les dépenses d'intervention en 2018. Les paiements anticipés fournissent un financement aux Premières Nations dès le début d'une urgence. Au cours de quelques discussions, le personnel de SAC et les fournisseurs de services ont indiqué que les paiements anticipés peuvent contribuer à réduire la pression financière à laquelle est soumise une Première Nation. Toutefois, l'évaluation n'a recueilli les commentaires que d'un seul représentant d'une Première Nation ou d'un conseil tribal ayant déjà eu recours aux paiements anticipés.
« Statistiquement, les activités relevant de la réponse aux catastrophes sont les plus coûteuses. Le fait que les communautés doivent payer directement pour ces activités met à rude épreuve leurs coffres. »
Quelques membres du personnel de SAC ont indiqué que l'option des paiements anticipés n'avait pas été largement communiquée aux partenaires des Premières Nations. Il incombe au personnel régional de SAC d'offrir des paiements anticipés aux Premières Nations, mais l'évaluation a révélé qu'il n'avait pas accès à des lignes directrices ou à des produits de communication à cette fin.
De plus, l'évaluation a permis de reconnaître que les paiements anticipés alourdissent le fardeau administratif pour les Premières Nations et pour SAC. En effet, en plus de soumettre des rapports détaillés sur les dépenses après une urgence, les Premières Nations doivent aussi présenter une estimation des coûts prévus pour demander et obtenir un paiement anticipé.Note de bas de page 52
Constatation 16 : Le financement fondé sur des propositions ne permettra peut-être pas à toutes les Premières Nations d'établir les fondements requis pour la gestion des urgences.
Le caractère annuel du financement fondé sur des propositions n'était pas propice à l'obtention de résultats à long terme.
L'évaluation a révélé, à la suite de plusieurs discussions avec des représentants des Premières Nations, que le caractère annuel et à court terme du financement de PANS et d'Intelli-feu créait de l'incertitude parce qu'ils ne savaient pas toujours combien d'argent ils recevraient ou quand ils le recevraient. Le personnel de SAC, les fournisseurs de services et les représentants des Premières Nations ont indiqué dans de nombreuses discussions que cette incertitude empêchait les Premières Nations et leurs organisations de planifier efficacement leurs activités futures. Cette situation a été jugée particulièrement difficile pour les Premières Nations, les conseils tribaux ou les organisations dirigées par des Premières Nations qui auraient voulu renforcer leur capacité de gestion des urgences, mais qui ne savaient pas quels objectifs étaient réalistes sur le plan financier.
L'évaluation a également permis de constater, à la suite de nombreuses discussions avec les Premières Nations et les fournisseurs de services, que les retards dans l'approbation et le versement du financement fondé sur des propositions entraînaient parfois une perte d'élan ou d'adhésion de la part de la communauté, par exemple, lorsque le financement pour la formation sur la préparation à la gestion des urgences a été versé six mois après l'établissement de la liste des personnes intéressées. Les répondants ont mentionné que ces retards étaient particulièrement problématiques pour des activités qui dépendent des conditions météorologiques, comme la formation en recherche et sauvetage sur glace.
Le fardeau administratif du financement fondé sur des propositions était un obstacle à l'accès au financement des projets de préparation et d'atténuation non structurelle.
De nombreuses discussions ont permis à l'équipe d'évaluation de constater que le caractère annuel et fondé sur des propositions du financement pourrait avoir, par inadvertance, restreint son accès aux Premières Nations et aux conseils tribaux qui avaient le temps et la capacité de faire des recherches et de rédiger des propositions, désavantageant ainsi les communautés moins bien dotées en la matière. De plus, lors de certaines discussions avec les Premières Nations et les fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations, l'évaluation a révélé que le financement annuel fondé sur des propositions impose un fardeau supplémentaire en matière de production de rapports compte tenu des exigences de rapports de fin d'exercice.
« Le financement fondé sur des propositions prend du temps. C'est intimidant. »
Au cours de quelques discussions avec des représentants des Premières Nations et des conseils tribaux, on a constaté que certaines Premières Nations ne font de la gestion des urgences une priorité qu'après avoir vécu une situation d'urgence. Les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont aussi indiqué qu'il devrait y avoir un processus standard ou courant pour aider les Premières Nations à établir et à mettre à jour les éléments fondamentaux de la gestion des urgences dans leur communauté, comme une évaluation tous risques et un plan d'urgence. Ils ont demandé que ce processus soit automatique sans le fardeau d'une proposition et sans la possibilité d'un refus.
« Ça doit changer parce que le PAGU est surtout réactif et la prévention est oubliée. »
La hiérarchisation des propositions en fonction d'événements antérieurs peut avoir laissé les communautés les plus vulnérables à risque.
Même si la mise en œuvre ne faisait pas partie de la portée temporelle, l'évaluation a révélé que pendant la période évaluée, le PAGU prévoyait de modifier son approche à la répartition du financement de PANS en réponse à une recommandation du rapport du Bureau du vérificateur général de 2022. Plus précisément, le PAGU prévoyait de mettre à jour son approche fondée sur les risques en ce qui concerne l'affectation régionale des fonds et d'adopter une nouvelle approche basée sur les risques pour l'évaluation des propositions en établissant un cadre pour évaluer les risques de chaque communautéNote de bas de page 53. La formule basée sur les risques mise à jour, élaborée en 2023-2024, tient compte pour chaque communauté de facteurs comme le risque climatique, l'historique des situations d'urgence, le bien-être, la population, l'éloignement, le financement des coordonnateurs de la gestion des urgences, la capacité de lutte contre l'incendie et le financement précédent des mesures d'atténuation.
Encore une fois, même si la mise en œuvre de cette formule n'a pas eu lieu au cours de la période évaluée, certains facteurs conceptuels ont été notés pendant l'évaluation. La nouvelle formule basée sur le risque accorde la priorité aux communautés qui ont connu un plus grand nombre d'urgences par le passé.
Or, dans le contexte des changements climatiques, la menace des aléas naturels est nouvelle pour certaines Premières Nations.Note de bas de page 54 Lors de quelques discussions, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont exprimé la crainte que les communautés moins expérimentées ne soient désavantagées par la nouvelle approche basée sur le risque. Ils ont ajouté que, si ces communautés moins expérimentées sont les mêmes qui n'ont pas eu accès au financement du PAGU pour la préparation à cause des raisons décrites ci-dessus (c.-à-d. le fardeau de la rédaction des propositions ou les priorités concurrentes entre les dirigeants), le risque qu'elles subissent l'ensemble des répercussions d'un événement d'urgence est aggravé.
L'équipe d'évaluation a entrepris un exercice simple mais probant pour explorer l'idée que les communautés à faible capacité sont moins susceptibles d'avoir accès au financement de PANS en raison du fardeau administratif qu'il représente. En 2023-2024, avant la mise en œuvre de la nouvelle formule, le financement de PANS couvrait 36 % (220 sur 616) des communautés des Premières Nations, et les fonds étaient versés directement aux communautés ou à leur conseil tribal. En attribuant la cote de risque rétrospectivement, nous constatons que 37 % (65 sur 176) des communautés qui seraient désignées comme « à haut risque » ont reçu du financement de PANS comparativement aux 35 % (155 sur 440) des communautés qui ne seraient pas considérées comme « à haut risque ». Toutes choses étant égales par ailleurs, il semble logique que le financement des communautés « à haut risque » ait dû être nettement supérieur à celui des communautés à faible risque. Le fait que les communautés à haut risque n'étaient pas plus susceptibles de recevoir du financement pourrait être attribuable à leur manque de capacité d'élaborer des propositions. Cette hypothèse est confirmée par les cotes de risque elles-mêmes, qui comprennent des approximations (quoique imparfaites) de la capacité administrative des communautés, à savoir que les communautés à risque plus élevé ont des résultats moins élevés en ce qui concerne l'indice de bien-être des collectivités, sont plus éloignées et ont une couverture plus faible en matière de coordonnateurs de la gestion des urgences. Cette analyse cadre avec les préoccupations soulevées lors des discussions selon lesquelles les communautés à faible capacité pourraient se heurter à des obstacles dans l'élaboration de propositions pour des projets de PANS.
Leçons tirées du FSCA 6 : Un financement fondé sur des propositions pourrait ne pas être accessible à toutes les Premières Nations.
L'évaluation a permis de constater, lors de discussions avec quelques membres du personnel de SAC et des représentants des Premières Nations, que les expériences positives des Premières Nations en ce qui concerne les affectations directes du FSCA et l'approche d'« accès universel » pour les demandes ont créé de nouvelles attentes et normes en matière d'efficacité à SAC. Ils ont signalé que, grâce à ces méthodes de distribution du financement, les communautés des Premières Nations ont bénéficié d'une répartition plus rapide du financement pour de grandes sommes provenant du FSCA comparativement à d'autres programmes. Plus des deux tiers (68 % ou 19 sur 28) des représentants de la gestion des urgences interrogés ont déclaré que le processus de proposition et de demande de financement facilitait l'accès au FSCA.
Toutefois, la capacité a été mentionnée comme un obstacle à l'accès au financement fondé sur des propositions dans quelques réponses au sondage par les représentants des Premières Nations et dans toutes les discussions avec le personnel de SAC, en particulier pour les petites communautés, ou lorsque le personnel des Premières Nations était malade en raison de la COVID-19. Plus de la moitié du personnel de SAC et quelques représentants des Premières Nations ont indiqué que certaines communautés auraient préféré avoir accès à du personnel et à des ressources humaines pour les aider à gérer la réponse à la pandémie de leur communauté plutôt que d'avoir accès à du financement. Certains membres du personnel régional de SAC ont mentionné que les Premières Nations n'ont pas été en mesure de tirer parti du financement qu'elles ont reçu en raison des lacunes de capacités que la pandémie a créées ou exacerbées.
Le manque d'uniformité et de clarté des critères d'admissibilité au financement fondé sur les propositions a créé des inefficacités dans le processus d'approbation.
De nombreuses discussions avec les Premières Nations et le personnel de SAC ont porté sur la nécessité de clarifier l'admissibilité des dépenses afin de favoriser l'élaboration efficace des propositions pour des projets de PANS. Quelques membres du personnel de SAC ont indiqué qu'ils devaient vérifier l'admissibilité auprès de l'administration centrale, car les critères semblaient changer fréquemment.
De plus, dans le cadre de l'évaluation, on a entendu parler de cas où les employés des régions et de l'administration centrale de SAC n'avaient pas la même interprétation des modalités du PAGU, ce qui a semé la confusion quant aux dépenses admissibles. Dans un cas, une communauté aurait reproduit une proposition d'une Première Nation voisine et l'aurait soumise au PAGU, en changeant seulement le nom de sa communauté, et une seule proposition aurait été acceptée comme étant admissible.
Constatation 17 : Les rôles et les responsabilités au sein de l'écosystème de la gestion des urgences varient d'une région à l'autre, et à l'intérieur d'une même région, et ne sont pas toujours clairement définis.
Les rôles et responsabilités au sein du PAGU sont décrits dans le Plan national de gestion des urgences tous risques dans les réserves.Note de bas de page 55 Selon le Plan, les Premières Nations reçoivent le soutien nécessaire pour participer à des tables de planification conjointe avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux afin que l'accès aux services de gestion des urgences dans les réserves soit comparable à celui qui est offert hors réserve.
L'évaluation a permis de constater, dans le cadre de nombreuses discussions, que les Premières Nations collaborent avec divers partenaires autres que SAC, notamment :
- les organismes provinciaux ou territoriaux
- les organisations non gouvernementales (souvent la Croix-Rouge canadienne)
- les administrations municipales
- les fournisseurs de services dirigés par les Premières Nations
- les conseils tribaux
- d'autres Premières Nations
- les ministères fédéraux
Les rôles de différentes parties dans la gestion des urgences n'ont pas été clairement définis dans le PAGU.
Bien qu'il y ait une section sur les rôles et responsabilités dans le Plan national de gestion des urgences tous risques dans les réserves, on n'y précise pas le rôle des gouvernements provinciaux et territoriaux à l'égard du PAGU, sauf pour souligner que la plupart d'entre eux ont conclu une entente quelconque en vue de fournir des services d'urgence comparables à ceux offerts aux personnes vivant dans les réserves.Note de bas de page 56 De même, le Plan ne définit pas le rôle des fournisseurs de services ou des « autres entités », si ce n'est que de les désigner comme faisant partie du processus de planification de la gestion des urgences des Premières Nations.Note de bas de page 57
Qui plus est, les ententes ne précisent pas à qui revient la responsabilité de déclarer l'état d'urgence. Bien que le PAGU puisse appuyer les Premières Nations sans une déclaration officielle d'état d'urgence, il existe une certaine confusion quant à la personne à qui incombe cette déclaration. Par exemple, au Manitoba, une Première Nation peut déclarer une évacuation ou un état d'urgence local, ce qui déclenchera l'entente de service conclue en 2013 entre la Croix-Rouge canadienne et SAC pour la fourniture de services d'urgence aux Premières Nations.Note de bas de page 58 En vertu de la Loi sur les mesures d'urgence du Manitoba, le ministre provincial peut également déclarer l'état d'urgence.Note de bas de page 59 Ces deux déclarations pourraient entraîner le recours au PAGU, pourvu que les situations d'urgence répondent à ses critères d'admissibilité. Un fournisseur de services des Premières Nations a fait remarquer qu'il n'est pas clair pour les communautés qui devraient déclarer l'état d'urgence en premier.
Les rôles des différentes parties dans la gestion des urgences n'ont pas été clairement communiqués dans le PAGU.
Les réponses au sondage d'évaluation ont indiqué la nécessité de clarifier les rôles entre les parties dans la gestion des urgences. Moins de la moitié (45 %, soit 15 sur 33) des représentants de la gestion des urgences des Premières Nations ou des conseils tribaux ont convenu que les rôles et responsabilités des partenaires en gestion des urgences étaient appropriés, efficaces et clairs. Au cours de quelques discussions, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont dit à l'équipe d'évaluation qu'ils n'avaient jamais vu les ententes bilatérales entre les gouvernements provincial et fédéral qui énonçaient les rôles et les affectations de fonds pour les services de gestion des urgences des Premières Nations. L'évaluation a permis de constater que lorsque ces ententes officielles de services provinciaux ou territoriaux existentNote de bas de page 60, elles contiennent chacune des activités attendues et des formules de financement différentes. Dans quelques discussions et réponses au sondage, les répondants ont précisé que les ententes multilatérales devaient clarifier les rôles et responsabilités des partenaires afin que, dans tout scénario de gestion des urgences, il ne soit pas question de savoir qui est responsable de quels aspects des services.
Constatation 18 : Les bureaux régionaux de SAC éprouvent certaines difficultés dans leur rôle essentiel de soutien aux Premières Nations en matière de gestion des urgences.
Les bureaux régionaux de SAC ont un grand éventail de responsabilités croissantes en matière de gestion des urgences.
L'évaluation a permis de reconnaître le soutien du personnel régional de SAC comme un mécanisme facilitant différents aspects des programmes du PAGU. Au cours de quelques discussions, les représentants des Premières Nations et des conseils tribaux ont fait état de bonnes relations avec le personnel régional de SAC. De nombreuses discussions ont indiqué que le personnel régional de SAC et les fournisseurs de services tiers ont aidé les Premières Nations à trouver des possibilités de financement et à élaborer des propositions pour y accéder. L'évaluation a révélé que, même avec le soutien du personnel de l'administration centrale de SAC, le personnel régional de SAC n'avait peut-être pas suffisamment de capacité afin d'appuyer adéquatement les Premières Nations à l'externe et d'entreprendre les processus internes requis pour administrer le financement du PAGU, compte tenu de l'ampleur de leurs responsabilités.
En ce qui concerne les interventions d'urgence en particulier, l'évaluation a permis de constater à plusieurs reprises que le personnel régional de SAC appuyait la coordination entre les intervenants participant aux interventions d'urgence. C'était le cas avant et pendant les situations d'urgence, et pendant le rétablissement, selon les besoins, afin que les rôles essentiels soient remplis.
Leçons tirées du FSCA 7 : L'approche d'« accès universel » du FSCA a exigé une réponse souple de la part de SAC, ce qui a créé un fardeau supplémentaire pour le personnel régional.
L'approche d'« accès universel » a simplifié le processus de demande en permettant aux Premières Nations de demander des fonds pour la réponse à la pandémie de COVID-19 sans préciser de programme en particulier. Lors de quelques discussions, le personnel de SAC a indiqué qu'en raison du déploiement rapide du FSCA, les lignes directrices du programme ont été élaborées au fur et à mesure de sa mise en œuvre. Les comités d'examen des propositions à l'échelle régionale et nationale comprenaient des responsables du PAGU et d'autres programmes de SAC. Ces comités ont comparé les propositions aux modalités des programmes pertinents afin de déterminer le ou les programmes susceptibles de répondre à la demande.
Toutefois, l'évaluation permet de reconnaître que le processus a été rendu possible en raison d'une charge administrative insoutenable imposée au personnel régional de SAC. Dans plus de la moitié des discussions, les évaluateurs ont entendu dire que les employés régionaux de SAC devaient ajouter les responsabilités liées au FSCA à leur charge de travail existante du PAGU, sans dotation supplémentaire dans certaines régions.
Les employés régionaux de SAC ont souligné que les attentes à leur égard ont augmenté en raison de la pandémie de COVID-19 et de l'augmentation du nombre et de la gravité des urgences, le risque d'épuisement du personnel étant mentionné dans quelques-unes des discussions. La figure 15 montre qu'il y avait 40 postes à temps plein consacré au soutien de la gestion des urgences dans les bureaux régionaux de SAC, dont certains étaient financés par le PAGU et quelques-uns par d'autres sources.
Source : Direction de la gestion des urgences, SAC en date du 7 février 2025
*À noter : Ces chiffres excluent les employés ayant des responsabilités de gestion des urgences à temps partiel.
Équivalent textuel pour le graphique Figure 15. Nombre de postes de gestion des urgences à temps plein dans chaque région de SAC en 2023-2024
| Provinces et territoires | Financé par le PAGU | Autre source de financement |
|---|---|---|
| Alberta | 10 | 0 |
| Ontario | 6 | 0 |
| Atlantic | 5 | 1 |
| Québec | 0 | 4 |
| Manitoba | 4 | 0 |
| Colombie-Britannique | 4 | 0 |
| Yukon | 0 | 1 |
| Territoires du Nord-Ouest | 0 | 0 |
Plusieurs discussions ont mis en évidence le fait que la pression exercée sur le personnel régional de SAC était amplifiée lorsque les urgences touchaient plus d'une Première nation à la fois, et lorsqu'il y avait plus d'une urgence en même temps dans une région. Ainsi, le personnel régional de SAC a souvent administré le processus de remboursement pour plusieurs Premières Nations simultanément. Au cours de quelques discussions, le personnel de SAC a signalé que ces tâches devenaient de plus en plus difficiles à gérer étant donné l'augmentation de la fréquence et de l'ampleur des désastres causés par les risques naturels dans leur région. Compte tenu du fait, notamment, que l'intervention d'urgence immédiate ne représente qu'un seul aspect des responsabilités du personnel du PAGU ainsi que du fardeau administratif souligné dans la constatation 15, de nombreuses discussions avec le personnel de SAC ont fait ressortir la nécessité d'ajouter des ressources humaines.
12 Autres considérations
Le PAGU a été conçu pour soutenir les activités de gestion des urgences dans les réserves et certaines Premières Nations admissibles, telles que définies dans ses modalités. Cependant, certains répondants ont partagé des informations concernant les considérations juridictionnelles et la gestion des urgences. Par exemple, les risques naturels transcendent souvent les frontières juridictionnelles, et l'évaluation a fait état de certaines préoccupations concernant le fait que les risques des impacts des situations d'urgences situés à l'extérieur des limites des réserves n'étaient pas admissibles aux fonds du PAGU.
L'évaluation a également révélé que la coordination entre des systèmes distincts peut être difficile dans le contexte rapide et dynamique des situations d'urgence, et de quelle façon la différence entre les services et les avantages offerts aux membres de la communauté de part et d'autre des limites de la réserve pouvait générer un sentiment d'injustice et exercer une pression sur les dirigeants et les administrateurs des Premières Nations, qui s'étaient engagés à fournir des services d'urgence à leurs membres vivant hors réserve, mais qui manquaient de ressources pour le faire.
Malgré les limites juridictionnelles, plusieurs discussions avec le personnel de SAC et les représentants des Premières Nations ont mis en évidence la manière dont les Premières Nations trouvaient des moyens de soutenir leurs membres vivant en dehors des limites officielles des réserves en cas d'urgence. Par exemple, l'évaluation a révélé qu'une Première Nation du Yukon collaborait avec les communautés voisines pour gérer les situations d'urgence sur l'ensemble de leurs territoires traditionnels.
13 Conclusions
Dans l'ensemble, l'évaluation a permis de reconnaître la contribution importante du PAGU dans un contexte de risques croissants en matière de gestion des urgences dans les communautés des Premières Nations. L'évaluation a permis de constater que le PAGU appuyait le transfert des services en faisant progresser les discussions sur les ententes multilatérales et en reconnaissant l'importance des services adaptés à la culture fournis aux Premières Nations et par celles-ci pendant les situations d'urgence. Le modèle de financement distinct mis en œuvre pendant la pandémie de COVID-19 au moyen du FSCA a permis de trouver des solutions communautaires pour atténuer les effets de la pandémie et de la propagation de la COVID-19. Toutefois, comme pour les mesures d'aide du PAGU, les effets du financement du FSCA sur les personnes n'ont pas été bien compris, car l'information disponible n'était généralement pas ventilée selon l'âge, l'identité de genre, la capacité et d'autres indicateurs démographiques. L'évaluation a permis de trouver des possibilités d'amélioration dans plusieurs domaines, décrits dans les paragraphes suivants.
Coordonnateurs de gestion des urgences
La présence d'un coordonnateur de la gestion des urgences formé et dévoué s'est avérée essentielle pour améliorer la capacité de gestion des urgences, faciliter le transfert des responsabilités de SAC aux Premières Nations et à leurs organisations, et engager des discussions sur l'avenir de la gestion des urgences. Cependant, le financement disponible pour aider chaque communauté à avoir accès à un coordonnateur de la gestion des urgences était limité, et de nombreuses Premières Nations ont dû faire face à des obstacles supplémentaires dans l'embauche et le maintien en poste de personnel formé en gestion des urgences en raison de défis logistiques comme l'éloignement, le logement et l'épuisement professionnel.
Financement
Mécanismes
L'évaluation a permis de constater que le fardeau administratif et l'incertitude créés par le modèle de financement fondé sur les propositions utilisé pour les projets de PANS et Intelli-feu ont nui aux efforts de préparation et d'atténuation des Premières Nations. De plus, le financement annuel du PAGU pour la préparation et l'atténuation ne rendait pas possible le renforcement des capacités à long terme requis pour appuyer les visions des Premières Nations sur l'avenir de la gestion des urgences. Le manque de personnel formé ayant suffisamment de temps pour présenter une demande de financement fondée sur des propositions constituait un défi commun pour les Premières Nations en ce qui concerne le PAGU et le FSCA. En revanche, l'évaluation a souligné le succès du financement souple et direct du FSCA, qui a aidé les communautés à diriger leurs propres interventions d'urgence.
Accès
Les critères d'admissibilité du PAGU peuvent limiter la capacité des Premières Nations à se préparer aux situations d'urgence, et les Premières Nations ou les conseils tribaux pourraient avoir de la difficulté à obtenir du financement d'autres sources. L'évaluation a par ailleurs aussi souligné le succès d'un processus de demande simplifié utilisant l'approche d'« accès universel » adoptée pour le FSCA que SAC a coordonné à l'échelle du PAGU, de la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuit et des Programmes urbains pour les peuples autochtones.
Processus
Le processus de remboursement du PAGU a été jugé complexe, entraînant des retards qui ont pesé financièrement sur les Premières Nations et leurs fournisseurs de services. De plus, les exigences en matière de rapports détaillés ont été jugées contraignantes et ont contribué au manque de confiance entre les Premières Nations et SAC. Bien que les paiements anticipés puissent réduire le fardeau financier de l'intervention et du rétablissement, ils alourdissent le fardeau administratif imposé au personnel des Premières Nations et de SAC.
Risque
Les flux de financement de SAC pour l'atténuation non structurelle et la préparation ont été constamment sursollicités. Bien que le PAGU ait respecté son obligation de rembourser les dépenses admissibles faites pendant ou après une urgence, le processus annuel par lequel le PAGU obtient ce financement pour l'intervention et le rétablissement crée des risques, un fardeau administratif et des défis de gestion de trésorerie pour le Ministère.
Administrations
L'évaluation a révélé une certaine incertitude quant aux rôles et responsabilités des nombreux acteurs impliqués dans la gestion des urgences des Premières Nations. Depuis 2019, le PAGU finance des initiatives visant à faire progresser les accords multilatéraux qui impliquent des partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux, ainsi que les Premières Nations et leurs organisations, afin de clarifier et de définir ces rôles.
14 Recommandations
Selon les constatations de l'évaluation, il est recommandé que SAC effectue ce qui suit :
- Explore les possibilités et formule des recommandations en fonction des commentaires reçus des partenaires des Premières Nations afin de faire passer le financement pour les composantes PANS et Intelli-feu d'un financement fondé sur des propositions à un financement à long terme, flexible et pluriannuel pour la préparation et l'atténuation.
L'évaluation a révélé que le financement basé sur des propositions créait de l'incertitude, un fardeau administratif et des obstacles pour les communautés à faible capacité, en particulier lorsque les délais de soumission des propositions entraient en conflit avec les besoins saisonniers en préparation ou manquaient de transparence quant aux résultats (Constatations 1, 13 et 16). Le financement de base a été largement recommandé par les Premières Nations, les conseils tribaux et le personnel de SAC comme une solution qui permettrait de renforcer les capacités à long terme et de réduire les possibilités manquées. Cette recommandation, qui met l'accent sur la manière dont les fonds devraient être versés pour soutenir au mieux les Premières Nations, s'aligne sur la recommandation 8.32 du BVG de 2022 et s'appuie sur celle-ci afin de donner la priorité aux investissements proactifs dans l'atténuation et la préparation en fonction des risques communautaires, afin de garantir que les fonds soient affectés là où ils sont le plus nécessaires.
- Tirer parti des discussions multilatérales en cours visant à renforcir la coordination de SAC avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux directement impliqué dans la gestion des urgences, afin de faciliter l'accès à l'ensemble des financements et des services possibles pour les Premières Nations et les conseils tribaux.
L'évaluation a permis de cerner des lacunes dans la coordination entre les administrations (Constatations 9 et 17). SAC cherche à conclure des accords multilatéraux conformément aux recommandations formulées dans l'évaluation précédente et dans le rapport de 2022 du BVG. Ces discussions offrent une occasion unique de faire progresser la coordination interministérielle et intergouvernementale afin de répondre de manière plus complète aux besoins des Premières Nations, tout en continuant à respecter les rôles et les responsabilités existants.
- Soutenir les coordonnateurs de la gestion des urgences des Premières Nations de manière aussi efficace et efficiente que possible en renforçant leurs capacités en matière de gestion des urgences dans les communautés et les conseils tribaux.
L'évaluation a révélé que les coordonnateurs de la gestion des urgences jouent un rôle essentiel dans le soutien à la préparation aux situations d'urgence des Premières Nations, mais que de nombreuses communautés n'ont pas accès à cette mesure en raison de contraintes financières et de problèmes de personnel (constatations 3 et 4). Le BVG a également souligné l'importance des CGU, recommandant que SAC détermine le nombre nécessaire et alloue des fonds en fonction des risques. Alors que SAC élabore sa réponse à la recommandation 8.42 du BVG, cette recommandation complémentaire souligne l'importance du renforcement des capacités de la main-d'œuvre. Particulièrement si les contraintes financières actuelles empêchent la mise en place d'un coordinateur par communauté, des investissements ciblés dans le recrutement, la formation et le soutien professionnel pourraient contribuer à garantir que les postes financés soient pourvus par des personnes qualifiées qui comprennent le contexte local et sont en mesure de maintenir et d'accroître leur efficacité dans leur rôle.
- Renforce l'efficacité globale de tous les volets de financement du PAGU en améliorant la clarté et la connaissance des dépenses admissibles et non admissibles; Évalue et met en place des mesures visant à rationaliser et à simplifier le processus de remboursement; et s'appuyer sur les progrès réalisés dans l'utilisation des paiements anticipés pour le financement en matière d'intervention et de rétablissement.
Les constatations montrent que les retards de remboursement et la complexité des processus ont imposé un fardeau financier aux Premières Nations et aux fournisseurs de services, les poussant parfois vers l'endettement ou affaiblissant leurs partenariats avec les fournisseurs (constatations 14 et 15). L'évaluation a révélé que des critères d'admissibilité peu clairs ont encore compromis l'accès au programme et que les paiements anticipés n'étaient pas offerts de manière constantes. La précision du financement et des mesures de soutien du PAGU permettra de remédier aux inefficacités connues, de favoriser des relations de confiance et de réduire les risques financiers pour les communautés.
15 Annexes
Annexe 1. Questions d'évaluation
Les questions suivantes ont orienté la méthodologie de l'évaluation :
Pertinence
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils pris en compte et soutenu les priorités et les forces des partenaires des Premières Nations, y compris des personnes aux identités diverses et intersectionnelles?
- 1.1 Comment la conception, l'exécution, la mise en œuvre et les engagements du PAGU et du FSCA ont-ils aidé ou non les partenaires des Premières Nations à répondre à leurs priorités et à appuyer leurs forces?
- 1.2 Quelles priorités ou forces des partenaires des Premières Nations n'ont pas été prises en compte ou appuyées par le programme, de sorte à nuire éventuellement à la gestion des urgences par les communautés et à leur réponse face à la COVID-19?
- 1.3 Comment le PAGU et le FSCA ont-ils aidé ou non les Premières Nations à répondre à leurs priorités concernant les personnes qui font face à des difficultés accrues en situation d'urgence?
- Dans quelle mesure les services fournis dans le cadre du PAGU étaient-ils adaptés sur le plan culturel?
- 2.1 Dans quelle mesure les services reçus étaient-ils adaptés à la culture?
- 2.2 Qu'est-ce qui rend les services offerts dans le cadre du PAGU adaptés à la culture selon les Premières Nations?
- 2.3 Quels éléments de conception du PAGU appuient ou entravent la prestation de services adaptés sur le plan culturel?
Efficacité et efficience
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils contribué à l'atteinte des résultats escomptés?
- 3.1 Dans quelle mesure les résultats escomptés du PAGU et du FSCA ont-ils été atteints?
- 3.2 Quels facteurs et influences (internes et externes aux programmes) entravent ou favorisent l'atteinte des résultats escomptés?
- 3.3 Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils fourni un soutien suffisant (comme des ressources humaines, de la formation et des ressources financières) pour atteindre les résultats escomptés?
- Dans quelle mesure le PAGU et le FSCA ont-ils provoqué un changement significatif dans les communautés des Premières Nations, y compris pour les personnes aux identités diverses et intersectionnelles?
- 4.1 Quels effets souhaitables le PAGU et le FSCA ont-ils eus dans les communautés et pour les personnes qui font face à des difficultés accrues en situation d'urgence, selon les Premières Nations?
- 4.2 Quels facteurs et influences (internes et externes aux programmes) entravent ou favorisent un changement concret?
- 4.3 Selon les Premières Nations, quels changements un programme de gestion des urgences efficace favoriserait-il?
- Quelle incidence le modèle distinct de financement et d'exécution utilisé pour la mise en œuvre du FSCA a-t-il eue sur les résultats obtenus et l'efficience du programme ?
- 5.1 Comment le modèle distinct de financement et d'exécution du FSCA a-t-il contribué à la réponse des communautés à la pandémie de COVID-19?
- 5.2 Quels défis le modèle distinct de financement et d'exécution a-t-il causés pour les Premières Nations ou SAC?
- 5.3 Dans quelle mesure les éléments du FSCA liés à la prestation ont-ils favorisé l'efficience? Les éléments touchant l'efficience comprennent, notamment, ce qui suit :
- Les ressources ont été réaffectées en fonction des besoins changeants.
- Les risques ont été gérés pendant la conception et tout au long de la mise en œuvre.
- Le financement a été offert aux communautés lorsqu'elles en avaient besoin.
- Les ressources doivent être attribuées en fonction des besoins et de la consultation des populations les plus touchées par la COVID-19.
- L'achat rentable de biens et de services.
- Quels sont les facteurs qui facilitent ou entravent l'établissement d'ententes de services multilatérales dans le cadre du PAGU?
- 6.1 Comment la Direction de la gestion des urgences a-t-elle réagi à ces obstacles et soutenu ces facteurs habilitants?
- Dans quelle mesure les rôles et responsabilités respectifs des partenaires du PAGU (à l'intérieur et à l'extérieur du gouvernement) sont-ils appropriés, efficaces et clairs?
- 7.1 Quels rôles et responsabilités des partenaires du PAGU correspondent à leurs forces et au droit des Premières Nations à l'autodétermination?
- 7.2 Quels rôles et responsabilités des partenaires du PAGU appuient l'atteinte des résultats escomptés du programme?
- 7.3 Quels rôles et responsabilités des partenaires du PAGU sont bien compris?
- 7.4 Quels rôles et responsabilités des partenaires du PAGU devraient être réexaminés?
- Comment les pratiques prometteuses en matière de préparation, d'atténuation, d'intervention et de rétablissement en cas d'urgence ont-elles été facilitées dans le cadre du PAGU et du FSCA?
- 8.1 Quelles approches ou pratiques de mise en œuvre ont favorisé le succès?
- 8.2 Comment ces approches ou pratiques ont-elles été appuyées par le PAGU et le FSCA?
- 8.3 Comment ces approches ou pratiques peuvent-elles être mieux appuyées par le PAGU?
Questions transversales
- Comment la mise en œuvre du PAGU pourrait-elle être améliorée pour que le transfert des services aux communautés des Premières Nations progresse?
- 9.1 À quoi ressemble le transfert de services pour les partenaires des Premières Nations dans le contexte du PAGU?
- 9.2 Comment prévoit-on faire progresser le transfert des services et appuyer l'autodétermination des Premières Nations dans le cadre du PAGU?
- 9.3 Quels facteurs appuient ou entravent le transfert des services aux communautés et partenaires des Premières Nations (p. ex., lois, règlements, rigidité des modalités – y compris les exigences en matière de rapports – compétences et ressources ou développement de celles-ci, financement, etc.)?
- Comment les activités et les processus de mise en œuvre du PAGU ont-ils tenu compte des répercussions des changements climatiques et comment ont-ils été adaptés en conséquence?
- 10.1 Quelles sont les répercussions des changements climatiques sur la gestion des urgences?
- 10.2 Comment PAGU a-t-il tenu compte de ces répercussions et comment y a-t-il été adapté?
- 10.3 Quels effets des changements climatiques liés à la gestion des urgences ne sont pas bien pris en charge?
- Comment les activités et les processus de mise en œuvre du PAGU ont-ils tenu compte des répercussions de la pandémie de COVID-19 et comment ont-ils été adaptés en conséquence?
- 11.1 Quelles sont les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la gestion des urgences?
- 11.2 Comment PAGU a-t-il tenu compte de ces répercussions et comment y a-t-il été adapté?
- 11.3 Quels effets de la pandémie de COVID-19 n'ont pas bien été pris en charge?
Annexe 2. Indicateurs de rendement pour la gestion des urgences dans les réserves
Les résultats et les indicateurs du tableau 6 ont été définis dans une présentation de 2019 au Conseil du Trésor. Lors de la période évaluée, le PAGU a commencé à faire des mises à jour de la mesure du rendement. Par conséquent, tous les indicateurs de rendement du PAGU ont depuis été revus et restructurés. Les indicateurs ci-dessous, qui étaient en vigueur de 2019 à 2023, ont été utilisés lors de l'évaluation.
Tableau 6. Cibles et indicateurs de rendement pour chaque résultatNote de bas de page 65
Résultats immédiats (de 1 à 3 ans)
- Les communautés des Premières Nations participent activement aux discussions sur les ententes multilatérales de services de gestion des urgences.
- Indicateur : Pourcentage des provinces et territoires où les partenaires des Premières Nations participent activement aux discussions sur les ententes multilatérales de services de gestion des urgences.
Cible : 83 % des Premières Nations participent activement aux discussions.
Date de l'atteinte de la cible : 2020-2021.
- Indicateur : Pourcentage des provinces et territoires où les partenaires des Premières Nations participent activement aux discussions sur les ententes multilatérales de services de gestion des urgences.
- Les communautés des Premières Nations ont renforcé leur capacité à se préparer aux urgences, à en atténuer les effets, à intervenir lorsqu'elles surviennent et à rétablir la situation par la suite.
- Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui ont mis en œuvre au moins un élément de préparation à la gestion des urgences ou des mesures d'atténuation non structurelle au cours des deux dernières années.
Cible : 70 % des communautés des Premières Nations ont mis en œuvre au moins un élément de préparation aux urgences ou d'atténuation non structurelle.
Date de l'atteinte de la cible : 2019-2020.
- Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui ont mis en œuvre au moins un élément de préparation à la gestion des urgences ou des mesures d'atténuation non structurelle au cours des deux dernières années.
- L'infrastructure des Premières Nations est plus résilienteNote de bas de page 66.
- Indicateur : Nombre de projets d'infrastructure résiliente en cours ou achevés à l'aide du financement alloué.
Cible : 56 projets d'atténuation structuraux en cours ou achevés.
Date de l'atteinte de la cible : 2023-2024.
- Indicateur : Nombre de projets d'infrastructure résiliente en cours ou achevés à l'aide du financement alloué.
Résultats intermédiaires (de 3 à 5 ans)
- De nouvelles ententes et pratiques ont été mises en place pour mieux se préparer aux urgences, en atténuer les effets, intervenir lorsqu'elles surviennent et rétablir la situation par la suite.Note de bas de page 67
- Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui sont visées par une entente multilatérale de services de gestion des urgences.
Cible : 47 % des communautés visées par une entente multilatérale de services de gestion des urgences.
Date de l'atteinte de la cible : 2024-2025. - Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui disposent d'un plan d'urgence tous risques comportant un volet sur la santé.
Cible : 85 % des communautés des Premières Nations ont un volet sur la santé dans leur plan de gestion des urgences tous risques.
Date de l'atteinte de la cible : 2022-2023. - Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui reçoivent les services d'un coordonnateur de la gestion des urgences ou de la santé (à l'échelle de la communauté ou du conseil tribal).
Cible : 80 % des communautés reçoivent les services d'un coordonnateur de la gestion des urgences ou de la santé.
Date d'atteinte de la cible : 2023-2024.
- Indicateur : Pourcentage des communautés des Premières Nations qui sont visées par une entente multilatérale de services de gestion des urgences.
Résultat final (5 ans ou plus)
- Les communautés des Premières Nations ont renforcé leurs capacités d'intervention et de rétablissement.
- Indicateur : Pourcentage de personnes évacuées à long terme qui sont rentrées chez elles ou dont la date de retour est prévue dans les deux ans suivant leur évacuation.
Cible : 100 % des personnes évacuées à long terme sont rentrées chez elles dans les deux ans qui ont suivi leur évacuation.
Date de l'atteinte de la cible : 2025-2026.
- Indicateur : Pourcentage de personnes évacuées à long terme qui sont rentrées chez elles ou dont la date de retour est prévue dans les deux ans suivant leur évacuation.
Annexe 3. Indicateurs de rendement pour le Fonds de soutien aux communautés autochtones
Tableau 7. Cibles et indicateurs de rendement pour chaque résultat
Résultat immédiat
- Les communautés et organisations autochtones ont accès à un soutien financier pour faire face à la pandémie de COVID-19.
- Indicateur : Pourcentage de propositions approuvées qui sont fondées sur les besoins, toutes distinctions confondues.
Cible : 80 %
Date de l'atteinte de la cible : Mars 2023 - Indicateur : Pourcentage des affectations directes aux Premières Nations versées dans les 45 jours suivant la disponibilité des fonds.
Cible : 65 %
Date de l'atteinte de la cible : Mars 2023 - Indicateur : Pourcentage des affectations directes aux Nations autonomes et signataires de traités modernes versées dans les 45 jours suivant la disponibilité des fonds.
Cible : 65 %
Date de l'atteinte de la cible : Mars 2023
- Indicateur : Pourcentage de propositions approuvées qui sont fondées sur les besoins, toutes distinctions confondues.
Résultat intermédiaire
- Les communautés et les organisations autochtones mettent en œuvre des solutions communautaires en réponse à la pandémie de COVID-19.
- Indicateur : Pourcentage des affectations directes aux Premières Nations utilisées pour des activités admissibles.
Cible : 85 %
Date de l'atteinte de la cible : Juillet 2023 - Indicateur : Pourcentage des affectations directes aux Nations autonomes et signataires de traités modernes utilisées pour des activités admissibles.
Cible : À déterminer
Date de l'atteinte de la cible : Juillet 2023
- Indicateur : Pourcentage des affectations directes aux Premières Nations utilisées pour des activités admissibles.
Résultat Final
- Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les peuples et les communautés autochtones sont atténuées.
- Indicateur : Ratio des hospitalisations liées à la COVID-19 par 100 000 cas.
Cible : Les hospitalisations demeurent stables ou diminuent.
Date de l'atteinte de la cible : Mars 2023 - Indicateur : Ratio de décès liés à la COVID-19 par 100 000 cas.
Cible : Les hospitalisations demeurent stables ou diminuent.
Date de l'atteinte de la cible : Mars 2023
- Indicateur : Ratio des hospitalisations liées à la COVID-19 par 100 000 cas.
Annexe 4. Limites méthodologiques
Le PAGU et le FSCA interagissent avec des programmes mis en œuvre par la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuit qui ne font pas partie de la portée de l'évaluation. Il se peut que les réponses fournies par les répondants des communautés ou des conseils tribaux ne se limitent pas aux services et au financement fournis dans le cadre du PAGU et de la composante du PAGU du FSCA. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a aidé les répondants à reconnaître le financement et les services du PAGU et du FSCA;
- a évalué la correspondance des réponses avec les modalités et les activités admissibles du PAGU et du FSCA afin de relever les réponses qui se rapportent à d'autres programmes.
L'évaluation simultanée de l'autorité relative aux soins de santé primaires et du Programme de contrôle et de gestion des maladies transmissibles permet la participation des représentants des Premières Nations à de multiples évaluations. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a rencontré régulièrement les responsables de ces évaluations afin de trouver des possibilités de collaboration pendant la collecte des données;
- a communiqué des données pour l'évaluation du contrôle et de la gestion des maladies transmissibles.
Les personnes les plus touchées pourraient être le moins en mesure de participer à une évaluation. La connectivité limitée dans les communautés éloignées peut signifier que les Premières Nations les plus touchées ne sont pas en mesure de faire part de leurs histoires par voie numérique, et les frais de déplacement peuvent être trop élevés pour aller les voir en personne. De même, les communautés en situation d'urgence peuvent ne pas avoir le temps ou les ressources nécessaires pour participer. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a visité les communautés, a eu des entretiens et a mené le sondage au printemps, avant les inondations et la saison des feux de forêt.
L'évaluation ne visait pas à entendre directement les personnes qui sont susceptibles d'éprouver des difficultés accrues pendant une situation d'urgence. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a utilisé une trousse d'outils méthodologiques de sorte à permettre aux représentants des Premières Nations de décider qui devrait participer à l'évaluation et de quelle façon;
- a demandé aux représentants des Premières Nations de faire part de leurs points de vue sur la façon dont ces groupes ont été pris en considération et touchés.
La désaffection quant à la mobilisation peut survenir lorsqu'une population fait l'objet de recherches excessives, ce qui est le cas des peuples autochtones au Canada. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a tiré parti des connaissances et des données existantes touchant aux domaines d'évaluation à l'aide de recensions des écrits et analyse de documents;
- a participé à une séance de mobilisation avec les partenaires des Premières Nations qui a été initiée par l'équipe du PAGU;
- a insisté sur le fait que la participation était volontaire;
- a fourni aux répondants des options leur permettant de choisir la méthode de communication de leur choix.
Les méthodes de recherche traditionnelles peuvent ne pas convenir pour comprendre les perspectives des Premières Nations sur la solution. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a offert aux répondants (pendant les visites communautaires) des options de méthodes en leur présentant la trousse d'outils méthodologiques;
- a inclus la conversation naturelle, les récits, les cercles de partage et l'apprentissage sur les terres comme options dans la trousse d'outils méthodologiques.
Il y avait le risque de traumatiser à nouveau les représentants des communautés des Premières Nations qui ont vécu des situations d'urgence. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a adopté une approche tenant compte des traumatismes.
Le temps des représentants des communautés est limité, et le temps consacré à l'évaluation les empêche de répondre aux besoins de la communauté. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a vérifié que les questions posées aux représentants de la communauté ne peuvent pas trouver réponse ailleurs et que le point de vue des représentants est nécessaire pour y répondre;
- a été souple dans l'établissement des rendez-vous;
- a insisté sur le fait que la participation était volontaire;
- a fourni des options de participation offrant différents engagements en matière de temps.
Les données de première main recueillies par le gouvernement pourraient ne pas être conformes aux principes de PCAPMD*. La propriété, le contrôle et la possession des données par les Premières Nations sont entravés en l'absence d'une entente d'échange de données, de l'élaboration conjointe de la méthodologie, de la modification de la Loi sur l'accès à l'information ou du transfert de données aux Premières Nations. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- est restées souple dans les questions d'évaluation et la méthodologie pour intégrer les décisions des partenaires des Premières Nations au fur et à mesure de leur participation;
- a utilisé la trousse d'outils méthodologiques afin que les Premières Nations participant à des visites communautaires aient le dernier mot sur les personnes auprès desquelles les données sont recueillies au sein de leur communauté et sur la manière dont les données sont recueillies;
- a demandé l'examen et l'approbation des Premières Nations mobilisées pour leur permettre de décider de l'utilisation et de la divulgation de leurs données;
- était disponible pour fournir aux Premières Nations visées par une visite l'accès à de l'information et à des données sur leur communauté;
- a veillé à ce que les principes du consentement éclairé et continu soient respectés, aux termes du chapitre 9 de l'Énoncé de politique des trois conseils;
- a veillé à ce que les membres de l'équipe d'évaluation de SAC agissent en tant qu'intendants responsables ayant la propriété et la possession des données recueillies auprès des Premières Nations, tout en assurant la transparence et des communications ouvertes avec les partenaires établis.
L'utilisation de différentes méthodes tirées de la trousse d'outils méthodologiques pourrait rendre difficile la comparaison des populations entre les différentes formes de données. Pour cette raison, l'équipe de l'évaluation :
- a axé son analyse sur les récits découlant des données recueillies;
- a contre-vérifié les données des entretiens et discussions de groupe virtuels et en personne, du sondage, du programme et des recensions des écrits.