Ce que nous avons entendu : Recommandations finales et rapports de rétroaction à la suite du Processus consultatif autochtone

Préparé par Services aux Autochtones Canada et le Processus consultatif autochtone en février 2024

Table des matières

Introduction

Ce document donne un aperçu des conclusions et recommandations collectives formulées par le Processus consultatif autochtone (PCA) dans le cadre du Processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10 (ci-après dénommé « Processus de collaboration »). Le PCA est composé de 17 groupes autochtones nationaux, régionaux, de femmes et de jeunes avec lesquels Services aux Autochtones Canada (ci-après désigné comme « SAC » ou le « Ministère ») a travaillé en étroite collaboration pendant un an. Au total, 22 organisations ont été invitées à participer au PCA, et 17 d'entre elles ont accepté. Ces membres ont été invités à conseiller SAC sur la manière de concevoir un processus de consultation inclusif et collaboratif pour aborder les questions de l'exclusion après la deuxième génération et des seuils de vote de l'article 10. Les membres n'ont pas proposé de solutions aux problèmes au cours de cette phase, mais ont plutôt fourni des conseils sur la forme et la fonction en préparation de la phase de consultation du processus.

Le PCA vise à représenter les besoins uniques des Premières Nations et des personnes touchées lorsque des solutions sont envisagées pour les questions clés, tout en cherchant à mettre en œuvre les mesures correspondantes décrites dans le plan d'action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones(Loi sur la Déclaration des Nations Unies). Un plan de consultation  a été élaboré conjointement, reflétant les objectifs, les valeurs et les principes partagés par les membres du PCA et le Ministère, et orientant les événements et les activités de consultation. Toutes les conclusions des membres du PCA ont été rassemblées et résumées dans le présent rapport afin d'honorer le travail accompli et d'assurer la transparence du processus de conception qui a conduit au plan de consultation.

Contexte

La représentante spéciale de la ministre (RSM) pour le processus de collaboration sur l'inscription des Indiens, l'appartenance à une bande et la citoyenneté des Premières Nations 2018 à 2019 a rapporté que : « Il ne fait aucun doute que l'iniquité la plus préoccupante qui a été soulevée tout au long du processus de collaboration [de 2018 à 2019] était celle de la règle de l'exclusion après la deuxième génération [qui] touchera les collectivités des Premières Nations à différents moments et à divers niveaux au point que certaines collectivités n'auront aucun enfant admissible à l'inscription au statut d'Indien au cours de la prochaine génération. »Footnote 1

Compte tenu de l'urgence de ce risque, la RSM a lancé un appel à l'action clair : « Il est recommandé que les Premières Nations, en collaboration avec le gouvernement, exercent des activités urgentes de sensibilisation à ce problème et à son incidence sur les collectivités des Premières Nations. »Footnote 2

En novembre 2023, la ministre des Services aux Autochtones du Canada a lancé le Processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10en réponse aux préoccupations soulevées par les Premières Nations. S'appuyant sur les leçons tirées du Processus de collaboration de 2018-2019, la ministre a invité les organisations autochtones à participer à la conception et à la réalisation conjointe d'une phase de consultation dans le cadre du Processus consultatif autochtone. À partir du printemps 2024, 11 des 17 organisations participantes ont soumis des commentaires et des recommandations finaux au Ministère, guidés par des questions facultatives à l'appui de leurs rapports. Le Ministère a organisé leurs suggestions en thèmes, qui sont résumés dans le présent rapport.

Résumé

Tout au long de ce processus, SAC a travaillé en partenariat avec les membres du PCA pour s'assurer que les voix, les priorités et les expériences vécues des Autochtones guideraient la planification de la consultation et la prise de décision. Les membres du PCA ont apporté des perspectives et une expertise inestimable, offrant des conseils sur la façon dont le processus de consultation pourrait répondre mieux aux besoins uniques des communautés des Premières Nations, tout en s'alignant sur les principes et les objectifs des cadres nationaux et internationaux des droits de la personne. Six thèmes clés ont émergé, mettant en évidence les priorités collectives, notamment l'importance de mettre en œuvre des mesures correctives aux inégalités historiques, de promouvoir l'équité entre les sexes, de reconnaître les obligations juridiques et les droits de la personne, d'assurer l'équité en matière de finances et de ressources, d'améliorer l'accessibilité et d'adopter des échéances souples pour favoriser une mobilisation significative.

Le fait d'honorer les expériences des Autochtones et d'aller de l'avant souligne l'importance de favoriser une relation de confiance, de respect et de coopération avec les Premières Nations, tout en veillant à ce que l'autodétermination reste un objectif central tout au long du processus. Le Ministère doit reconnaître les préjudices historiques infligés à tous les peuples autochtones et prendre les mesures nécessaires pour les résoudre. De même, la transparence dans la prise de décision doit être une priorité afin de s'assurer qu'aucun autre préjudice ne soit perpétué.

Les discriminations fondées sur le sexe demeurent un problème permanent, perpétué par les dispositions discriminatoires de la Loi sur les Indiens. Les femmes autochtones, les personnes deux esprits, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queers, intersexuées, et les personnes faisant partie des communautés qui utilisent d'autre terminologies (ci-après désignées comme « 2ELGBTQI+ ») et leurs descendants continuent de subir les effets durables de ces inégalités. Le Ministère doit donc accorder une attention particulière à la résolution de ces problèmes et veiller à ce que les femmes soient incluses de manière significative dans tous les processus de consultation.

Le Ministère a des obligations juridiques et des obligations envers les droits de la personne qui sontclaires dans ce processus de collaboration, fondées sur les cadres nationaux, internationaux et autochtones des droits de la personne. Pour respecter ces obligations, il faut se conformer aux normes relatives aux droits de la personne et à l'obligation de consult er, tout en accordant la priorité aux objectifs et à l'autodétermination des Premières Nations. En outre, le Ministère doit partager la planification, l'exécution et l'évaluation avec les Premières Nations afin de garantir des résultats mutuellement bénéfiques.

Des ressources et un soutien financier équitables sont essentiels pour que les Premières Nations puissent organiser des événements de consultation qui répondent aux besoins divers et uniques des membres de la communauté qu'elles représentent. Les méthodes de distribution des fonds doivent être réexaminées et communiquées de manière transparente afin de s'assurer que l'augmentation du nombre de membres ne pèse pas sur des ressources déjà limitées ou n'entrave pas la prise de décisions judicieuses.

Les principes d'inclusivité et d'accessibilité soulignent l'importance de veiller à ce que tous les individus – indépendamment de leurs préférences, de leur accès à la technologie ou de leur expérience de la marginalisation – puissent participer pleinement au processus de consultation. Cela implique de collaborer avec des organisations de femmes et des organisations 2ELGBTQI+ qui ont établi des relations avec des personnes vivant hors des réserves ou marginalisées, d'utiliser des approches de consultation multimodales et de veiller à ce que les systèmes de soutien nécessaires soient en place pour permettre la participation.

Il a également été souligné que les Premières Nations doivent décider de l'échéancier, afin que le processus de consultation ne soit pas précipité et ne limite pas les contributions individuelles. Une approche souple, dirigée par les Premières Nations, permettrait aux communautés d'évaluer et de déclarer elles-mêmes leur état de préparation aux consultations. Cette approche garantirait que les consultations ne commencent que lorsque les Premières Nations sont tout à fait prêtes à participer de manière significative, sans retards inutiles susceptibles d'entraver l'élaboration et la proposition de solutions en temps voulu.

Honorer les expériences autochtones et aller de l'avant

Élaboration conjointe

Dans leurs rapports finaux, les partenaires du PCA appellent le Canada à respecter ses engagements en matière de réconciliation, de consultation et de collaboration, tels qu'ils sont énoncés dans la Loi sur la Déclaration des Nations Unies.Footnote 3 Le processus de collaboration doit être abordé avec respect et humilité, et chercher à favoriser un partenariat significatif. Il s'agit notamment de s'associer aux Premières Nations et aux organisations autochtones représentatives pour participer à la conception du matériel, à l'organisation des séances de consultation et à l'élaboration des solutions possibles pour résoudre le problème de l'exclusion après la deuxième génération et des seuils de vote en vertu de l'article 10.

L'Association des femmes autochtones de l'Ontario (AFAO) et le Groupe de travail sur la discrimination fondée sur le sexe dans la Loi sur les Indiens sont favorables au mécanisme de contrôle indépendant d'un RSM, tel qu'il a été utilisé dans le cadre du processus de collaboration 2018-19, et recommandent de l'inclure dans le processus actuel.Footnote 4 Il s'agit de s'assurer que les changements législatifs proposés reflètent fidèlement ce qui a été partagé au cours du processus de consultation et de fournir des recommandations pour les réformes futures.Footnote 5 L'AFAO et le GTDFSLI suggèrent que les consultations comprennent une approche en trois phases,Footnote 6 avec d'autres partenaires du PCA soulignant l'importance d'un échéancier clairement communiqué.Footnote 7

Ces phases seraient dirigées par les organisations autochtones et les Premières Nations, avec le soutien de SAC, afin de : (1) s'assurer qu'il y a une période suffisante d'échange de l'information, y compris les répercussions historiques, présentes et futures de l'exclusion après la deuxième génération (comme la perpétuation de la discrimination sexuelle, la violence contre les femmes des Premières Nations et les violations individuelles et collectives des droits humains); (2) affiner et évaluer les options à travers un processus de collaboration; et (3), une phase de prise de décision où les titulaires de droits sont informés des critères et ont la possibilité de faire des commentaires.Footnote 8

Le Congrès des peuples autochtones (CPA) a exprimé son soutien à l'approche en deux phases initialement proposée pour le processus de collaboration, comprenant une phase d'élaboration conjointe et d'échange d'informations, suivie d'une phase de consultation et d'activités.Footnote 9

Cependant, le CPA a noté que « le processus de mobilisation devrait rester ouvert et ne pas être défini par des questions concernant l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10. Les membres de la communauté fourniront des informations sur d'autres questions relatives à la Loi sur les Indiens et il faudra mettre en place un processus prédéterminé pour intégrer ces connaissances dans ce processus et dans les collaborations futures ».Footnote 10 Les partenaires ont plaidé en faveur d'une communication claire et continue tout au long du processus de collaboration, y compris aux stades de la conception, de l'exécution et de la mise en œuvre.

Plusieurs partenaires ont recommandé que les événements et les activités de consultation soient menés par les Premières Nations et les organisations représentatives, avec le soutien de Services aux Autochtones Canada au besoin.Footnote 11 L'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UCICB) et l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique (APNCB) ont insisté sur le fait que « SAC devrait inclure un cadre clair pour la responsabilisation et l'utilisation des contributions des titulaires de droits ».Footnote 12 Ils insistent sur le fait que « les facilitateurs et les documents de suivi [...] recueillent étroitement les commentaires et [...] [que les commentaires] sont largement mis à la disposition des participants » par le biais d'un rapport « Ce que nous avons entendu » à l'issue de la période de consultation.Footnote 13 En outre, des mesures de responsabilisation suffisantes sont nécessaires pour garantir que les Premières Nations sont non seulement incluses dans l'élaboration des solutions, mais qu'elles ont également la possibilité de faire part de leur avis et de leurs commentaires avant la mise en œuvre.Footnote 14

L'Association du barreau autochtone (ABA) demande l'inclusion d'un échange des connaissances conçu pour que « les Canadiens apprennent leur propre histoire et critiquent la perception publique des peuples autochtones comme des peuples fondés sur la race ».Footnote 15 L'ABA déclare que « les liens de parenté et d'appartenance au sein des différents ordres juridiques et sociaux autochtones sont essentiels pour comprendre comment le droit à l'inscription en vertu de la Loi sur les Indiens peut interagir avec les lois sur la citoyenneté autochtone à l'avenir, d'une manière qui soutienne l'autodétermination ».Footnote 16

Ils soulignent en outre que le processus de collaboration et les solutions associées « doivent être guidés par l'objectif d'aider les peuples autochtones à restaurer et à réarticuler les modèles civiques de citoyenneté et de gouvernance basés sur leurs propres ordres juridiques autochtones ».Footnote 17 Un cadre de travail élaboré conjointement permet de mener un processus de consultation qui reconnait et centralise de manière significative les modèles autochtones de connaissance et d'appartenance.

Transparence

Un thème commun soulevé par les partenaires du PCA est le besoin d'une plus grande transparence au sujet de la conception, de la prise de décision et de tous les facteurs externes qui peuvent avoir un effet sur le processus de collaboration. Les Femmes autochtones du Québec (FAQ) et le CPA soutiennent que le Ministère devrait divulguer la façon dont une élection fédérale ou un changement de gouvernement pourrait se répercuter sur le processus de collaboration et son plan pour atténuer les obstacles ou les retards potentiels qui pourraient survenir à la suite de ce processus. Footnote 18

L'Assemblée des Premières Nations (APN) souligne qu'un accord devrait être conclu pour améliorer l'accessibilité des informations afin de soutenir les Premières Nations.Footnote 19 L'UCICB et l'APNCB notent que les informations devraient inclure « des données démographiques relatives aux taux de natalité et de mortalité, aux taux d'ex-parentalité, aux taux d'enfants touchés par la paternité [inconnue et] non déclarée, et aux affiliations pour les nouvelles inscriptions d'enfants ayant le statut d'Indien inscrit, ainsi que les dates d'extinction législative prévues dans le pire des cas pour les individus des Premières Nations et les bandes indiennes/Premières Nations ». Footnote 20

L'APN souligne que si l'exclusion après la deuxième génération est maintenue, elle « peut avoir des implications juridiques en ce qui concerne le statut des terres de réserve et la perte potentielle des droits politiques en tant que membres d'une bande ou en tant qu'Indiens inscrits ».Footnote 21 L'UCICB et l'APNCB demandent que les documents de consultation comprennent des « estimations de l'extinction des Indiens inscrits et des bandes en vertu de la Loi sur les Indiens actuelle pour les Premières Nations par région » et soulignent la nécessité de fournir des données démographiques et d'autres documents avant les événements de consultation.Footnote 22

Un soutien plus large à l'autodétermination

Au-delà du processus de collaboration, il convient d'aider les Premières Nations à atteindre l'autodétermination. Cela inclut des programmes qui renforceraient les capacités et permettraient aux peuples autochtones de « déterminer qui a une appartenance, pourquoi et comment ». Footnote 23

L'APN, les FAQ, la Nation Anishinabek et l'APN Manitoba sollicitent le soutien de la recherche généalogique menée par les Premières Nations pour favoriser l'autodétermination.Footnote 24 Les résultats de ces recherches devraient être accessibles à toutes les Premières Nations, affirment la Nation Anishinabek et le conseil d'administration de l'APN.Footnote 25 L'APN Manitoba demande également la création d'un bureau des archives et des dossiers d'adoption, qui permettrait aux individus de retracer la façon dont ils ont perdu leur statut.Footnote 26 La Nation Anishinabek souligne que « les arbres généalogiques peuvent aider à retracer la lignée, à comprendre les répercussions de l'exclusion après la deuxième génération et à aider les personnes à renouer avec leur patrimoine ».Footnote 27 Le conseil d'administration de l'APN demande en outre la création d'un organisme externe, à savoir une commission sur le renouvellement de la citoyenneté tribale des Premières Nations, qui mènerait des recherches sur la façon dont les personnes ont perdu leur statut.Footnote 28

L'ABA préconise la création d'un organisme consultatif sur la citoyenneté autochtone et les droits de la personne, composé d'experts autochtones, en particulier de femmes des Premières Nations et de personnes 2ELGBTQI+. Cet organisme évaluerait les demandes d'abaissement des seuils d'adhésion, en veillant à l'alignement sur les ordres juridiques autochtones et les besoins des communautés.Footnote 29 Ils soulignent que « la trajectoire commune devrait viser à s'éloigner des systèmes juridiques discriminatoires et à s'engager à faire respecter les droits autochtones inhérents et certains droits de la personne universels au sein des nations autochtones. L'adoption de principes d'équité et d'inclusivité permet aux nations autochtones de tracer une voie vers l'autodétermination qui respecte leurs ordres juridiques distincts, leurs traditions culturelles et leurs valeurs ».Footnote 30

L'AFAO souligne que les femmes des Premières Nations et leurs descendants, dont le statut a été rétabli ou amélioré grâce aux modifications apportées à la Loi sur les Indiens, ont le droit inhérent d'appartenir à leurs bandes et à leurs communautés. Ce droit à l'appartenance, affirment-elles, devrait être automatique et ne pas dépendre des demandes ou du consentement de la bande. L'AFAO ajoute qu'il faut « reconnaître la compétence inhérente des Premières Nations à déterminer leur propre citoyenneté d'une manière qui respecte l'égalité des femmes des Premières Nations, le droit à leur nation, à leur culture et à leur identité, et le droit de transmettre leur culture à leurs enfants ».Footnote 31

De plus, le CPA souligne que l'autodétermination nécessite des approches décolonisatrices qui résistent aux répercussions de la colonisation et les annulent. Il affirme que « la décolonisation exige que nous nous attaquions tous aux obstacles qui entravent la revendication et le rétablissement des droits des Indiens hors réserve et non-inscrits, des Métis et des Inuit du Sud ».Footnote 32

Enfin, le GTDFSLI souligne les obligations découlant de cadres internationaux tels que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), qui exigent la suppression des dispositions discriminatoires telles que l'exclusion après la deuxième génération. Il- affirme que ces protections devraient être garanties de la même manière aux femmes et aux hommes autochtones, en affirmant le droit des individus à ne pas être assimilés de force et à avoir accès à des réparations et à des recours.Footnote 33

Les partenaires soulignent qu'il est essentiel de tenir compte des points de vue autochtones et de respecter les principes d'équité, d'inclusion et de réconciliation dans toutes les mesures de soutien à l'autodétermination. En s'attaquant aux injustices historiques, en respectant les ordres juridiques autochtones et en favorisant la capacité des communautés à définir leur propre appartenance et identité, le Canada peut prendre des mesures significatives pour soutenir l'autodétermination des Autochtones et remplir ses engagements au titre de la DNUDPA.

La discrimination fondée sur le sexe

Dans leurs rapports, plusieurs partenaires du PCA affirment que, malgré les progrès réalisés avec le projet de loi S-3, la discrimination fondée sur le sexe continue d'avoir des répercussions sur les femmes des Premières Nations et leurs descendants.Footnote 34 Les femmes dont le statut a été retiré au moment du mariage ont été exclues de leur communauté et ont été coupées de leur culture, car elles et leurs enfants ont perdu leurs droits en matière de statut.Footnote 35 Ces conséquences sont ressenties non seulement au niveau individuel, mais aussi à travers les générations.Footnote 36

L'ABA décrit les répercussions de la perte du statut sur les femmes, notamment la perte de la culture, du droit de posséder et d'hériter de biens dans la réserve, la pauvreté due au fait qu'elles sont coupées du soutien et des ressources communautaires qui accompagnent le droit au statut, et l'exclusion de leurs descendants de la communauté.Footnote 37 Le GTDFSLI explique que « par définition juridique, le Canada a forcé les femmes des Premières Nations et leurs descendants à quitter leurs communautés pour rejoindre la population non-autochtone, les privant de leurs droits, de la reconnaissance, de leur voix politique, de leur culture, de leur langue, de leurs liens familiaux et communautaires, de leur sécurité et de leur sûreté ». Footnote 38

L'ABA ajoute que les catégories d'inscription divisent les communautés et que l'absence de statut peut avoir un effet sur le « droit d'appartenance » d'une personne, y compris l'accès au patrimoine et aux traditions. Footnote 39 L'AFAO exprime cette division comme suit : « Dans l'ensemble, les femmes constituent la grande majorité des personnes dont le statut d'Indien a été retiré et rétabli. Les valeurs et l'intention sexistes et paternalistes des politiques canadiennes soumettent la majorité des personnes dont le statut a été rétabli, à savoir les femmes des Premières Nations en vertu de l'article 6(2), à subir le poids de cette violence coloniale... Ce qui est particulièrement blessant à propos de la Loi sur les Indiens, c'est que, bien que nous ne l'ayons pas créée et que nous n'y ayons jamais consenti, elle a servi à diviser nos peuples. » Footnote 40

L'AFAO attire l'attention sur le lien entre la discrimination dans la Loi sur les Indiens et la violence à l'égard des femmes, en citant l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) et la Commission royale sur les peuples autochtones de 1999. Footnote 41 L'AFAO poursuit en déclarant que « pendant trop longtemps, nos communautés ont été divisées à cause de la discrimination inscrite dans la Loi sur les Indiens. Les femmes autochtones ont été et continuent d'être les premières à démanteler la discrimination contenue dans la Loi afin que nos petits-enfants et les petits-enfants de nos petits-enfants puissent jouir du droit à leur culture, à leur communauté et à leur identité pour les générations à venir ». Footnote 42

En fin de compte, l'AFAO et l'ABA identifient la Loi sur les Indiens comme faisant partie du système qui perpétue la violence contre les femmes autochtones et plaident pour son démantèlement. Footnote 43

L'ABA ajoute que les personnes 2ELGBTQI+ ont également été affectées par les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription.Footnote 44 En particulier, ils soulignent les catégories d'inscription des paragraphes 6(1) et 6(2) qui définissent la structure familiale selon des idées « eurocentriques et hétéronormatives ».Footnote 45 L'ABA fait remarquer que les Autochtones, en particulier les femmes, ressentent la pression de pouvoir transmettre leurs droits à leurs enfants, et pour les personnes 2ELGBTQI+, ces pressions et ces défis sont amplifiés pour plusieurs raisons, notamment parce qu'elles peuvent avoir moins d'options pour des partenaires romantiques ou parentaux dans leurs communautés.Footnote 46 En outre, l'ABA souligne les défis en disant que « historiquement, les personnes bispirituelles étaient acceptées, incluses et occupaient souvent des rôles spéciaux et des positions de leadership au sein des sociétés autochtones. Cependant, la Loi sur les Indiens a imposé un cadre dans lequel il n'y avait et il n'y a toujours pas de reconnaissance des relations entre personnes de même sexe et les personnes bispirituelles sont forcées d'être classées comme hommes ou femmes ». Footnote 47

Avec l'adoption du projet de loi S-3 qui entrera pleinement en vigueur en 2019, le Ministère est d'avis que toutes les inégalités connues fondées sur le sexe dans les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription ont été corrigées. Footnote 48 L'ABA et l'AFAO estiment que le projet de loi S-3 ne va pas assez loin pour mettre fin à toutes les inégalités fondées sur le sexe, et que la discrimination fondée sur le sexe se poursuit jusqu'à l'exclusion après la deuxième génération. Footnote 49

Le GTDFSLI et l'ABA soulignent les conclusions de la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). Footnote 50 Le CEDEF, en 2022, a adopté un avis selon lequel le Canada contrevient aux articles 1, 2 et 3 de la CEDEF, déclarant que l'exclusion après la deuxième génération est discriminatoire sur la base du genre en ayant un effet négatif sur les descendants des femmes émancipées. Footnote 51 L'ABA affirme que, le Canada étant un état membre, sa législation fédérale doit se conformer à la CEDEF, Footnote 52 et que le Canada n'a pas tenu compte de ses engagements juridiques internationaux. Footnote 53

L'AFAO affirme que des réformes sont nécessaires pour éliminer toutes les pratiques discriminatoires,Footnote 54 et le GTDFSLI ajoute que la portée du projet de loi C-38 est beaucoup trop étroite, tout comme l'approche du Canada en matière de réforme.Footnote 55 L'AFAO déclare que « l'approche fragmentée et contentieuse du Canada à l'égard des changements législatifs a entraîné des inégalités résiduelles qui continuent d'avoir un effet négatif sur les femmes des Premières Nations et leurs familles ». Footnote 56 L'ABA ajoute que « si les amendements législatifs précédents ont été entrepris dans le but de trouver un équilibre entre ces préoccupations, ils n'ont pas réussi à résoudre efficacement les problèmes sous-jacents ».Footnote 57 Elle ajoute qu'il « est très peu probable que des modifications progressives éliminent totalement la discrimination fondée sur le sexe et le genre de la Loi sur les Indiens tant que les règles d'exclusion après la deuxième génération resteront en vigueur ».Footnote 58

Lors de l'examen de la mise en œuvre des modifications législatives, le GTDFSLI, l'AFAO, l'ABA, l'UCICB et l'APNCB affirment dans leurs rapports que le Canada doit supprimer la « clause de non-responsabilité » qui empêche l'indemnisation pour la discrimination en vertu de la Loi sur les Indiens. Footnote 59 L'UCICB et l'APNCB déclarent que « le Canada n'a pas reconnu de manière significative les pertes et les préjudices subis par les femmes des Premières Nations et des générations de descendants en interdisant l'accès aux réparations ou à l'indemnisation par l'adoption d'une clause de non-responsabilité ». Footnote 60

En outre, partenaires du PCA demandent au Canada de reconnaître ouvertement sa discrimination dans les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription et à l'appartenance, et de parler de son histoire de colonisation.Footnote 61 La Nation Anishinabek ajoute que cette histoire façonne le contexte des consultations et que cette reconnaissance « est essentielle pour instaurer la confiance et faciliter un dialogue véritable » dans le cadre du processus de collaboration.Footnote 62 L'UCICB et l'APNCB soutiennent qu'il faut un compte rendu véridique de l'histoire discriminatoire de la Loi sur les Indiens, de ses effets continus et de la façon dont elle est « utilisée pour diviser les communautés et promouvoir la violence latérale ».Footnote 63

Les réflexions sur l'effet de la discrimination fondée sur le sexe lors de l'inscription est un thème commun aux rapports des partenaires du PCA. Ils évoquent la perte de culture et la déconnexion subies par les femmes, soulignent les obstacles rencontrés par les personnes 2ELGBTQI+, soulignent les preuves présentées par le CEDEF et appellent le Canada à reconnaître directement les dommages causés par la discrimination.

Obligations juridiques et en matière de droits de la personne

Il existe un consensus clair parmi les partenaires du PCA, exhortant le gouvernement fédéral à respecter ses obligations internationales et nationales en matière de droits de la personne tout au long du processus de collaboration. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peoples autochtones (DNUDPA)reconnaît les droits individuels et collectifs des peuples autochtones dans le monde entier et a été adoptée dans le droit canadien en juin 2021 en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La Loi sur la Déclaration des Nations Unies exige que le Canada prenne des mesures pour s'assurer que les lois fédérales sont conformes à la DNUDPA et qu'il rend compte de son progrès annuellement.

Le plan d'action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies prescrit à SAC, au chapitre 2, Priorités des Premières Nations, mesure 2.8, de : « Élaborer conjointement un processus de consultation sur une série de réformes plus vastes concernant l'inscription et l'appartenance à une bande, avant toute transition vers l'abandon de la Loi sur les Indiens. Cela comprend de consulter et de collaborer efficacement avec les femmes des Premières Nations pour éliminer les problèmes liés au genre qui subsistent. Le Canada reconnaît que la Loi sur les Indiens est une loi datant de l'époque coloniale, conçue pour exercer un contrôle sur les affaires des Premières Nations et qu'à ce titre, cette loi ne sera jamais entièrement compatible avec la Déclaration des Nations Unies. Pour que les lois du Canada respectent la Loi sur la Déclaration des Nation Unies, la Loi sur les Indiens doit être abrogée. »Footnote 64

L'AFAC, l'AFAO, la FAQ, le CPA, le GTDFSLI, la Nation Anishinabek, l'APN, l'ABA, l'UCICB et la APNCB demandent que les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme soient maintenus et respectés.Footnote 65 Les partenaires citent les articles 8.1, 9 et 18 et affirment que le Canada contrevient à ces articles, en particulier les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription.Footnote 66 Les articles de la DNUDPA cités par les partenaires du PCA sont les suivants :

L'ABA, le GTDFSLI, l'AFAO, la FAQ, l'UCICB et la APNCB qualifient l'exclusion après la deuxième génération d'assimilation, ce qui signifie que les générations futures perdront leur statut si elles ont un enfant avec une personne qui n'a pas le droit d'être inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens.Footnote 70 En outre, ils demandent au Canada de respecter le droit des Premières Nations à l'autodétermination en reconnaissant leurs propres citoyens sans qu'il soit nécessaire d'intervenir au niveau ministériel.Footnote 71 L'ABA souligne que le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a estimé que le Canada contrevenait aux articles 8 et 9 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.Footnote 72 En outre, le CPA a souligné que « le gouvernement devrait veiller à ce que la consultation des populations autochtones vivant hors des réserves se fasse par l'intermédiaire des représentants qu'elles ont choisis, conformément à l'article 18 de la DNUDPA, et non par le biais des structures historiquement et arbitrairement imposées par la Loi sur les Indiens (c'est-à-dire les bandes visées par la Loi sur les Indiens, qui se désignent aujourd'hui comme des « Premières Nations » alors qu'elles n'ont qu'une compétence limitée, voire aucune compétence, en dehors des réserves) ».Footnote 73

L'AFAO se réfère à l'article 22 de la DNUDPA pour la prévention de la discrimination fondée sur le sexe, car il oblige les États à accorder une attention particulière aux droits et aux besoins spécifiques d'un certain nombre de groupes, y compris les femmes.Footnote 74 L'article 22 stipule que :

En outre, l'AFAC déclare que « la Loi sur les Indiens est diamétralement opposée à de nombreux droits et principes [énoncés dans] la DNUDPA et plaide en faveur de l'abrogation et du remplacement de la Loi ».Footnote 76 L'ABA, l'AFAC et l'AFAO s'accordent à dire que la Loi sur les Indiens doit être abrogée, l'APN Manitoba suggérant en outre le démantèlement de l'actuel Bureau d'inscription des Indiens. Footnote 77

Le Canada a l'obligationlégale de consulter les titulaires de droits, comme le soulignent le GTDFSLI, l'APN, l'UCICB et l'APNCB, pour toute question susceptible d'avoir une incidence sur les droits ancestraux ou issus de traités, qu'ils soient potentiels ou établis.Footnote 78 Toutefois, l'AFAI note que le respect des obligations légales et des droits de la personne « ne peut justifier des retards supplémentaires dans la mise en œuvre de mesures correctives complètes en cas de discrimination. La consultation au titre de la DNUDPA [et de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies] vise à faciliter la mise en œuvre des droits de la personne, et non à les retarder. »Footnote 79

L'ABA insiste sur le fait que les Premières Nations devraient avoir l'autonomie de déterminer leurs membres, mais reconnaît que certaines Premières Nations ont adopté des codes d'appartenance qui perpétuent la discrimination.Footnote 80 L'ABA déclare également que « les processus et les documents de consultation doivent tenir compte des perspectives distinctes des détenteurs de droits individuels et collectifs ».Footnote 81 Pour séparer les « structures de la citoyenneté autochtone de l'appartenance à la Loi sur les Indiens », l'ABA suggère que les experts juridiques autochtones « facilitent les conversations sur la compréhension de l'histoire et l'adaptation d'ordres juridiques distincts, et sur la façon dont ils peuvent être articulés et revitalisés dans la société moderne ».Footnote 82 L'APN, l'ABA et l'AFAC s'accordent à dire que les divers ordres juridiques traditionnels autochtones devraient inspirer les changements apportés aux dispositions de la Loi sur les Indiens relatives aux droits et à l'appartenance.Footnote 83 L'AFAC suggère en outre que « les coutumes, les traditions, les règles et les systèmes juridiques de chaque communauté devraient permettre d'apporter des solutions spécifiques à chaque nation et communauté autochtone, en accord avec leurs systèmes de gouvernance uniques ».Footnote 84

En conclusion, tous les partenaires demandent au Canada de respecter ses obligations internationales et nationales en matière de droits de la personne en ce qui concerne l'inscription en vertu de la Loi sur les Indiens. Il s'agit notamment des articles 8.1, 9 et 18 de la DNUDPA, de l'obligation de consultation et d'accommodement et des engagements pris par le Canada dans le plan d'action relatif à la Loi sur la Déclaration des Nations Unies.

Des ressources et un soutien financier équitables

Les commentaires des partenaires du PCA soulignent constamment qu'un financement suffisant forme une partie intégrale de la participation pleine et significative des Premières Nations et des personnes touchées aux consultations. Les partenaires du PCA demandent que les ressources financières soient réparties équitablement entre les parties touchées, et que des ressources soient offertes pour soutenir les organisations provinciales et territoriales afin d'assurer une représentation diversifiée de toutes les régions.

Le CPA a noté que le Processus de collaboration 2018-19 « n'a pas fourni de ressources adéquates et que beaucoup de nos organisations ont été laissées de côté. » Footnote 85 Ils poursuivent en disant que les « organisations qui ont reçu un soutien dans le [Processus de collaboration 2018-19] sentaient qu'ils manquaient de ressources, ce qui a conduit à une mobilisation limitée et inadéquate de la communauté. »Footnote 86 Le CPA et l'AFAC – deux organisations nationales ayant des sections provinciales et territoriales affiliées, demandent à SAC de veiller à ce qu'un financement adéquat soit disponible pour les représentants régionaux intéressés par la consultation afin qu'ils puissent mener la mobilisation à l'échelle de la province.Footnote 87

En outre, l'AFAO souligne que les organisations de femmes autochtones ont besoin d'un financement adéquat pour éduquer les titulaires de droits sur les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription afin de : (1) diriger la mobilisation avec les femmes et les familles des Premières Nations; (2) aider à l'amélioration et à l'évaluation des options législatives; et (3) participer aux processus de prise de décision.Footnote 88 Des ressources financières sont nécessaires pour que les organisations puissent soutenir les activités de consultation et aider les titulaires de droits à participer de manière significative aux séances de mobilisation.Footnote 89 L'AFAO et l'AFAC affirment que des honoraires ou une compensation similaire devraient être accordés aux aînés et aux femmes, filles, bispirituels, transgenres et participants de genres différents (2ELGBTQI+),Footnote 90 de sorte que « l'on ne s'attend pas à ce qu'ils donnent leur temps, leur sagesse, leurs idées et leurs points de vue gratuitement ».Footnote 91

Reconnaissant les répercussions potentielles des changements législatifs, FAQ, l'ABA et le GTDFSLI soulignent que le Canada doit clairement s'engager à fournir un financement accru aux Premières Nations pour soutenir l'intégration des nouveaux membres, parallèlement à toute solution législative qui aborde la question de l'exclusion après la deuxième génération. Footnote 92

Le GTDFSLI souligne l'importance de répondre aux préoccupations principales, en posant les questions suivantes : « Les bandes et les communautés peuvent-elles soutenir les nouveaux membres, comment le feront-elles, et quelles sont les ressources disponibles pour le faire? » Footnote 93 L'ABA reconnaît que l'augmentation du nombre de membres « exercera une pression supplémentaire sur les finances, l'infrastructure, les terres, les programmes et les services [des Premières Nations] déjà mis à rude épreuve ». Footnote 94 Enfin, FAQ affirme que le Canada « doit indiquer clairement que ces besoins seront satisfaits afin que l'augmentation du nombre de membres n'ait pas d'effet négatif sur la communauté ». Footnote 95

Les discussions au sein des communautés sur les solutions à l'exclusion après la deuxième génération doivent être abordées en tenant compte du fait que le Canada a l'obligation d'augmenter le financement de base des Premières Nations pour faire face aux répercussions des changements législatifs qui amènent des membres supplémentaires. Le GTDFSLI, FAQ, l'ABA, l'AFAO, l'UCICB et l'APNCB soulignent la nécessité pour le Canada de s'engager à fournir ce financement avant que les discussions communautaires n'aient lieu, afin que les communautés puissent explorer des solutions potentielles en étant sûres que de tels changements ne grèveront pas leurs ressources. Footnote 96 Comme l'affirme l'ABA, « aucune nation ne devrait être obligée de refuser une personne qui lui appartient en raison de contraintes fiscales ». Footnote 97

Tous les partenaires soulignent l'importance d'un financement complet pour permettre une participation significative, inclusive et généralisée aux événements de consultation dans le cadre du processus de collaboration. Au-delà de ces consultations, les partenaires du PCA insistent sur le fait que le Canada doit s'engager clairement à fournir un financement accru aux Premières Nations pour accompagner toute solution à l'exclusion après la deuxième génération.

L'inclusivité et l'accessibilité

Inclusivité

Tous les membres du PCA soulignent l'importance de l'inclusion dans l'élaboration et le développement des réformes législatives. Il y a un fort consensus sur le fait que les consultations doivent activement impliquer divers groupes, comprenant les femmes, les filles, les personnes 2ELGBTQI+, les jeunes, les membres hors réserve et les personnes touchées par l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10.

L'importance de mener des consultations larges et inclusives, allant au-delà de seulement inclure les gouvernements des Premières Nations, a été soulignée par FAQ, ABA, CPA, AFAO, AFAI, UCICB, APNCB et la Nation Anishinabek. Footnote 98 FAQ, l'ABA, l'AFAC, l'AFAO, l'ABA et le GTDFSLI soulignent l'importance d'impliquer les femmes et les familles touchées par la discrimination fondée sur le sexe dans le processus de consultation, en particulier celles qui sont inscrites en vertu de l'article 6(2) de la Loi sur les Indiens. Footnote 99

FAQ affirme que le Canada doit consulter ces groupes sur ce sujet qui les concerne directement. Footnote 100 De même, l'ABA ajoute que les consultations doivent inclure « les expériences vécues par les personnes les plus touchées par le régime de statut et d'appartenance en vertu de la Loi sur les Indiens »,notant que leurs perspectives « sont inestimables pour façonner les politiques et les initiatives visant à relever les défis systémiques auxquels sont confrontés ces détenteurs de droits ». Footnote 101

Le CPA et l'AFAO plaident pour un processus de consultation plus large qui s'étende au-delà du leadership des Premières Nations, et demandent la mise en œuvre immédiate de mécanismes garantissant que les chefs et les conseils mobilisent tous les membres de la communauté afin de prévenir la perpétuation des formes de discrimination. Footnote 102

L'UCICB et l'APNCB soulignent l'importance de reconnaître la complexité et la diversité des personnes touchées par la Loi sur les Indiens. Ils soulignent qu' « il y a des membres de la bande qui vivent hors réserve, des titulaires de statut qui ne sont pas membres de la bande, des membres de la bande qui ne sont pas titulaires de statut, des personnes qui attendent d'obtenir leur statut et des personnes à qui leur bande a refusé l'adhésion ou qui auraient le statut si ce n'était de la discrimination fondée sur le sexe. Il est essentiel que toutes ces personnes soient incluses dans le processus de consultation sur les modifications des dispositions de la Loi sur les Indiens relatives au statut. » Footnote 103

Le CPA souligne la nécessité d'une approche inclusive et intersectionnelle, en déclarant que « les peuples autochtones ont des identités, des expériences et des histoires diverses et variées » et que cette approche implique « des relations respectueuses, des environnements sûrs, la célébration mutuelle et l'honneur des cadeaux et des forces uniques de tous les peuples autochtones ». Footnote 104

L'ABA préconise la création d'un corps consultatif sur la citoyenneté autochtone et les droits de la personne composé d'experts autochtones – en particulier des femmes des Premières Nations et des personnes 2ELGBTQI+ – « comme point de départ de la consultation ». Footnote 105 Cet appel collectif à l'inclusivité reflète la nécessité de relever les défis systémiques en veillant à ce que toutes les voix soient entendues et prises en compte dans l'élaboration des amendements législatifs à la Loi sur les Indiens.

Un autre point commun est qu'un effort important doit être fait pour atteindre les membres hors-réserve dans les consultations pour le processus de collaboration. Footnote 106 L'AFAO prévient que « SAC ne doit pas supposer que les bandes des Premières Nations vont tendre la main à leurs membres urbains et les inclure ». Footnote 107 Au contraire, « des efforts ciblés doivent être faits pour atteindre les femmes des Premières Nations et leurs familles vivant hors des réserves, dont beaucoup n'ont que peu ou pas de contact avec leurs dirigeants des Premières Nations ». Footnote 108 FAQ, la Nation Anishinabek, l'AFAO et l'AFAC suggèrent d'utiliser les centres d'amitié, les organisations de femmes autochtones, les médias sociaux et les campagnes d'information pour impliquer ces personnes. Footnote 109 L'AFAC et le CPA préconisent que les organisations provinciales et territoriales qui leur sont affiliées soient incluses pour atteindre les personnes vivant à l'extérieur des réserves. Footnote 110

Étant donné que les participants aux consultations raconteront des histoires de traumatismes générationnels, l'AFAC, la Nation Anishinabek, l'UCICB, le APNCB, le CPA et l'AFAO préconisent des approches sensibles à la culture et tenant compte des traumatismes, y compris l'implication des gardiens du savoir et des aînés. Footnote 111 L'AFAC affirme que tout dialogue doit être fondé sur les modes de connaissance autochtones, ce qui peut signifier l'application des sept enseignements des grands-pères et la mise à disposition de documents en langue autochtone lors des consultations. Footnote 112 En outre, une facilitation culturellement compétente est considérée comme essentielle pour créer un environnement inclusif qui encourage la pleine participation des membres de la communauté. Footnote 113

FAQ, le GTDFSLI, l'UCICB, le APNCB et l'AFAO demandent au Canada de mettre en œuvre les « Principes pour le changement » Footnote 114 énoncés dans l'Enquête nationale sur les FFADA dans le cadre de ce processus de collaboration. Footnote 115 Il s'agit notamment de mettre l'accent sur l'égalité réelle et les droits autochtones et humains, d'adopter une approche décolonisatrice, d'inclure les familles et les survivants, de mettre en place des solutions et des services autodéterminés et dirigés par les Autochtones, de reconnaître les distinctions, d'assurer la sécurité culturelle et d'adopter des approches fondées sur les traumatismes. Footnote 116 L'ABA recommande « d'adopter une approche tenant compte des traumatismes similaire à celle employée dans l'enquête nationale. Cette approche comprend la création d'espaces culturellement sûrs où les victimes, leurs familles et les membres de la communauté peuvent ouvertement parler de leurs expériences. Étant donné qu'un grand nombre de femmes des Premières Nations, de personnes 2EGBTQIA et de leurs familles touchées par le régime de la Loi sur les Indiens se sentent déconnectées de leurs communautés, cette approche devrait accorder une valeur égale aux approches occidentales et autochtones et permettre l'accès aux deux. » Footnote 117

L'AFAC, la Nation Anishinabek, l'ABA, l'UCICB, la APNCB et l'AFAO estiment que la participation des aînés et des gardiens du savoir est vitale. Footnote 118 L'AFAC affirme que les aînés et les gardiens du savoir devraient être adéquatement rémunérés [pour leur temps, leurs déplacements, leur hébergement et leurs repas] afin de soutenir les titulaires de droits dans les discussions et les consultations difficiles, parce que leurs points de vue en tant que chefs de file de la communauté sont des contributions précieuses qui doivent être priorisées. Footnote 119

Accessibilité

Les partenaires du PCA exhortent SAC à adopter des mesures d'accessibilité dans le cadre du processus de consultation. Ces mesures, telles que déterminées par les partenaires, peuvent inclure l'utilisation de documents en langage clair, l'offre de consultations dans plusieurs formats, l'adaptation aux besoins des participants et l'acceptation d'une variété de retours d'information.

L'AFAC, l'AFAO, l'UCICB, l'APNCB, l'APN Manitoba, la FAQ, l'APN et la Nation Anishinabek soulignent la nécessité d'utiliser un langage simple dans les documents pour garantir l'accessibilité aux personnes ayant des niveaux d'alphabétisation différents, car les documents gouvernementaux ont tendance à être complexes. Footnote 120 L'AFAO souligne en particulier que la trousse d'information des titulaires de droits, Footnote 121 qui fait partie de la période d'échange d'information du processus de collaboration, bien qu'elle soit « en partie pour les Premières Nations et d'autres organisations autochtones, son langage technique peut être inaccessible à de nombreuses personnes ». Footnote 122 FAQ suggère également d'utiliser un éventail de méthodes de communication, y compris des formats visuels tels que des photos, des vidéos, des médias sociaux et d'information, et la télévision pour favoriser la compréhension. Footnote 123

Les documents de consultation utilisés dans le cadre du processus collaboratif doivent être disponibles dans un langage simple et accessible afin que les participants comprennent bien le sujet de la consultation.

Pour améliorer l'accessibilité, la Nation Anishinabek, le CPA et l'AFAC préconisent différents types d'événements de consultation, tels que des réunions en personne, des séances virtuelles et des soumissions en ligne, afin de répondre aux divers besoins et préférences des participants.Footnote 124 Pour améliorer encore l'accessibilité des consultations en personne, l'AFAC, la Nation Anishinabek, l'UCICB et la APNCB proposent des mesures d'adaptation pratiques, tels que la garde d'enfants, la prise en charge des personnes âgées et le transport, afin de garantir que tous les individus puissent participer pleinement.Footnote 125

Le processus de soumission des commentaires peut également être simplifié, comme l'ont suggéré les partenaires du PCA. L'AFAO souligne que « les consultations ne doivent pas s'appuyer sur des méthodologies de recherche occidentales ».Footnote 126 Au contraire, l'AFAO déclare : « Les consultations culturellement sûres doivent être menées par les peuples des Premières Nations et les organisations autochtones sur la base de nos modes de mobilisation avec la communauté. Chaque région et territoire possède ses propres enseignements, pratiques et protocoles culturels. Il est donc important de s'en remettre aux organisations autochtones, à leurs aînés et à leurs gardiens du savoir pour guider un processus de mobilisation culturellement sûr et tenant compte des traumatismes. »Footnote 127

La Nation Anishinabek suggère que les participants puissent formuler des recommandations générales par écrit, au lieu de répondre à des enquêtes exhaustives.Footnote 128 L'UCICB et la APNCB ajoutent que les commentaires verbaux devraient être acceptés.Footnote 129 L'UCICB, la APNCB, la Nation Anishinabek et la FAQ affirment qu'en simplifiant le processus de soumission, davantage de points de vue pourraient être entendus.Footnote 130

En conclusion, l'inclusivité et l'accessibilité sont des recommandations clés pour la phase de consultation du processus de collaboration. La participation des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ est essentielle, tout comme l'implication des aînés et des gardiens du savoir pour faciliter les discussions qui sont sensibles à la culture et qui tiennent compte des traumatismes. Les partenaires du PCA ont préconisé l'utilisation de documents rédigés en langage clair, l'organisation d'une variété d'événements de consultation et l'acceptation de diverses formes de soumission de commentaires afin de réduire les obstacles et d'encourager la participation d'un large éventail de voix.

Échéanciers

Le processus de collaboration doit établir des échéanciers clairs et équilibrés pour les consultations, en veillant à ce que les objectifs soient atteints d'une manière qui respecte les divers besoins des Premières Nations. De nombreux partenaires du PCA ont souligné l'importance d'accorder suffisamment de temps aux Premières Nations et aux organisations autochtones pour qu'elles puissent prendre connaissance des documents de consultation, organiser des événements et planifier efficacement.

Une communication transparente des délais est essentielle pour favoriser une participation significative. Des organisations telles que l'AFAC, FAQ, l'UCICB, l'APNCB, le CPA et l'AFAO soulignent la nécessité d'accepter et d'approuver les demandes de prolongation des échéances lorsque cela est nécessaire, en soulignant qu'un temps de préparation supplémentaire « permettrait une compréhension plus approfondie des questions, conduisant à des discussions plus éclairées ».Footnote 131

En même temps, plusieurs partenaires, dont FAQ, APN, AFAI, ABA, UCICB, APNCB et AFAO, font une mise en garde contre les retards excessifs. Ils soulignent qu'il est urgent de s'attaquer aux conséquences de l'exclusion après la deuxième génération et avertissent que des délais prolongés pourraient entraver davantage les droits des personnes les plus touchées.Footnote 132 L'UCICB et l'APNCB soutiennent que l'obligation de garantir des consultations vigoureuses en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies « ne doit pas être utilisée pour empêcher les Premières Nations et les titulaires de droits d'exercer leurs droits, perpétuant ainsi la discrimination ».Footnote 133

L'AFAO, le GTDFSLI, FAQ et l'AFAC ont également souligné l'importance de trouver un équilibre entre une mobilisation significative et une mise en œuvre rapide. Les échéanciers doivent être flexibles afin de laisser suffisamment de temps aux Premières Nations de prendre connaissance de façon significative des documents de consultation, tout en assurant que le processus n'entrave pas la progression vers des solutions. Le CPA s'est fait l'écho de ce sentiment en déclarant : « Nous ne sommes pas en faveur d'un calendrier précipité qui serait dicté par des ambitions politiques. La consultation ne devrait commencer que lorsque la communauté est prête à le faire ».Footnote 134 De plus, l'AFAO, l'UCICB, la APNCB, FAQ et l'AFAC sont en faveur d'une approche d'auto-évaluation pour déterminer l'état de préparation.Footnote 135 L'AFAO estime que les Premières Nations devraient évaluer leur propre état de préparation pour les événements de consultation, « plutôt que de laisser le Ministère dicter les échéances ».Footnote 136

Une recommandation clé de la plupart des rapports du PCA est d'établir des échéanciers clairs et souples qui permettent aux Premières Nations et aux organisations de mobiliser efficacement leurs communautés. Les partenaires ont souligné la nécessité de prévoir suffisamment de temps pour une mobilisation significative, de permettre à SAC d'accorder des prolongations des échéances au besoin et de veiller à ce que le processus ne retarde pas l'accès des personnes touchées aux droits, aux avantages et aux services qui pourraient leur revenir.

Conclusion

L'objectif de ce rapport « Ce que nous avons entendu »est de promouvoir la transparence pour les titulaires de droits, les personnes touchées et le grand public en présentant les recommandations qui ont façonné la conception et la mise en œuvre du plan de consultation pour le processus de collaboration.

Il offre une vue agrégée des conclusions et recommandations collectives des partenaires du PCA, reflétant le travail de collaboration entrepris au cours de la phase d'élaboration conjointe qui a duré un an. Les rapports fournissent au Ministère des conseils pratiques et réfléchis sur la planification et la conduite de consultations significatives qui tiennent compte des points de vue Autochtones.

Alors que le plan de consultation reflète une approche élaborée conjointement par le Ministère et le PCA, le présent rapport « Ce que nous avons entendu » fait ressortir les thèmes clés identifiés dans les contributions des partenaires. Bien que toutes les recommandations n'aient pas été intégrées dans le plan de consultation, le rapport garantit que tous les points de vue sont pris en compte et que les conclusions restent accessibles en raisons des recherches publiques et pour la responsabilisation du Canada.

Les conclusions collectives des partenaires du PCA mettent en évidence plusieurs thèmes clés qui sont essentiels à la réussite du processus de collaboration.

Dans Honorer les expériences autochtones et aller de l'avant,lespartenaires du PCA ont souligné l'importance de la réconciliation et de l'instauration d'un climat de confiance. Ils ont demandé à la Commission de reconnaître les effets historiques et persistants du colonialisme, ainsi que les répercussions profondes de la Loi sur les Indiens, qui continuent de façonner les relations entre le Canada et les peuples autochtones

Les partenaires ont souligné qu'une mobilisation significative exige que SAC agisse avec confiance, respect et transparence tout en adhérant aux normes de consultation et de collaboration décrites dans la Loi sur la Déclaration des Nations Unies. En outre, ils ont exhorté SAC à considérer ce processus de collaboration non pas comme un point final, mais comme une étape vers un effort plus large qui soutient l'autodétermination et l'établissement des relations à long terme avec les Premières Nations et les personnes touchées.

Les conséquences de la discrimination fondée sur le sexe en vertu de la Loi sur les Indiens sont apparues comme un thème important et les partenaires soulignent l'exclusion et la perte culturelle subies par les femmes et leurs descendants qui ont perdu leur statut. En outre, les partenaires identifient les défis uniques auxquels sont confrontées les personnes 2ELGBTQI+ dans le cadre de la procédure d'inscription, soulignant la nécessité de solutions équitables pour mettre fin à ces inégalités historiques et persistantes.

Les partenaires ont également rappelé au Canada son devoir de respecter les obligations nationales et internationales en matière de droit et de droits de la personne, en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la Loi sur la Déclaration des Nations Unies et les conclusions du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes.

Il y a eu un fort consensus sur le fait que SAC doit fournir des ressources équitables et un soutien financier pour s'assurer que les Premières Nations et les organisations autochtones possèdent les ressources nécessaires pour organiser des événements de consultation avec les titulaires de droits et les personnes touchées, permettant une large participation et l'inclusion de diverses perspectives.

Les consultations doivent être conçues de manière à promouvoir l'inclusivité et l'accessibilité, afin que tous puissent participer de manière significative et que les voix des personnes les plus touchées par les iniquités de la Loi sur les Indiens – à savoir les femmes, les personnes 2ELGBTQI+ et les familles ayant un historique d'émancipation – soient entendues. Pour que les consultations soient accessibles, il faut offrir des options en personne et virtuelles afin d'assurer la participation du plus grand nombre de personnes possible.

Enfin, un appel retentissant a été lancé pour que SAC établisse des échéanciers suffisants pour chaque étape du processus de collaboration. Il a été souligné que SAC devrait s'aligner sur les délais fixés par les Premières Nations, tout en surveillant que les retards administratifs n'entravent pas le progrès réalisé en ce qui concerne l'exclusion après la deuxième génération.

Services aux Autochtones Canada exprime sa gratitude aux membres du PCA pour leur dévouement dans l'élaboration conjointe du plan de consultation. Nous reconnaissons que l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10 sont des sujets sensibles, marqués par des maux historiques et des sources de traumatismes intergénérationnels. Nous remercions les organisations autochtones et leur personnel d'avoir généreusement partagé leurs connaissances, leur expertise et leur engagement en faveur de solutions qui respectent les perspectives et les expériences vécues des Autochtones.

Pour rester informé de l'avancement du processus de collaboration, veuillez consulter cette page Web : Le processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10.

Bibliographie

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Assemblée des Premières Nations Manitoba (APN Manitoba), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Winnipeg : 2024) [Rapport PCA APN Manitoba].

Association des femmes autochtones de l'Ontario (AFAO), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Thunder Bay : 2024) [Rapport ONWA CPA].

Association du barreau autochtone (ABA), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Ottawa : 2024) [Rapport ABA CPA].

Association du barreau autochtone, Rapport sur le projet de loi S-3 Loi modifiant la Loi sur les Indiens (l'élimination des iniquités connues fondées sur le sexe en matière d'inscription) (Ottawa : 2017) [Rapport ABA sur le projet de loi S-3].

Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Ottawa : 2024) [Rapport AFAC CPA].

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Canada, Une étape importante dans le respect des droits de la personne des peuples autochtones au Canada (Ottawa : Ministère de la Justice Canada, 2023), en ligne : Une étape importante dans le respect des droits de la personne des peuples autochtones au Canada.

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Femmes autochtones du Québec (FAQ), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Québec : 2024) [Rapport FAQ CPA].

Groupe de travail sur la discrimination fondée sur le sexe dans la Loi sur les Indiens (GTDFSLI), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Ottawa: 2024) [Rapport IASDWG CPA].

Isabelle Brideau, L'obligation de consulter les peuples autochtones (Ottawa : Parlement du Canada), en ligne.

Nation Anishinabek, Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Thunder Bay : 2024) [Rapport PCA Nation Anishinabek].

Nations Unies, Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007), en ligne.

Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC) / Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique (BCAFN), Processus consultatif autochtone, rapport de recommandation (Québec : 2024) [Rapport UBCIC/BCAFN CPA].

Annexe a : Biographies des membres du processus consultatif autochtone

Nation Anishinabek

La Nation Anishinabek, fondée en 1949, est une organisation politique représentant 39 Premières Nations de l'Ontario, avec une population combinée d'environ 65 000 personnes, ce qui représente un tiers de la population des Premières Nations de l'Ontario. Ces Premières Nations sont réparties à travers la province, de Golden Lake à l'est, à Sarnia au sud, en passant par Thunder Bay et le lac Nipigon au nord. Les activités de la Nation sont divisées en quatre régions stratégiques : Sud-Ouest, Sud-Est, Lac Huron et Nord Supérieur, chacune ayant un chef régional représentant sa région. La Nation Anishinabek a pour mandat de défendre les droits collectifs et individuels de ses Premières Nations membres, en s'attaquant aux problèmes régionaux et nationaux par la défense des intérêts politiques, la collaboration et la gouvernance. La Nation Anishinabek offre une variété de programmes et de services, notamment dans les domaines de la santé, du développement social, de l'éducation, du développement économique, des terres et des ressources, de la gouvernance, du soutien juridique et des initiatives stratégiques.

Femmes autochtones du Québec

Fondée en 1974, Femmes autochtones du Québec (FAQ) est une importante organisation de défense des droits des femmes autochtones du Québec. FAQ représente des membres des communautés des Premières Nations, des Inuit et des Métis, ainsi que des femmes autochtones vivant en milieu rural et urbain. Le mandat de l'organisation est d'améliorer les conditions de vie des femmes autochtones en promouvant la non-violence, la justice, la santé, l'égalité et la préservation de la culture. FAQ s'efforce de donner aux femmes les moyens d'assumer des rôles de leadership dans leurs communautés et milite pour l'égalité des droits aux niveaux législatif et constitutionnel. L'organisation mène des initiatives liées à la prévention de la violence, à la réforme juridique, à l'éducation, au développement économique et à la pleine participation des femmes autochtones aux processus d'autonomie. FAQ est devenu une pierre angulaire de la défense des droits, de la recherche et de la préservation de la culture, s'efforçant de garantir l'équité, la dignité et la résilience des femmes autochtones et de leurs communautés.

Groupe de travail sur la discrimination fondée sur le sexe dans la Loi sur les Indiens (au nom de l'Alliance féministe pour l'action internationale)

L'Alliance féministe pour l'action internationale (AFAI), créée en 1995, est une organisation féministe nationale à but non lucratif qui représente les femmes de tout le Canada, en mettant l'accent sur l'égalité des sexes et les groupes marginalisés. Son mandat est de tirer parti du droit international des droits de la personne pour faire en sorte que les gouvernements soient tenus responsables de leurs engagements en matière d'égalité des sexes. Le GTDFSLI mène des activités de recherche, d'analyse politique et de plaidoyer tout en veillant à ce que le Canada respecte les traités internationaux relatifs aux droits de la personne. L'organisation travaille sur les droits sociaux et économiques tels que le logement, la sécurité des revenus et la santé, tout en collaborant à des initiatives telles que l'Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et sur la discrimination systémique fondée sur le sexe.

Assemblée des Premières Nations

L'Assemblée des Premières Nations (APN), créée en 1982, est présente dans tout le Canada et défend les droits inhérents et issus de traités des communautés des Premières Nations. Guidée par les valeurs de respect des droits de la personne, de justice, de diversité et de souveraineté de chaque Première Nation détentrice de droits, l'APN s'engage dans l'élaboration de politiques, l'éducation du public et le codéveloppement législatif afin de renforcer les capacités et d'améliorer la vie des peuples des Premières Nations. L'APN met l'accent sur l'inclusion et l'accessibilité grâce à des conseils représentant les personnes 2ELGBTQ+, les jeunes, les femmes et les gardiens du savoir. Forte d'une histoire de défense des droits des Premières Nations qui remonte à la création de la Fraternité nationale des Indiens en 1970, l'APN continue de défendre l'équité, la réconciliation et l'autodétermination pour les Premières Nations de tout le pays.

Association des femmes autochtones du Canada

L'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) est une organisation autochtone nationale créée en 1974, qui représente les femmes, les filles et les personnes bispirituelles, transgenres et de sexe différent autochtones, les personnes vivant dans les réserves ou hors réserve, ainsi que les personnes avec ou sans le statut. Son mandat est de soutenir l'équité et de défendre le bien-être social, économique et politique des individus et des communautés autochtones. Souvent décrite comme une « loge de grand-mère », l'AFAC favorise l'unité en défendant les lois ancestrales, les croyances spirituelles et les traditions. Guidée par des principes de respect, d'inclusion et de préservation de la culture, l'AFAC mène des actions de plaidoyer aux niveaux national et international pour faire avancer les réformes législatives et politiques en faveur de l'égalité et de la justice. Ses initiatives portent sur des questions diverses telles que l'emploi, la prévention de la violence, la santé, la garde d'enfants, la justice et la protection de l'environnement. Par le biais de la défense des droits, de la recherche et de la mise en œuvre de programmes, l'AFAC amplifie les perspectives autochtones tout en préservant le patrimoine culturel.

Association du barreau autochtone

L'Association du barreau autochtone (ABA) est une organisation nationale, fondée en 1973, qui représente les professionnels du droit autochtones, notamment les avocats, les juges, les juristes et les étudiants en droit. Fondée pour faire progresser la justice juridique et sociale pour les peuples autochtones, l'ABA promeut la réforme des politiques, la sensibilisation du public et l'intégration des traditions juridiques autochtones dans la société canadienne. Elle s'engage à préserver les lois, les cultures et les coutumes autochtones, favorisant ainsi un avenir juste et prospère pour toutes les générations. L'ABA soutient également le bien-être mental de ses membres et encourage l'innovation dans la théorie et la pratique du droit autochtone.

Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique

L'Union des chef indiens de la Colombie-Britannique (UCICB), fondée en 1969, est une organisation de défense politique qui défend et protège les droits inhérents aux titres, les droits issus des traités et l'autodétermination des Premières Nations en Colombie-Britannique. Représentant une voix unifiée pour la souveraineté autochtone, l'UCICB collabore avec les Premières Nations pour lutter contre la discrimination systémique, plaider en faveur d'une réforme législative et promouvoir la reconnaissance des lois et des compétences autochtones. Guidée par les principes d'unité, de respect et de transmission des connaissances, l'UCICB s'efforce de renforcer les relations intertribales, de tenir le gouvernement fédéral responsable de ses obligations fiduciaires et de soutenir les peuples autochtones dans les forums régionaux, nationaux et internationaux. Son action s'inscrit dans le droit fil de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), qui affirme le droit des peuples autochtones à l'autodétermination et à la protection de leurs terres, de leurs eaux et de leurs ressources. L'UCICB s'est engagée depuis longtemps à éliminer les discriminations fondées sur le sexe et la race, en particulier dans la Loi sur les Indiens. Grâce à ces efforts, l'UCICB reste attachée à la justice, à l'équité, à la guérison et à la décolonisation des communautés des Premières Nations.

Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique

L'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique (APNCB) est un corps régional de l'Assemblée des Premières Nations qui représente 204 Premières Nations de la Colombie-Britannique. L'APNCB défend les droits inhérents au titre et à la compétence des Premières Nations et soutient l'autodétermination, la reconnaissance de la gouvernance traditionnelle et la protection des identités culturelles. Elle compte parmi ses membres des Premières Nations signataires de traités modernes et historiques, ainsi que d'autres qui n'ont pas participé à la négociation de traités. Guidée par des femmes, des personnes 2ELGBTQI+, des représentants de la jeunesse et des gardiens du savoir, l'APNCB aborde des questions essentielles telles que le changement climatique, le développement économique, le logement et la justice, tout en soutenant l'édification de la nation et l'action collective.

Assemblée des Premières Nations Manitoba

L'Assemblée des Premières Nations du Manitoba (APN Manitoba) est un organisme régional de l'Assemblée des Premières Nations qui représente les communautés des Premières Nations du Manitoba. Elle se concentre sur la défense des intérêts, la réforme des politiques et la promotion des droits et du bien-être des Premières Nations. L'APN Manitoba s'occupe des questions essentielles pour les communautés autochtones, telles que l'éducation, la santé, le logement et la protection de l'environnement. Récemment, l'APN Manitoba s'est attachée à renforcer les partenariats communautaires et à soutenir le leadership sur des questions telles que le bien-être familial et les services à l'enfance. L'APN Manitoba tire parti de son rôle régional pour défendre les droits des Autochtones et le développement communautaire durable au Manitoba et dans l'ensemble du Canada.

Congrès des peuples autochtones

Le Congrès des peuples autochtones (CPA), fondé en 1971, est une organisation autochtone nationale qui représente les Indiens inscrits et non inscrits vivant hors réserve. Le CPA défend les droits constitutionnels des peuples autochtones et les droits issus de traités de ses membres et jouit d'un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, ce qui lui permet de participer aux discussions internationales sur les questions autochtones. Par l'intermédiaire de 11 organisations provinciales et territoriales affiliées, le CPA s'efforce d'améliorer les conditions socio-économiques de ses membres, tant dans les régions urbaines que rurales. Ces organisations provinciales et territoriales fournissent des services dans les domaines du logement, de l'éducation, de l'emploi, de la santé mentale et de la préservation de la langue, tout en défendant les droits de leurs membres. Le CPA se consacre à la défense juridique, à l'action politique et à l'engagement international afin de protéger et de faire progresser les droits de ses diverses communautés.

Association des femmes autochtones de l'Ontario

L'Association des femmes autochtones de l'Ontario (AFAO), créée en 1971, est la plus ancienne et la plus importante organisation de femmes autochtones au Canada. Elle s'est engagée à renforcer et à soutenir les femmes autochtones et leurs familles dans tout l'Ontario. Le travail de l'AFAO est centré sur l'analyse sexospécifique autochtone, un cadre conçu pour garantir que les politiques et les programmes reflètent les réalités uniques de la vie des femmes autochtones. L'AFAO fournit des services de défense des droits, de recherche, des programmes fondés sur la culture et des services directs, en s'attaquant aux défis intersectoriels auxquels les femmes autochtones sont confrontées en raison de la colonisation, du sexisme et du racisme. L'AFAO fonctionne selon une approche holistique qui reconnaît le leadership et les droits des femmes autochtones, ainsi que l'importance de la préservation de leur culture. À travers 66 programmes en Ontario, l'AFAO offre des services axés sur le logement, l'éducation, l'emploi, la santé mentale, la préservation de la langue, etc. Le travail de l'AFAO met l'accent sur des solutions dirigées par la communauté, en donnant aux femmes autochtones le pouvoir étant les expertes sur les problèmes qui les affectent. Grâce à ses activités de plaidoyer et à ses services, l'AFAO se consacre à la restauration du leadership, de l'identité, de la sécurité et du bien-être culturel des femmes autochtones pour les générations actuelles et futures.

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